Les
plaques d’immatriculation marocaines vont changer de visage. Un arrêté du ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, publié au
Bulletin officiel n°7531 du 3 août 2026, modifie et complète le dispositif réglementaire encadrant l’immatriculation des véhicules à moteur et des remorques.
Au-delà d’une mise à jour des
procédures administratives, le texte introduit des changements directement visibles pour les automobilistes et les motocyclistes. Le nouveau modèle de plaque de la série normale fait notamment apparaître l’équivalent latin de la lettre arabe identifiant la série ainsi que le signe distinctif «
MA » du Maroc. Le dispositif encadre également l’immatriculation et les plaques des cyclomoteurs, tricycles légers à moteur et quadricycles légers à moteur.
« MA » et une lettre latine sur les nouvelles plaques
C’est sans doute la nouveauté la plus immédiatement perceptible. Le nouveau modèle annexé à l’arrêté conserve les composantes traditionnelles de l’immatriculation marocaine, mais modifie leur présentation. La plaque comporte ainsi le numéro d’ordre du véhicule, la lettre arabe correspondant à la série et le numéro de la préfecture ou de la province d’immatriculation. Désormais, la lettre arabe est accompagnée de son équivalent en caractère latin. À cet ensemble vient s’ajouter une quatrième composante : « MA », le signe distinctif international du Maroc.
Le Bulletin officiel fixe précisément les correspondances entre les caractères. La lettre arabe « أ » est ainsi associée au « A », « ب » au « B », « د » au « D », « هـ » au « H », « و » au « E », « ط » au « T », « ي » au « Y », « ك » au « K », « ل » au « L », « م » au « M », « ن » au « N », « ص » au « C », « ف » au « F », « ر » au « R » et « س » au « S ».
La réglementation va jusqu’à déterminer les dimensions et l'emplacement de chacun de ces éléments. Pour les véhicules de la série normale, la plaque sur une seule ligne mesure 520 mm sur 110 mm, tandis que le format arrière sur deux lignes est fixé à 300 mm sur 210 mm. Le symbole « MA » répond lui aussi à des dimensions précises.
Pas de changement immédiat pour toutes les voitures en circulation
La publication du nouveau modèle ne signifie toutefois pas que l’ensemble du
parc automobile devra changer de plaques au 1er janvier prochain. L’arrêté prévoit un
régime transitoire pour les véhicules déjà immatriculés dans la série normale. Les plaques actuelles pourront continuer à être utilisées jusqu’à la première opération de transfert de propriété du véhicule. Autrement dit, le basculement vers le nouveau modèle se fera progressivement pour le parc existant.
Une échéance spécifique est par ailleurs prévue pour les véhicules marocains affectés à la
circulation internationale : les plaques actuellement utilisées dans ce cadre pourront être maintenues jusqu’au 31 décembre 2026.
Cyclomoteurs : un système d’immatriculation précisément défini
L’autre volet important de la réforme concerne les cyclomoteurs, tricycles légers à moteur et quadricycles légers à moteur. Le nouveau dispositif définit leur système de numérotation ainsi que les caractéristiques de leurs plaques.
Le numéro attribué à ces véhicules sera composé de trois parties. La première correspond au numéro de la préfecture ou de la province où le véhicule est enregistré. La deuxième est constituée d'une série numérique allant de 1 à 99. La troisième correspond au numéro d'ordre, qui peut aller de 1 à 99.999. Une nouvelle série est ouverte lorsque le dernier numéro d'ordre est atteint.
Le texte normalise également leur plaque : elle est prévue sur deux lignes, avec un fond blanc en matériau rétroréfléchissant et des chiffres noirs. Ses dimensions sont fixées à 180 mm sur 200 mm.
Ces dispositions relatives aux cyclomoteurs, tricycles légers et quadricycles légers à moteur entreront en vigueur le 1er janvier 2027.
Là encore, une transition est prévue. Les titres de propriété et les plaques déjà délivrés pour les cyclomoteurs, tricycles légers à moteur et quadricycles légers à moteur continueront d’être valables. Ils devront être remplacés à l’occasion de certains événements administratifs, notamment la première cession du véhicule, la première demande de duplicata du titre de propriété ou le remplacement de celui-ci. Le passage au nouveau système sera donc lui aussi progressif pour les véhicules déjà enregistrés.
Le texte instaure par ailleurs une période transitoire concernant les véhicules neufs de ces catégories achetés au Maroc. Jusqu’au 31 décembre 2027, leurs propriétaires seront dispensés, lors de l’immatriculation, de fournir la copie de la carte W18 comportant la mention relative à la vente de véhicules neufs au nom du concessionnaire vendeur.
De nouvelles règles pour justifier son lieu de résidence
La réforme touche aussi au dossier administratif nécessaire à l’immatriculation. Elle redéfinit notamment les pièces permettant de justifier le lieu de résidence, élément qui détermine le service territorial de l’
Agence nationale de la sécurité routière (NARSA) compétent pour traiter le dossier.
Pour une personne physique, la
Carte nationale d’identité électronique (CNIE) en cours de validité constitue notamment une pièce de référence, l’adresse devant correspondre au ressort territorial concerné. Lorsque le véhicule appartient à plusieurs personnes, chacune doit fournir une copie de sa CNIE et l’adresse d’au moins l’un des copropriétaires doit relever du ressort territorial du service compétent.
Le texte détaille également les justificatifs applicables aux personnes morales, associations et coopératives, militaires, ressortissants étrangers résidant au Maroc ou encore membres des représentations diplomatiques.
Pour les
Marocains résidant à l’étranger, le dossier comprend notamment une copie de la CNIE en cours de validité portant une adresse à l’étranger, une attestation administrative établissant l’adresse de résidence temporaire au Maroc ainsi qu’une copie du titre de séjour à l’étranger en cours de validité.
Véhicules importés : les justificatifs de propriété précisés
L’arrêté intervient également sur les véhicules neufs et d’occasion achetés à l’étranger. Pour un véhicule d’occasion importé, le dossier doit notamment comprendre l’original du certificat d’immatriculation étranger et, selon les cas prévus par le texte, le document établissant la propriété. Le contrat de vente doit être signé par le vendeur dont le nom figure sur le certificat d’immatriculation étranger.
Le nouveau cadre précise également que le certificat de dédouanement doit être établi au nom du nouveau propriétaire, celui au nom duquel sera délivré le certificat d’immatriculation marocain.
D’autres situations sont couvertes par la réforme, notamment les transferts de propriété, l’immatriculation au nom d’un mineur, les véhicules de collection, les véhicules vendus aux enchères, les opérations réalisées par procuration spéciale ainsi que les demandes de renouvellement ou de duplicata des titres.
Le nouveau dispositif accompagne enfin la
dématérialisation progressive des procédures. L’arrêté permet que certaines démarches concernant le certificat d’immatriculation ou le titre de propriété, leur renouvellement ou la délivrance d’un duplicata soient préparées sous forme électronique, dans le respect de la législation régissant l’échange électronique des données juridiques.
Pour rappel, le basculement ne se fera toutefois pas en une seule fois. Le 1er janvier 2027 constitue une échéance importante du nouveau dispositif, mais plusieurs mesures transitoires permettront aux véhicules déjà en circulation de conserver leurs plaques actuelles jusqu’à certaines opérations administratives.