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Pharmacies : le Conseil de la concurrence recommande de revoir les règles d’implantation pour corriger les déséquilibres territoriaux

Dans son avis sur l’état de la concurrence dans la distribution des médicaments, le Conseil de la concurrence appelle à repenser les règles d’implantation des pharmacies. En ligne de mire, des déséquilibres territoriaux persistants, marqués par une forte concentration en zones urbaines, au détriment d’un accès équitable aux médicaments sur l’ensemble du territoire.

17 Mars 2026 À 11:30

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Le Conseil de la concurrence recommande une révision en profondeur des règles encadrant l’implantation des pharmacies au Maroc. Dans son avis consacré à l’état de la concurrence dans les marchés de la distribution des médicaments, l’institution met en lumière les limites du modèle actuel, jugé insuffisamment adapté aux réalités territoriales.

Le réseau officinal marocain se caractérise en effet par une forte densité pharmaceutique, supérieure aux recommandations internationales, générant des déséquilibres à la fois économiques et géographiques. Certaines zones urbaines enregistrent ainsi des situations de surdensité, tandis que d’autres territoires restent insuffisamment couverts.



Pour corriger ces disparités, le Conseil préconise l’introduction de nouveaux critères d’implantation, allant au-delà de la seule règle de distance minimale entre officines. Il s’agit notamment d’intégrer des paramètres tels que l’étendue de la zone de chalandise, la densité de population, le temps d’accès ou encore la distance vers la pharmacie la plus proche.

Ces critères devraient s’inscrire dans une démarche de planification territoriale, permettant de concilier viabilité économique des officines et impératifs d’accès aux soins. L’objectif est de garantir un maillage plus équilibré du territoire, assurant un accès continu et équitable aux médicaments pour l’ensemble des citoyens.

Selon le Conseil, cette réforme contribuerait à renforcer la cohérence du réseau officinal, à limiter les déséquilibres territoriaux et à soutenir la soutenabilité économique du secteur, tout en répondant aux exigences de continuité du service pharmaceutique.

Au-delà de la question de l’implantation, l’avis met également en avant la nécessité d’adapter l’organisation du secteur aux évolutions de la demande. Le Conseil recommande ainsi l’introduction d’une flexibilité encadrée des horaires d’ouverture, permettant aux pharmacies d’ajuster leurs plages horaires en fonction des spécificités locales et de l’intensité de la demande.

Cette flexibilité ne concerne toutefois pas le service de garde de nuit, qui demeure strictement encadré en tant que mission de service public. Le Conseil souligne à ce titre la nécessité d’un cadre de rémunération approprié pour garantir la continuité de ce service essentiel.

Par ailleurs, l’institution plaide pour la mise en place d’un modèle de rémunération mixte, combinant une marge commerciale liée au prix du médicament et des honoraires de dispensation rémunérant l’acte pharmaceutique indépendamment du prix. Une évolution qui permettrait, selon le Conseil, d’assurer une rémunération plus équitable des pharmaciens, tout en améliorant la qualité des services rendus aux patients.

À terme, ces recommandations visent à moderniser et restructurer le réseau officinal, en renforçant le rôle du pharmacien comme acteur de proximité au cœur du parcours de soins, et en assurant un meilleur équilibre entre performance économique et mission de service public.
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