LE MATIN
01 Mai 2026
À 10:28
Le
gouvernement entend poursuivre la dynamique engagée en matière de
dialogue social. Intervenant jeudi à l’occasion de la
Fête du Travail,
Younes Sekkouri a insisté sur l’institutionnalisation de ce mécanisme, désormais érigé en choix stratégique pour consolider la démocratie participative et structurer les relations professionnelles.
Le ministre a rappelé que cette démarche s’est traduite par la signature de deux accords sociaux majeurs en 2022 et 2024, ainsi que par l’adoption d’une
charte nationale du dialogue social. Ces engagements ont notamment permis des
revalorisations salariales dans les secteurs public et privé, ainsi qu’une modernisation progressive du
cadre législatif du travail.
Parmi les mesures récentes, le ministre a cité la révision du
Code du travail, visant notamment à améliorer les conditions des agents de sécurité privée, avec une réduction de la durée de travail quotidienne de 12 à 8 heures. Une mesure qui devrait concerner entre 130.000 et 160.000 salariés. Il a également évoqué la réforme de la
formation continue, destinée à clarifier la gouvernance et à améliorer l’efficacité du dispositif.
Au-delà des textes, le gouvernement met en avant un renforcement du cadre du travail décent. La promulgation de la loi encadrant le droit de grève, après plusieurs décennies d’attente, ainsi que l’adoption de textes relatifs à la santé et à la sécurité au travail, s’inscrivent dans cette logique d’alignement sur les standards internationaux.
Sur le terrain, les chiffres avancés traduisent une intensification des actions de contrôle. Entre 2021 et 2025, près de 178.000 visites d’inspection ont été réalisées, donnant lieu à plus de 1,7 million d’observations et à plusieurs milliers de sanctions et procès-verbaux. Parallèlement, plus de 268.000 conflits individuels ont été traités, avec un taux de résolution dépassant la moitié des cas.
Le ministre a également mis en avant les résultats obtenus en matière de prévention des
tensions sociales, avec plus de 4.600 grèves évitées grâce aux interventions des services d’inspection, ainsi que la signature de centaines d’accords dans le cadre de règlements de conflits collectifs.
Sur le plan budgétaire, l’effort consenti est présenté comme inédit. Le coût cumulé du dialogue social devrait atteindre près de 50 milliards de dirhams d’ici 2027, bénéficiant à plus de 4,25 millions de salariés. Les revalorisations salariales ont concerné plusieurs secteurs clés, notamment la
fonction publique, l’
éducation, la
santé et l’
enseignement supérieur.Dans le secteur privé, le
salaire minimum a également été relevé de manière progressive, tandis que des mesures ont été prises pour améliorer les pensions de retraite, les allocations familiales et la fiscalité des revenus.
Au-delà du dialogue social, le gouvernement met en avant une vision plus large de l’emploi, fondée sur la création d’emplois durables, la qualification des compétences et l’inclusion des jeunes et des femmes. Des programmes comme "
Awrach” ou les dispositifs portés par l’ANAPEC ont permis l’insertion de centaines de milliers de demandeurs d’emploi ces dernières années.
Dans un contexte économique marqué par des défis persistants, l’Exécutif insiste sur la nécessité de poursuivre les réformes, en misant sur la concertation avec les partenaires sociaux et sur le renforcement des mécanismes de régulation du marché du travail. Pour le ministre, le bilan du dialogue social repose avant tout sur l’engagement des trois parties — gouvernement, syndicats et patronat — dans une logique de responsabilité partagée. Un modèle que les autorités entendent consolider dans les années à venir.