LE MATIN
11 Juin 2026
À 09:58
Réuni ce mercredi à Rabat, le bureau de
l’Association des barreaux du Maroc a décidé d’observer
un arrêt complet des prestations professionnelles du
lundi 15 juin au dimanche 21 juin 2026. Cette mesure est présentée comme une étape d’avertissement, dans l’attente de définir et de mettre en œuvre d’autres formes de mobilisation.
Cette décision intervient après la poursuite de la réunion ouverte du bureau de l’Association et la présentation d’un rapport sur une rencontre tenue par une commission déléguée avec des représentants de la Commission de la justice et de la législation à la Chambre des conseillers, issus de la majorité et de l’opposition. Les échanges ont porté sur les derniers développements du
projet de loi relatif à la profession d’avocat.
Le point de rupture semble être venu des déclarations faites le même jour pa
r Abdellatif Ouahbi sur l’aide judiciaire, auxquelles l’instance représentative des avocats a rapidement réagi. Devant le Parlement, le ministre de la Justice avait mis en cause
les disparités dans les indemnités versées aux avocats, évoquant une majorité faiblement rémunérée et une minorité ayant perçu des montants beaucoup plus élevés. Pour l’Association des barreaux du Maroc, ces propos sont
«non responsables» et participent à une mise en cause publique de la profession et de ses institutions. Le bureau considère que ces déclarations s’inscrivent dans une série de sorties répétées du ministre et qu’elles dépassent les règles du respect institutionnel.
L’Association rejette aussi ce qu’elle présente comme
une tentative de dévalorisation des institutions professionnelles devant l’opinion publique. Elle affirme que les accusations formulées dans l’enceinte parlementaire par le membre du gouvernement sont «inacceptables» et «provocatrices», d’autant qu’elles interviennent, selon elle, au moment où les instances de la profession mènent une campagne de plaidoyer autour des principes et des valeurs de la profession d’avocat.
Face à cette situation, le bureau a décidé d’adresser
une correspondance au chef du gouvernement au sujet du discours qualifié d’accusatoire et d’incitatif du ministre de la Justice à l’égard de la profession et de ses institutions au sein de l’institution législative.
Le bureau de l’Association des barreaux du Maroc a enfin décidé de maintenir sa réunion ouverte, laissant entendre que d’autres mesures pourraient être prises en fonction de l’évolution du dossier.