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Le Maroc co-organise avec l’ONU une conférence mondiale sur la lutte contre les discours de haine en marge de la 81e Assemblée générale

Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, a co-présidé, jeudi au siège des Nations Unies à New York, en marge de la 81ème session de l’Assemblée générale de l’ONU, aux côté du Secrétaire Général des Nations Unies et du Président de l’Assemblée générale de l’ONU, la Conférence mondiale sur la lutte contre les discours de haine par la promotion du dialogue interreligieux et interculturel et de la tolérance.

17 Septembre 2026 À 16:33

Co-organisée par le Maroc, le Bureau des Nations Unies pour la Prévention du génocide et la Responsabilité de protéger et l’Alliance des Civilisations des Nations Unies, cette Conférence vise à renforcer le rôle du dialogue et de la tolérance dans la prévention des discours de haine et la promotion de la cohésion sociale.

Elle traduit la volonté de poursuivre la mobilisation internationale face aux discours de haine, notamment à travers la coopération entre les Etats, les institutions religieuses, la société civile et les acteurs du numérique.



Intervenant en ouverture, M. Bourita a souligné que l’initiative marocaine d’organiser cette conférence traduit l’esprit du Message adressé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI aux participants au 9ème Forum mondial de l’Alliance des civilisations, tenu à Fès le 22 novembre 2022, citant le passage dans lequel le Souverain a appelé à faire de la politique, de la religion et du dialogue autant de moyens de servir la paix.

M. Bourita a souligné que la récurrence du débat sur les discours de haine dans les enceintes internationales ne saurait être un exercice conjoncturel, relevant que les manifestations de cette haine rappellent de manière continue l’urgence d’une action collective pour préserver la dignité humaine et protéger les sociétés du rejet et de la division.

Le ministre a indiqué que l’ignorance de l’autre, la transmission des préjugés et les fragilités sociales et économiques peuvent nourrir des peurs faisant percevoir la diversité religieuse et culturelle comme une menace. Ces peurs peuvent être exploitées politiquement par des courants extrémistes pour attiser les discordes et imputer à une communauté entière la responsabilité d’actes individuels.

M. Bourita a, à cet égard, tiré la sonnette d’alarme face à la banalisation de la haine par des dirigeants politiques ayant exercé des responsabilités gouvernementales. Il a souligné la nécessité d’alerter sur de telles prises de position, qui contribuent à rendre les discours de haine acceptables dans le débat public.

Le ministre a souligné la responsabilité des dirigeants et des institutions politiques, religieuses et intellectuelles dans la lutte contre l’instrumentalisation de la religion et de l’identité pour justifier l’exclusion, notamment lorsque l’intolérance est présentée sous couvert de patriotisme.

S’agissant de l’initiative marocaine d’organiser cette conférence, le ministre a souligné qu’elle procède naturellement de l’engagement du Royaume en faveur du dialogue, de la tolérance et de la coexistence, et s’inscrit dans le prolongement d’un engagement ancré dans l’histoire du Royaume, ses Institutions et ses choix. Il a rappelé que la Constitution consacre une identité nationale unifiée et plurielle, ouverte aux valeurs universelles, où se rencontrent les composantes arabo-islamique, amazighe et saharo-hassanie, et nourrie de ses affluents africain, andalou, hébraïque et méditerranéen.

M. Bourita a mis en relief le rôle central de l’Institution d’Imarat Al Mouminine, pierre angulaire de cet édifice, rappelant que Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, est Le Garant du libre exercice des cultes, conformément à la Constitution. Il a souligné que, sous l’égide de cette Institution ancrée dans l’histoire, le Maroc a accueilli, à différentes époques, des communautés religieuses et ethniques contraintes de quitter leurs pays pour fuir les persécutions et l’Inquisition.

Le Ministre a relevé que l’enracinement de la coexistence entre les différentes composantes religieuses du Maroc, où musulmans, juifs et chrétiens ont partagé un même espace au fil des siècles, s’est traduit par un choix institutionnel que concrétisent les politiques de l’État, sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI.

Sur le plan multilatéral, le ministre a rappelé que, sous l’égide de cette même Institution et en cohérence avec cette référence nationale, le Royaume joue un rôle moteur dans la lutte contre les discours de haine dans les enceintes internationales. Il a cité les trois résolutions adoptées à l’initiative du Maroc par l’Assemblée générale des Nations Unies, dont celle relative à la promotion du dialogue interreligieux et interculturel et de la tolérance dans la lutte contre les discours de haine.

Par ailleurs, le ministre a identifié cinq priorités pour orienter l’action collective : l’éducation au respect de la différence, l’ancrage du dialogue interreligieux et interculturel dans la vie sociale, la responsabilisation du discours public, la promotion de l’équité et de l’égalité des chances, ainsi que la prévention des discours de haine dans l’espace numérique.

M. Bourita a enfin réaffirmé la détermination du Royaume à poursuivre sa contribution à cet effort, soulignant que la protection de la dignité humaine constitue un fondement de la sécurité et que la coexistence exige un engagement continu et une responsabilité partagée.
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