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Aide sociale directe : le gouvernement renforce l’ancrage territorial et l’impact du dispositif

Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a présidé mercredi à Rabat le Conseil d’administration de l’Agence nationale de soutien social (ANSS), instance clé dans la mise en œuvre du chantier des aides sociales directes lancé fin 2023 dans le cadre de la généralisation de la protection sociale. À cette occasion, le Conseil a adopté le plan d’action de l’Agence pour l’année 2026, tout en dressant le bilan de l’exercice 2025, marqué par la consolidation des mécanismes de gestion et d’évaluation du programme. 

18 Février 2026 À 17:32

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Dès l’ouverture des travaux, le Chef du gouvernement a rappelé que le système d’aide sociale directe constitue un pilier central du chantier stratégique de la protection sociale, mené conformément aux Hautes Directives de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Il a souligné que ce dispositif marque un changement de paradigme, passant d’approches ponctuelles à un modèle institutionnel fondé sur un ciblage précis, l’équité sociale et une allocation plus efficiente des ressources publiques.

Vers une territorialisation renforcée de l’action sociale

L’un des points majeurs de cette réunion a porté sur l’ouverture d’une représentation territoriale de l’ANSS dans la province d’El-Jadida. Cette décision s’inscrit dans une nouvelle vision visant à renforcer la proximité avec les bénéficiaires et à intégrer davantage la dimension territoriale dans la gestion de l’aide sociale.



Cette approche ambitionne de dépasser la logique de transfert financier pour faire de l’aide sociale directe un véritable levier d’autonomisation et d’intégration socio-économique. L’objectif est d’accompagner les familles à travers des programmes adaptés aux réalités locales et aux spécificités socio-spatiales, afin de favoriser leur insertion durable dans les dynamiques économiques. Parallèlement, l’Agence a adopté un mécanisme de suivi destiné à mesurer l’efficacité du programme en matière de réduction de la pauvreté et de la vulnérabilité. Ce dispositif d’évaluation vise à renforcer l’impact socio-économique des transferts monétaires dans une perspective de développement humain.

Conventions stratégiques et gouvernance

Le Conseil d’administration a également validé une série de conventions conclues entre l’ANSS et plusieurs départements ministériels, établissements publics et partenaires internationaux. Ces accords portent notamment sur l’encouragement de la scolarisation des enfants, le soutien à l’emploi des personnes en situation de vulnérabilité, la promotion des principes de bonne gouvernance et l’interconnexion électronique des données entre administrations. Ces partenariats traduisent la volonté d’inscrire l’aide sociale directe dans une logique transversale, articulée avec les politiques publiques sectorielles.

Un programme à large portée sociale

À ce jour, près de 3,9 millions de familles bénéficient du programme d’aide sociale directe, soit plus de 12,5 millions de citoyens. Parmi eux figurent 5,5 millions d’enfants, pris en charge depuis la naissance jusqu’à l’âge de 21 ans, ainsi que 1,7 million de personnes âgées de plus de 60 ans. Les aides versées varient entre 500 et 1.350 dirhams par mois, selon la composition et la situation des ménages concernés. Avec l’adoption du plan d’action 2026 et le renforcement de son ancrage territorial, l’Agence nationale de soutien social entend consolider son rôle dans la mise en œuvre du modèle marocain de protection sociale, en orientant progressivement le dispositif vers une logique d’impact mesurable et d’inclusion durable.
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