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Pouvoir d'achat, salaires... : la CDT convoque une marche nationale à Casablanca

La Confédération démocratique du travail (CDT) a annoncé l'organisation d'une marche nationale de protestation le 28 juin à Casablanca pour réclamer une hausse générale des salaires et des pensions, défendre le pouvoir d'achat et exiger le respect des engagements sociaux. La centrale syndicale accuse le gouvernement de bloquer le dialogue social, dénonce les atteintes aux libertés syndicales et appelle à une mobilisation d'ampleur face à ce qu'elle décrit comme une aggravation continue de la situation sociale.

22 Juin 2026 À 17:13

Réuni le 17 juin à Casablanca, le bureau exécutif de la CDT a décidé de faire du 28 juin une nouvelle étape de la contestation syndicale. Dans un communiqué publié à l'issue de ses travaux, il affirme que le pays traverse un contexte marqué par «la poursuite de la cherté de la vie», «la détérioration du pouvoir d'achat» et «l'aggravation des tensions sociales», tout en reprochant à l'Exécutif de faire porter «le coût de la crise» aux salariés et aux catégories populaires. Le syndicat estime que le gouvernement continue de gérer le dialogue social dans une «logique d'imposition et de manipulation» plutôt que dans le cadre d'un mécanisme institutionnel susceptible de produire des solutions concertées. Il lui reproche également de ne pas répondre aux revendications «justes et légitimes» des travailleurs et de compromettre l'émergence d'«un nouvel horizon social fondé sur l'équité, la dignité et la justice sociale et territoriale».



Pour la CDT, l'échec du cycle d'avril du dialogue social et les manifestations régionales organisées le 17 mai justifient le passage à une nouvelle phase de mobilisation. La centrale explique vouloir faire pression pour l'application des accords déjà conclus, l'amélioration des conditions de vie des travailleurs, l'arrêt des atteintes aux libertés syndicales et l'ouverture d'un dialogue impliquant pleinement les organisations représentatives, notamment sur le projet de loi relatif au droit de grève.

Le bureau exécutif a ainsi décidé l'organisation d'«une marche nationale de protestation» le dimanche 28 juin à Casablanca. Cette mobilisation vise à obtenir «une augmentation générale des salaires et des pensions», à protéger les revenus face à la hausse du coût de la vie, à faire respecter les engagements sociaux antérieurs et à défendre «les libertés syndicales et le droit de grève». Le communiqué appelle également à préserver les acquis en matière de retraite et à ouvrir de nouvelles perspectives d'emploi aux jeunes en situation de chômage. La CDT demande par ailleurs au gouvernement «d'assumer ses responsabilités politiques et sociales» en relançant un dialogue social «réel, productif, responsable et contraignant». Selon elle, cette démarche devrait déboucher sur «des mesures pratiques et urgentes», parmi lesquelles des augmentations salariales, la protection du pouvoir d'achat, l'exécution des engagements antérieurs et le respect des accords sociaux conclus avec les partenaires syndicaux.

Libertés syndicales et droit de grève

Le communiqué consacre une large place à la question des libertés syndicales. La CDT y réaffirme son rejet de «toutes les formes de restriction des libertés syndicales» et réclame l'arrêt des licenciements, des poursuites et des sanctions visant des responsables syndicaux ou des militants. Elle exige également la garantie effective du droit d'organisation, de manifestation pacifique et de grève, «en conformité avec les conventions internationales du travail».

Dans ce contexte, la centrale se félicite de l'avis rendu par la Cour internationale de justice concernant le droit de grève. Celui-ci confirme, selon elle, que ce droit est protégé par la convention n°87 de l'Organisation internationale du travail relative à la liberté syndicale et à la protection du droit syndical. La CDT voit dans cette décision «une victoire historique pour le mouvement syndical international» et «un message clair adressé à tous les gouvernements» sur la nécessité de respecter ce droit. Elle rappelle que la grève constitue, à ses yeux, «un droit universel» et «une composante indissociable de la liberté syndicale, de la négociation collective et de la défense des droits». La centrale demande à cette occasion au gouvernement marocain de ratifier la convention n°87 de l'OIT.

Le bureau exécutif appelle également l'ensemble des structures locales de la CDT à commémorer le 45e anniversaire des événements du 20 juin 1981. Présentée comme une date fondatrice de la mémoire syndicale marocaine, cette commémoration doit donner lieu à des réunions et à des activités de sensibilisation destinées à rendre hommage aux victimes de cette période et à renouveler l'attachement aux valeurs de «dignité, liberté et justice sociale». Le texte souligne que cet anniversaire constitue un moment de fidélité à l'héritage des luttes sociales et de préparation de la mobilisation nationale du 28 juin.

Carburants, Samir et précarité sociale

Sur le terrain économique, la CDT critique vivement le rejet de deux propositions de loi déposées par son groupe parlementaire à la Chambre des conseillers. La première visait à plafonner les prix des carburants. La seconde proposait la nationalisation de la Samir. Le bureau exécutif estime que le rejet de ces deux initiatives traduit «un alignement manifeste sur les lobbies des hydrocarbures et les intérêts privés» au détriment des citoyens. Il considère au contraire que la relance de la Samir répond à des impératifs de souveraineté énergétique, de sécurité d'approvisionnement et de protection de l'économie nationale.

La centrale attire enfin l'attention sur la persistance de situations qu'elle juge préoccupantes dans plusieurs secteurs. Elle cite notamment les agents de sécurité privée, les travailleuses et travailleurs du nettoyage, les personnels de l'enseignement primaire ainsi que les ouvriers agricoles. Ces catégories continuent, selon le communiqué, de souffrir de «la faiblesse des salaires», de l'instabilité professionnelle et de l'absence de garanties sociales suffisantes.

En conclusion, la CDT appelle l'ensemble de ses structures à s'engager pleinement dans la préparation de la marche du 28 juin afin d'en faire «une étape de lutte forte» et une expression collective de défense de «la dignité, des droits, des libertés, des acquis sociaux et de la justice sociale et territoriale».

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