LE MATIN
24 Février 2026
À 10:30
Les importantes chutes de
pluie qui ont arrosé plusieurs régions du
Maroc ces derniers jours commencent à produire leurs effets. Selon les dernières données disponibles, le taux de remplissage des
barrages nationaux a atteint 70,6 % à la date du lundi 23 février 2026, traduisant une amélioration sensible de la
situation hydrique du pays.
Parmi les ouvrages ayant enregistré les plus fortes arrivées d’eau figure le
barrage Al Massira, dans la province de
Settat. Il a accueilli environ 20,1 millions de mètres cubes, portant son taux de remplissage à 28,2 %. Un apport significatif pour ce barrage stratégique, l’un des plus grands du Royaume.
Le
barrage Bin El Ouidane, dans la province d’
Azilal, a également bénéficié d’entrées importantes, estimées à 10,1 millions de mètres cubes, ce qui a permis de hisser son taux de remplissage à 69,7 %. À
Beni Mellal, le barrage
Ahmed El Hansali a enregistré un apport de 7,3 millions de mètres cubes, atteignant un taux de 72,6 %, tandis que le barrage
Darouat, dans la province de
Settat, affiche désormais 82,1 % de remplissage après avoir reçu 1,6 million de mètres cubes supplémentaires.
Ces chiffres traduisent un rebond hydrique significatif et renforcent, à court terme, la sécurité de l’
approvisionnement en eau, tant pour
l’irrigation agricole que pour l’alimentation en
eau potable. Ils interviennent dans un contexte où le pays a connu, ces dernières années, une succession d’épisodes de
sécheresse ayant fortement entamé les réserves.
Toutefois, cette situation favorable relance également le débat sur la
capacité de stockage et la gestion des excédents. Une partie des eaux de crue s’est écoulée vers la mer, certaines retenues ayant atteint leurs limites techniques.
Interrogé sur cette question par
Assahra Al Maghribia, l’expert
Ahmed Tlalhi souligne qu’il est techniquement impossible de stocker la totalité des eaux lorsque les apports dépassent la capacité des barrages. Il rappelle par ailleurs que l’eau qui rejoint la mer ne constitue pas une perte absolue, puisqu’elle contribue à l’alimentation des
écosystèmes côtiers, au soutien des
pêcheries et au maintien des équilibres environnementaux des
estuaires.
ENn effet, Les eaux de pluie qui rejoignent les oueds puis la mer jouent un rôle déterminant dans le fonctionnement des écosystèmes côtiers. Elles apportent des nutriments naturels et des sédiments qui enrichissent les
zones littorales, favorisant la
productivité biologique et soutenant la chaîne alimentaire marine. Ces apports contribuent également à l’équilibre des estuaires, à la régénération des zones humides et à la limitation de la salinisation excessive de certaines embouchures. En dynamisant les milieux côtiers, ces flux d’eau douce participent indirectement à la vitalité des
ressources halieutiques, notamment pour la pêche artisanale, et au maintien de la biodiversité marine.
Pour renforcer durablement la
sécurité hydrique, l’expert préconise trois axes majeurs : la surélévation de certains barrages existants afin d’augmenter leur capacité de stockage, la construction de nouveaux ouvrages et le développement de canaux de transfert entre bassins pour mieux répartir les ressources en période d’abondance.