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Les barrages marocains résistent à la canicule grâce à des réserves historiquement élevées

Avec près de 12 milliards de m³ d'eau stockés, les retenues affichent un taux de remplissage de 69,8 % au 3 août. Un niveau qui reste largement supérieur à celui enregistré à la même période de l'année dernière, malgré une légère baisse sous l'effet des fortes chaleurs.

05 Août 2026 À 12:32

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Le Maroc aborde l'un des épisodes les plus chauds de l'été avec un niveau de réserves hydriques particulièrement confortable. Au 3 août 2026, les barrages du Royaume totalisent 11.897,7 millions de mètres cubes d'eau, soit un taux de remplissage global de 69,8 %, contre 35,3 % à la même date en 2025. Les réserves ont ainsi plus que doublé en un an, enregistrant une progression de 101 %.

Cette situation intervient toutefois dans un contexte marqué par une vague de chaleur qui touche actuellement plusieurs régions du Royaume. Les températures élevées et la hausse des besoins en eau, tant pour l'alimentation en eau potable que pour l'irrigation, commencent à se refléter sur les niveaux de stockage. Une semaine auparavant, au 27 juillet, le taux de remplissage national atteignait encore 70,6 %, avec près de 12 milliards de m³ de réserves disponibles. En l'espace de quelques jours, les barrages ont ainsi enregistré un léger recul de 0,8 point, conséquence d'une consommation accrue et d'une évaporation plus importante.

Des disparités entre les bassins hydrauliques

Les niveaux de remplissage restent toutefois très contrastés selon les bassins hydrauliques. Le bassin du Tensift affiche le meilleur taux de remplissage du pays avec 85,2 %, suivi du Loukkos (83,2 %), du Sebou (82,9 %) et du Bouregreg (82,2 %). Ces bassins disposent actuellement de réserves importantes, notamment grâce aux apports enregistrés lors de la dernière saison des pluies.

Le bassin du Loukkos stocke ainsi près de 1,63 milliard de m³, avec plusieurs barrages dépassant les 90 % de remplissage, à l'image de Dar Khrofa (94 %), Charif El Idrissi (92 %), Tanger Med (92 %) et Kharroub (91 %).

Dans le bassin du Sebou, qui concentre les plus importantes réserves du Royaume avec 4,46 milliards de m³, le barrage Al Wahda demeure le principal réservoir national avec près de 3 milliards de m³ et un taux de remplissage de 86 %. D'autres ouvrages, comme Garde Sebou (95 %), Sahla (94 %) ou Bab Louta (93 %), affichent également des niveaux élevés.

Le bassin de l'Oum Er-Rbia atteint 61,6 % de remplissage, représentant plus de 3 milliards de m³ de réserves. Si plusieurs barrages sont quasiment pleins, notamment Sidi Driss (100 %), Hassan Ier (92 %) et Bin El Ouidane (86 %), Al Massira, deuxième plus grand barrage du Royaume, demeure à 40 %, avec un volume de 1,09 milliard de m³.

La situation demeure plus préoccupante dans les bassins méridionaux, structurellement plus exposés au stress hydrique.

Le bassin de Drâa-Oued Noun affiche un taux moyen de 33,2 %, malgré des niveaux relativement stables dans les barrages Agdez (40 %) et Manssour Eddahbi (39 %).

Le bassin de Guir-Ziz-Ghéris atteint 42,4 %, tandis que Souss-Massa se situe à 50,2 %, avec des écarts importants entre les ouvrages. Le barrage Moulay Abdellah est rempli à 89 %, alors que Mohamed Mokhtar Soussi ne dépasse pas 10 %.

Le bassin de la Moulouya enregistre un taux de 57,3 %, tandis que plusieurs barrages présentent encore des niveaux modestes, notamment Mohammed V (20 %) et Injil (10 %).

Une situation nettement plus favorable qu'en 2025

Au-delà de la légère baisse observée depuis la fin juillet, les indicateurs restent largement supérieurs à ceux de l'année dernière. Le taux de remplissage est passé de 35,3 % le 3 août 2025 à 69,8 % le 3 août 2026, tandis que les réserves sont passées de 5.931,7 millions de m³ à 11.897,7 millions de m³. Cette amélioration constitue un atout majeur pour sécuriser l'alimentation en eau potable, soutenir les campagnes d'irrigation et limiter les tensions sur la ressource durant les mois estivaux.

Les autorités restent néanmoins appelées à maintenir une gestion prudente des réserves. Les épisodes de fortes chaleurs, conjugués à l'augmentation de la demande en eau et aux effets du changement climatique, rappellent que l'amélioration actuelle ne met pas définitivement le Royaume à l'abri des tensions hydriques et que la rationalisation de l'usage de l'eau demeure un enjeu stratégique.
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