LE MATIN
14 Mai 2026
À 18:16
La délégation marocaine, conduite par le ministre délégué chargé de l'Investissement, de la convergence et de l'évaluation des politiques publiques,
Karim Zidane, regroupe des responsables représentant notamment l'Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (
AMDIE), l'Office national des hydrocarbures et des mines (
ONHYM), le Groupe OCP et l'Université Mohammed VI Polytechnique (
UM6P). Elle comprend également des acteurs du secteur privé opérant notamment dans les domaines de la banque, de la finance, des assurances, des mines et des hydrocarbures, de la pharmacie et de l'industrie.
La séance d'ouverture de cette édition, qui réunit plus de 2.800 participants issus des secteurs public et privé de 70 pays, a été marquée par la présence des Présidents Paul Kagame, Mohamed Cheikh El Ghazouani, Brice Clotaire Oligui Nguema et Bola Ahmed Tinubu, ainsi que de plusieurs chefs de gouvernement et hauts responsables africains, notamment de la Tanzanie, de la Guinée, du Bénin et du Mozambique. Organisé par Jeune Afrique Media Group en partenariat avec IFC (International Finance Corporation/Société financière internationale), ce forum vise à explorer les moyens permettant aux entreprises africaines d'atteindre la taille critique nécessaire pour être compétitives, s'intégrer et prospérer dans un monde de plus en plus fragmenté.
Intervenant à cette occasion, le Président rwandais Paul Kagame a souligné que l'Afrique devait prendre pleinement conscience de sa place dans le système mondial et passer de l'analyse à l'action concrète, ainsi qu'au développement autonome. Mettant en avant les importants atouts du continent, notamment son potentiel en énergies renouvelables, en particulier solaire, ainsi que ses vastes réserves de minerais critiques indispensables aux technologies modernes, il a estimé que le principal obstacle au développement résidait moins dans le manque de ressources ou d'idées que dans l'insuffisance de coordination et de mise en œuvre. M. Kagame a appelé, à cet effet, à un renforcement de l'action collective entre les pays africains afin de transformer ce potentiel en résultats tangibles et de permettre au continent d'occuper une place plus équilibrée dans un ordre mondial en mutation.
De son côté, le directeur général d'IFC, Makhtar Diop, a affirmé que l'Afrique devait désormais convertir son potentiel en résultats concrets grâce à une accélération des investissements privés et à une intégration économique plus poussée. Face aux turbulences mondiales, il a insisté sur la nécessité de renforcer les fondamentaux macroéconomiques afin de bâtir des économies africaines plus résilientes. M. Diop a également mis en avant plusieurs leviers essentiels à la transformation structurelle du continent, notamment l'accès à l'énergie, les infrastructures de transport, l'agriculture, la santé, le développement des compétences et l'industrialisation. Il a évoqué la Mission 300 pour l'électrification de l'Afrique, le développement de corridors économiques et le renforcement des chaînes de valeur locales afin que le continent transforme davantage ses ressources au lieu de se limiter à l'exportation de matières premières.
Pour sa part, Amir Ben Yahmed, PDG de Jeune Afrique Media Group, a mis en exergue les obstacles entravant l'intégration économique du continent africain et l'émergence de véritables champions continentaux. Il a notamment relevé les difficultés auxquelles faisaient face certaines entreprises africaines dans leur expansion sur les marchés continentaux, citant les barrières réglementaires et les restrictions à la circulation des capitaux comme des freins majeurs à leur développement régional. M. Ben Yahmed a également insisté sur la nécessité de mieux mobiliser les ressources financières africaines, afin de réduire la dépendance vis-à-vis des capitaux étrangers. Il a, en outre, appelé à dépasser une logique de discours au profit de résultats concrets, estimant que des initiatives structurantes telles que la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) ou le Pan-African Payment and Settlement System (PAPSS) doivent désormais s’accompagner de mécanismes de suivi rigoureux, d'indicateurs de performance et d'une responsabilisation accrue dans leur mise en œuvre, afin d'accélérer l'intégration économique du continent.
Dix ans après le lancement des négociations de la Zlecaf, la communauté de l'Africa CEO Forum se retrouve à Kigali avec l'ambition de transformer cette vision en engagements concrets. Chefs d'entreprise, investisseurs, Chefs d'État et ministres sont ainsi invités à nouer des alliances au-delà des frontières, mutualiser les risques et les capitaux et s'engager résolument dans la construction de champions continentaux capables de renforcer le poids économique de l'Afrique, créer des emplois et permettre au continent de consolider sa place à l'échelle mondiale.