S.Ba.
22 Mars 2026
À 19:55
Les indicateurs des
barrages continuent d'afficher une amélioration notable. Au 21 mars 2026, le taux de remplissage global atteint 72,1%, contre seulement 36,6% à la même période l’an dernier, traduisant un rebond spectaculaire des
réserves en eau.
Dans le détail, le volume global stocké s’élève désormais à 12,38 milliards de mètres cubes, contre 6,16 milliards une année auparavant, soit une hausse d’environ 101%. Une progression qui s’explique principalement par des précipitations plus abondantes et mieux réparties sur l’ensemble du territoire.
Cette amélioration se reflète dans la plupart des
bassins hydrauliques du Royaume.
Le
bassin du Loukkos affiche l’un des meilleurs niveaux avec un taux de remplissage de 91,9%, frôlant la saturation dans plusieurs barrages. Même tendance pour le
Bouregreg (92,5%) et le
Tensift (91,2%), qui bénéficient d’un niveau de stockage élevé.
Le
bassin du Sebou, stratégique pour l’approvisionnement en
eau potable et l’
agriculture, atteint également un niveau confortable de 84,7%, avec plus de 4,5 milliards de m³ stockés. Dans ce bassin, des infrastructures majeures comme Al Wahda ou Idriss Ier affichent des taux élevés, confirmant une reconstitution significative des réserves.
Du côté du
bassin de la Moulouya, le taux de remplissage s’établit à 69,8%, tandis que celui d’Oum Er-Rbia atteint 55,9%, avec des disparités entre les barrages, certains affichant des niveaux proches de la pleine capacité, à l’image de Sidi Idriss ou Timinoutine.
Malgré cette embellie globale, certaines zones restent en situation de relative fragilité. Le
bassin de Souss-Massa affiche un taux de remplissage limité à 54,5%, tandis que celui de
Drâa-Oued Noun demeure le plus vulnérable avec seulement 36,5%.
Ces disparités rappellent que la répartition des
ressources hydriques reste inégale à l’échelle nationale, et dépend fortement des conditions climatiques locales.
Si ces chiffres traduisent un net mieux conjoncturel, les experts appellent à la prudence. La forte hausse des réserves offre une marge de manœuvre précieuse pour les usages agricoles, industriels et domestiques, mais ne doit pas masquer les défis structurels liés à la gestion de l’eau au Maroc.
Entre variabilité climatique, pression croissante sur la ressource et besoins en constante augmentation, la question de la durabilité reste entière. Le renforcement des politiques de gestion intégrée de l’eau, l’optimisation de l’irrigation et le développement du dessalement apparaissent plus que jamais comme des leviers essentiels.