Le ministre de l'Économie, des finances et de la performance publique a jugé nécessaire, «avant d'entrer dans les détails» du
projet de loi de Finances, de s'arrêter devant les deux Chambres sur «les développements de notre première cause nationale, qui demeure au premier rang des constantes de l'action gouvernementale». Il a évoqué «avec fierté» les acquis réalisés «sous la conduite de Sa Majesté le Roi» en faveur de l'intégrité territoriale, et «ce qu'a consacré la
résolution 2797 du Conseil de sécurité du 31 octobre 2025, en adoptant la proposition marocaine d'autonomie comme base unique pour la clôture définitive de ce conflit artificiel».
La
note de présentation reprend cet ancrage dans le chapitre consacré à l'action extérieure. «La défense de la souveraineté et de l'intégrité territoriale demeure la priorité de l'action diplomatique du gouvernement», écrit-elle, en précisant que cette action «procède des Hautes Orientations Royales, en particulier du
Discours prononcé par Sa Majesté le Roi à la suite de l'adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 2797».
Trente consulats et un siège au Conseil de sécurité
Selon le document, cette résolution «consacre l'initiative d'autonomie sous souveraineté marocaine comme seule base de négociation et marque un tournant pour la question nationale». Il ajoute que «trente consulats généraux sont désormais ouverts dans les provinces du Sud, ce qui renforce la reconnaissance internationale de la marocanité du Sahara, la promotion de l'image de ces provinces et l'attractivité du Royaume comme destination d'investissement».
Pour 2027, le gouvernement «s'attachera à consolider ces acquis diplomatiques», «élargira le cercle du soutien international à l'initiative d'autonomie sous souveraineté marocaine et promouvra les priorités du Royaume dans les enceintes régionales et multilatérales». La note annonce enfin qu'il «portera aussi la candidature du Royaume à un siège de membre non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2028-2029, dont l'élection est prévue en juin 2027». Le ministère des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l'étranger reçoit 155 postes budgétaires au titre de l'article 21 du projet.
La plus forte croissance du Royaume sur dix ans
Le rapport économique et financier, qui accompagne le projet, mesure la trajectoire des trois régions du Sud sur la période 2014-2024. «Les régions du Sud se distinguent par des performances notables», indique-t-il. «Il s'agit de Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Eddahab qui enregistrent la plus forte croissance, de l'ordre de 8,8% chacune», contre une moyenne nationale de 4,9%. «La région de Guelmim-Oued Noun (6,5%) affiche également une croissance soutenue, confirmant le rôle stratégique des investissements publics et privés dans la dynamique économique des provinces du Sud».
Le même rapport relève qu'«en matière de PIB par habitant, les régions du Sud enregistrent les performances les plus importantes». Laâyoune-Sakia El Hamra «affiche ainsi le rythme de croissance le plus élevé à l'échelle nationale, avec une croissance moyenne de 6,2% durant la période 2014-2024», Guelmim-Oued Noun et Dakhla-Oued Eddahab enregistrant respectivement 6,1 et 3,8%.
Dakhla Atlantique à 90% d'avancement en 2027
La note sur la répartition régionale de l'investissement, également annexée au projet, détaille le chantier du nouveau port de Dakhla Atlantique. Son coût «initial de 13.614,48 millions de dirhams» «a fait l'objet d'une révision au titre de 2027 pour tenir compte des travaux d'extension du port» et s'établit désormais à 15.063,56 millions. Les crédits de paiement sont fixés à 2.293 millions en 2026, 2.574 millions en 2027, 2.561 millions en 2028 et 2.156,9 millions en 2029. Le taux d'exécution financière, calculé sur les travaux engagés, atteint 54% et le taux d'exécution physique 70% à mi-septembre 2026. La note de présentation fixe le calendrier. Les travaux «se poursuivront au niveau des principales composantes de l'infrastructure portuaire, notamment les digues, les quais et les ouvrages associés, avec l'objectif de porter l'avancement global du projet à 90% en 2027, en vue de l'achèvement des travaux à fin 2028 et de la mise en exploitation du port à partir de 2029».
Autour du port, le budget général programme la construction de la route le reliant à Dakhla par Taourta, pour 350 millions de dirhams, et la zone industrielle et logistique du port, pour 150 millions. L'Agence marocaine de développement de la logistique engage la zone logistique de Dakhla-Argoub sur 20 hectares, pour 140 millions, et l'Office nationale d'électricité et d'eau potable (ONEE) renforce l'alimentation en eau potable «de la ville de Dakhla, le futur nouveau port atlantique et la future zone industrio-logistique» par une conduite d'adduction depuis la station de dessalement, pour 450 millions.
La même note recense, parmi les projets achevés en 2025 dans la région, le parc éolien de Dakhla de 60 mégawatts «dédié au dessalement de l'eau de mer», pour 1.061 millions de dirhams, et la Cité des métiers et des compétences de Dakhla-Oued Eddahab, d'une capacité de 1.800 places pédagogiques et 34 filières, pour 238 millions. En cours d'exécution figurent la zone d'activités de Bir Gandouz, dont les travaux sur site sont achevés, et l'hôpital de proximité de Bir Gandouz, de 45 lits et 233 millions de dirhams, dont l'appel d'offres est relancé avec 70,7 millions de crédits en 2027.
Phosphates, électricité et université à Laâyoune
Dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra, les projets les plus lourds relèvent des établissements publics. L'Office chérifien des phosphates inscrit une augmentation de capacités «Chimie» de 18.228 millions de dirhams, destinée à «renforcer les capacités de transformation et de production d'engrais», avec 190,75 millions de crédits de paiement en 2027, et une augmentation de capacités «Mine» de 3.434 millions. L'ONEE porte la ligne 400 kV à deux ternes Agadir-Tan-Tan-Laâyoune-Boujdour, de 560 et 225 kilomètres, pour un coût global de 3.717 millions, ainsi qu'un projet de compensation de puissance réactive de 2.500 millions, afin d'«assurer la sécurité d'alimentation en électricité de la région».
L'Agence nationale des ports réalise un nouveau quai de pêche et des appontements flottants au port de Laâyoune, pour 169 millions de dirhams, et la Société régionale multiservices de Laâyoune-Sakia El Hamra engage la mise à niveau de l'assainissement liquide de la ville, avec une première tranche de 453 millions. Le budget général programme l'extension de la zone industrielle sud de Laâyoune, pour 100 millions, et un réseau d'aires marines protégées à Boujdour.
Dans l'enseignement supérieur, deux «Écoles nationales des technologies avancées» sont créées à Laâyoune et à Dakhla parmi les 49 nouveaux établissements universitaires, chacune pour 100 millions de dirhams et 1.470 places. À Guelmim, le budget général finance la construction du Centre hospitalier universitaire, «extension du Centre hospitalier régional de Guelmim en Centre hospitalier universitaire», pour 2.000 millions de dirhams, dont 610 millions de crédits en 2027, la reconstruction de l'hôpital provincial de Sidi Ifni, de 120 lits, et l'hôpital de proximité de Tighert, ainsi que la Faculté des sciences et techniques et la Faculté d'économie et de gestion de Guelmim, de 2.680 et 6.500 places. L'Office national des hydrocarbures et des mines prévoit «le forage d'un puits pilote dans le bassin de Zag», pour 250 millions de dirhams, dont 100 millions en 2027. La note de présentation annonce par ailleurs l'ouverture d'une Cité des métiers et des compétences dans la région de Guelmim-Oued Noun en 2027.
Le foncier public, premier levier dans le Sud
Le rapport sur le foncier public confirme la place des régions du Sud dans la mobilisation du domaine privé de l'État. Pour l'exercice 2025, «la région de Dakhla-Oued Eddahab est placée en première position avec plus de 87 projets accordés, suivie en deuxième position par la région de Laâyoune-Sakia El Hamra avec plus de 77 projets». La ventilation du foncier mobilisé en 2025 fait ressortir «une forte concentration au niveau de la région de Laâyoune-Sakia El Hamra, qui accapare, à elle seule, presque la moitié de la superficie globale allouée (soit 15.078 ha)», la région de Guelmim-Oued Noun représentant 37,1%.
Au premier semestre 2026, le même rapport indique que Laâyoune-Sakia El Hamra «capte presque la totalité de la superficie allouée», avec 93,43%, et que «la région de Guelmim-Oued Noun a capté environ 73% de l'enveloppe globale investie». Dans l'agro-industrie, «les régions de Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Eddahab ont enregistré environ 78% des projets accordés» en 2025 ; dans les services, elles «vont abriter 72,53% des projets accordés» ; dans les mines, Dakhla-Oued Eddahab «a capté plus de la moitié des investissements» et «la quasi-totalité de la superficie globale mobilisée».
Un effectif de fonctionnaires limité à 5,8% du total
Le rapport sur les ressources humaines fournit, pour sa part, la répartition régionale des 574.026 fonctionnaires civils de l'État. Il constate que celle-ci «fait ressortir de grandes disparités et une concentration de près de 69,6% du personnel civil de l'État» dans cinq régions, Rabat-Salé-Kénitra, Casablanca-Settat, Fès-Meknès, Marrakech-Safi et Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. Les trois régions du Sud en accueillent respectivement 2,9% pour Laâyoune-Sakia El Hamra, 1,9% pour Guelmim-Oued Noun et 1% pour Dakhla-Oued Eddahab, soit 5,8% de l'ensemble.
Le rapport sur les établissements et entreprises publics complète ce tableau avec les investissements prévisionnels de ces organismes en 2027, à savoir 6,53 milliards de dirhams pour Laâyoune-Sakia El Hamra, en recul de 15,9% par rapport à 2026, 2,65 milliards pour Guelmim-Oued Noun et 1,71 milliard pour Dakhla-Oued Eddahab, ces deux dernières régions progressant d'une année sur l'autre. La note de présentation inscrit par ailleurs «l'entrée en exploitation prochaine des stations de Dakhla et du Grand Casablanca» dans l'objectif d'une capacité de dessalement «de plus de 1,8 milliard de mètres cubes par an à l'horizon 2031».