Aziz Akhannouch : le bilan gouvernemental dépasse «dix engagements» et reflète des réalisations appuyées par des chiffres
Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a affirmé mardi à la Chambre des représentants, que le bilan gouvernemental «ne peut être réduit à dix engagements», soulignant que le programme gouvernemental comprenait des engagements et des réalisations bien au-delà de ce nombre, appuyés par des chiffres et des données qui reflètent une réalité tangible. En réponse aux interventions des Groupes et du Groupement parlementaires lors d’une séance plénière consacrée à la discussion du bilan de l'action gouvernementale, M. Akhannouch a précisé que le bilan social reflétait une transformation concrète marquée par l’élargissement de la protection sociale et le renforcement du soutien dédié aux familles. Il a rappelé à cet égard qu'en 2021 le régime d'assurance des travailleurs non salariés ne bénéficiait qu'à environ 8.000 personnes, avant que ce chiffre ne progresse à 1,7 million de bénéficiaires en 2025.
Au début de l’actuelle législature, a-t-il ajouté, il n’existait aucune aide sociale directe en faveur des familles pauvres et précaires, avant que ce chantier ne soit mis en place, permettant ainsi de soutenir environ 4 millions de familles à l'horizon 2025, avec un budget dépassant 26 milliards de dirhams. Il a également fait savoir que plus de 96.000 familles ont bénéficié du programme d’aide directe au logement, pour un coût global de 7,8 milliards de dirhams, alors que le nombre de bénéficiaires continue d'augmenter.
S’agissant du secteur de la santé, le Chef du gouvernement a indiqué que huit nouveaux centres hospitaliers universitaires (CHU) avaient été lancés durant cette législature, dont trois sont déjà opérationnels et cinq en cours de construction, notant que le budget du secteur avait été porté à plus de 42 milliards de dirhams en 2026. De même, il a évoqué l’élargissement de l’offre de formation médicale, avec une augmentation du nombre de facultés de médecine, passé de 7 en 2021 à 11 actuellement, ainsi qu’une hausse du nombre de places pédagogiques de 2.700 à plus de 6.400 en 2025. En outre, les postes budgétaires dans le secteur ont été portés de 5.500 en 2021 à plus de 6.500 en 2024, soit une hausse d’environ 18%, a-t-il ajouté.
Concernant les infrastructures, M. Akhannouch a souligné que cette législature s’est distinguée par des réalisations structurantes, avec une augmentation de l’investissement public d’environ 110 milliards de dirhams en cinq ans, soit plus de 48%. Il a également mis en avant un bond qualitatif dans le domaine du dessalement de l’eau de mer, dont les capacités de production sont passées de 46 millions de mètres cubes en 2021 à 415 millions de mètres cubes, soit une progression d’environ 800%.
Dans le même élan, il a mis en lumière l’essor de l’industrie automobile au Maroc, avec une production ayant atteint un million de véhicules en 2025, permettant au Royaume de se hisser en tête de ce secteur en Afrique. Il s'est également arrêté sur l’expansion du réseau autoroutier, dont la longueur est passée de 1.450 km en 2021 à plus de 2.250 km actuellement, soit une hausse de près de 55%. Par ailleurs, il a fait état de la progression du trafic aérien, qui a atteint 36 millions de passagers en 2025, illustrant l’attractivité du Maroc en tant que destination touristique.
S'agissant des finances publiques, M. Akhannouch a noté que le déficit budgétaire a été réduit de 5,5% en 2021 à 3,5% en quatre ans, malgré les contraintes, relevant que le taux d’inflation a été revu à la baisse en passant de 1,8% en 2021 à moins de 1% en 2024, puis à 0,8% en 2025. Le Chef du gouvernement a, par ailleurs, souligné la hausse des recettes fiscales, passées de 223 milliards de dirhams en 2021 à plus de 342 milliards en 2025, ainsi que l’augmentation des transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE), de 93 milliards à plus de 122 milliards de dirhams sur la même période. Quant à la dette publique, elle a été ramenée de 72 à 67%, a-t-il poursuivi, notant que l'économie a enregistré une croissance moyenne de 4,5% entre 2021 et 2025, malgré les contraintes, notamment la succession des années de sécheresse.
Majorité parlementaire : l’action gouvernementale a permis de s’adapter aux différentes conjonctures et d’en atténuer les impacts socio-économiques
Les groupes de la majorité parlementaire à la Chambre des représentants ont affirmé, lundi, que l'action du gouvernement a permis de s'adapter aux différentes fluctuations conjoncturelles et d'en atténuer les impacts socio-économiques. Lors d'une séance plénière consacrée à la discussion du bilan de l'action gouvernementale, les groupes de la majorité ont considéré que ce bilan incarnait des choix stratégiques clairs, fondés sur le soutien à l'investissement public en tant que levier de croissance, la promotion de la sécurité énergétique et hydrique et l'élargissement des programmes sociaux, ce qui a permis de concilier les exigences du développement économique avec le renforcement de la protection sociale. Dans ce contexte, le Groupe du Rassemblement national des indépendants (RNI) a souligné que l'expérience gouvernementale tirait sa force de la clarté de ses référentiels et la cohésion de ses composantes, rappelant que l'Exécutif avait suivi, dès le départ, «une approche anticipative audacieuse fondée sur la maîtrise des indicateurs, plutôt que sur l'attentisme et sur l’orientation de la dynamique économique plutôt que de s’y soumettre». Ce constat a permis au Maroc de préserver ses équilibres économiques et d’enregistrer un taux de croissance moyen avoisinant 4,5% sur la période 2021-2025, contre seulement 2,1% durant la période précédente. Le gouvernement a réussi à maîtriser les équilibres macroéconomiques en ramenant le déficit budgétaire de 5,5 à 3,5%, a précisé le groupe du RNI, estimant qu'il ne s'agissait pas d'une embellie éphémère, mais d'une construction minutieuse et méthodique, comme en témoigne l'augmentation du flux des investissements directs étrangers à 56 milliards de DH (MMDH) en 2025, ce qui reflète clairement la confiance des investisseurs étrangers dans la stabilité du Royaume et ses perspectives. De son côté, le Groupe du Parti authenticité et modernité (PAM) a noté l'interaction rapide du gouvernement face aux évolutions économiques mondiales, qui s'était traduite par une batterie de mesures proactives visant à atténuer l'impact de la hausse des prix des produits énergétiques et à préserver le pouvoir d'achat des citoyens, notamment la subvention du gaz butane et la stabilisation des prix de l'électricité. Malgré une conjoncture délicate, le gouvernement a su limiter les effets de ces contraintes sur les citoyens, soulignant qu'«en dépit de la persistance de la cherté des prix ressentie par les citoyens, les efforts déployés ont empêché qu’elle n’atteigne des niveaux élevés comme dans plusieurs pays», a estimé le Groupe, ajoutant qu'il s'agissait d'une illustration de la capacité du gouvernement à faire face aux grands défis et à en atténuer les répercussions. Il a également noté que les efforts gouvernementaux avaient permis d’obtenir des indicateurs positifs au niveau de l’économie nationale, notamment à travers l’amélioration de la croissance, la réduction du déficit budgétaire et de l’endettement, relevant que ces résultats témoignaient de l’efficacité des politiques adoptées dans un contexte international difficile.
Le Groupe istiqlalien de l’unité et de l’égalitarisme a quant à lui considéré que la gestion des affaires publiques durant ce mandat gouvernemental constituait une véritable opportunité pour consolider les fondements de l’État social, conformément à la Haute Vision Royale, affirmant que l’Exécutif avait poursuivi la gestion des crises et des grands défis en les transformant en véritables opportunités. Insistant sur le fait que «la réalisation de la justice sociale et territoriale requiert des élites conscientes de l’ampleur de la responsabilité sociétale qui leur incombe, capables d’être à l'écoute des préoccupations des jeunes, en tant que partenaires dans l’élaboration des politiques du présent et de l’avenir», le groupe a exprimé l’espoir que les prochaines élections législatives marquent un tournant qualitatif dans l'édification d’un Maroc émergent, porté par un développement profitant à toutes ses composantes.
Quant au Groupe constitutionnel démocratique et social (soutien critique), il a indiqué qu’il restait engagé, au cours de l’actuelle législature, à accompagner le processus de réformes institutionnelles, sectorielles et territoriales engagées par le Royaume sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, soulignant que cette dynamique avait permis de poursuivre l’approfondissement et l’accélération des réformes dans le cadre d’un nouveau modèle de développement à l’horizon 2035. En revanche, le groupe a relevé que cet agenda de réformes s’accompagnait de défis et de contraintes multiples, notamment d’ordre économique et social, principalement liés à la hausse des prix, à l’inflation, ainsi qu’aux perturbations des chaînes d’approvisionnement et des échanges commerciaux et financiers à l’échelle internationale.
Groupes de l'opposition : le bilan gouvernemental ne reflète pas, à maints égards, le vécu des citoyens
Les Groupes de l'opposition à la Chambre des représentants ont estimé, mardi, que les chiffres et indicateurs présentés par le Chef du gouvernement devant les deux Chambres du Parlement ne reflétaient pas, à maints égards, les conditions de vie des citoyens, relevant un hiatus entre les données annoncées et l'impact des politiques publiques sur le terrain. Lors d'une séance plénière consacrée à la discussion du bilan de l'action gouvernementale, les groupes de l'opposition ont souligné qu'outre les chiffres, l'évaluation de ce bilan devrait prendre en considération la capacité du gouvernement à honorer les engagements pris, les répercussions des politiques publiques sur le pouvoir d'achat, l'emploi et les services sociaux, ainsi que le degré d'interaction de l'Exécutif avec l'institution législative et les mécanismes de contrôle parlementaire. À cet égard, le Groupe socialiste-opposition ittihadie a noté que le bilan présenté s'était focalisé sur la «mise en valeur des réalisations» sans évoquer ce qui n'a pas été réalisé, s'interrogeant sur le timing de cette présentation, à quelques mois de la fin du mandat gouvernemental. Chiffres à l'appui, le groupe a indiqué que l'impact des politiques publiques se reflétait concrètement dans la hausse des prix de certaines denrées de base et des hydrocarbures, déplorant le manque d'interaction du gouvernement avec l'institution législative, avec les questions écrites qui n'ont pas reçu de réponse et le peu d'interaction avec les propositions de loi.
Pour sa part, le Groupe haraki a considéré que l'évaluation du bilan gouvernemental revenait à questionner ce qui a changé dans la vie des citoyens et dans quelle mesure les engagements déclarés avaient-ils été concrétisés, affirmant que loin de mettre en doute les chiffres avancés, il s'agissait d'interroger leur impact réel sur le vécu des Marocains. Le groupe a fait remarquer, par ailleurs, que nombre d'engagements gouvernementaux, tels que la création d'emplois, l'amélioration des indicateurs de l'éducation et la promotion du travail des femmes, n'avaient pas été honorés, critiquant, à son tour, la «faible interaction» de l'Exécutif avec plusieurs initiatives en matière de législation et de contrôle, en particulier des propositions de création de commissions d'enquête parlementaires.
Quant au Groupe du progrès et du socialisme, il a observé que la présentation du bilan du gouvernement contenait des «généralités» sans suivre une méthodologie claire pour évaluer la mise en œuvre du programme gouvernemental. Tout en faisant état d'efforts dans des secteurs tels que la santé, l'éducation et le soutien au pouvoir d'achat, le Groupe a remis en question l'impact effectif de ces interventions, pointant du doigt la hausse des prix de certaines denrées, certains dysfonctionnements en matière de protection sociale, le retard dans le déploiement de certaines mesures relatives à l'investissement ainsi que d'autres remarques sur le déficit de la balance commerciale, le classement du Maroc dans les indicateurs de perception de la corruption et le retard dans la promulgation des décrets d'application.
Dans le même sillage, le Groupement de la justice et du développement a estimé que la présentation en ce timing du bilan d'étape de l'Exécutif constituait un «gaspillage du temps gouvernemental et du développement», soulignant que les indicateurs économiques contenus dans ce bilan, notamment pour ce qui est de la croissance économique et de l'emploi, «ne reflètent pas la réalité».