LE MATIN
11 Mars 2026
À 19:25
Le chef du gouvernement
Aziz Akhannouch a présidé, mercredi 11 mars à Rabat, une réunion consacrée au suivi de la mise en œuvre de la réforme du système de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation. Cette rencontre a permis de faire le point sur les avancées réalisées et d’examiner plusieurs projets visant à renforcer la qualité et l’attractivité de l’
université marocaine. À cette occasion, le chef du gouvernement a souligné que cette réforme, menée conformément aux
Hautes Directives Royales, constitue un levier important pour améliorer la qualité du capital humain et soutenir le développement économique et social du pays.
Après un bras de fer qui a duré des mois, la loi n°59.24 sur l’enseignement supérieur est entrée en vigueur. Publié au Bulletin officiel le 11 février 2026, le texte redessine l’université marocaine dans ses fondements mêmes : gouvernance, recherche, place du privé, lien avec l’économie, organisation des études. Mais au moment où il devient applicable, le conflit avec les enseignants-chercheurs, lui, n’est pas refermé. Des mouvements de protestation ont fortement perturbé les universités publiques, sur fond d’accusations de passage en force et de rupture du dialogue social. Si la réforme est désormais actée, sa mise en œuvre ouvre une nouvelle phase, où les universités devront s’adapter à ce cadre inédit dans un climat de tensions persistantes.
Renforcement des capacités et nouveaux projets universitaires
Dans ce cadre, le budget du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation a été augmenté de 30 % entre 2021 et 2025. Cette hausse a permis notamment de renforcer les effectifs des cadres pédagogiques et administratifs, d’améliorer leurs conditions de travail et d’accroître la capacité d’accueil des universités. La réunion a également porté sur plusieurs projets structurants, notamment la réorganisation de la cartographie universitaire publique afin de renforcer l’équité territoriale dans l’accès à l’enseignement supérieur. Les participants ont également examiné le projet de création d’une faculté de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire à Kénitra, destinée à renforcer l’offre de formation dans la région et à réduire la pression sur la faculté de Rabat. Le renforcement de l’hébergement universitaire a aussi été abordé. Cinq projets ont été lancés à Agadir, El Jadida, Oujda, Nador et Béni Mellal pour une capacité totale de 11.000 lits. Une seconde phase, prévue en avril prochain, devrait porter la capacité d’accueil à 100.000 lits supplémentaires.
Diversification de l’offre de formation
Les discussions ont également mis en évidence l’évolution de l’offre universitaire et l’élargissement de l’accès à l’enseignement supérieur. L’effectif global des étudiants a ainsi augmenté de 4,8 % par rapport à l’année universitaire précédente, dépassant désormais 1,3 million d’étudiants. Sur le plan pédagogique, l’offre de formation a été diversifiée avec la création de 366 nouvelles filières et la mise en place de passerelles entre différentes branches et spécialités afin de faciliter l’orientation et la reprise d’études.
Plusieurs programmes sectoriels ont également été évoqués, notamment le renforcement de la formation dans les métiers de la santé avec l’ouverture de 10.841 places pédagogiques, ainsi que le programme de formation des enseignants des cycles primaire et secondaire qui a mobilisé 20.404 places. Dans les filières du numérique, plus de 27.000 nouveaux étudiants ont intégré les universités publiques.
La réunion a également été l’occasion de présenter la plateforme d’apprentissage des langues « Elogha-sup », conçue par une équipe marocaine et destinée aux étudiants des universités. Elle propose des formations en anglais, français, espagnol, arabe et amazigh.
À travers ces différentes mesures, le gouvernement entend poursuivre la modernisation du système universitaire et renforcer son rôle dans la formation des compétences nécessaires au développement du pays.