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Transport rural : le CESE plaide pour un plan intégré afin de réduire les inégalités territoriales

À Rabat, le président du Conseil économique, social et environnemental a appelé à la mise en place d’un modèle de transport rural inclusif, durable et connecté, capable de désenclaver les territoires, de renforcer l’accès aux services essentiels et de soutenir le développement territorial, tout en corrigeant les disparités persistantes entre régions.

25 Mars 2026 À 17:56

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Le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE) a appelé, mercredi à Rabat, à l’élaboration d'un plan intégré et durable du transport en milieu rural afin d'en faire un levier stratégique du développement territorial. Lors d'un atelier de restitution consacré à la présentation des principales conclusions et recommandations de l’avis du Conseil intitulé «Vers un transport rural inclusif, durable et résilient au service des populations et territoires», M. Amara a insisté sur le rôle du transport rural dans le repositionnement du douar comme unité territoriale de référence pour rapprocher les populations rurales des services de proximité. Il a, à cet égard, mis l'accent sur la nécessité de moderniser et renforcer le réseau routier rural, en procédant au classement progressif des routes non classées et en connectant les axes ruraux aux réseaux provinciaux et régionaux, en assurant la pérennité des investissements réalisés dans les programmes de désenclavement, tout en portant une attention particulière aux zones isolées et aux douars éloignés, afin de garantir une connectivité optimale et un accès équitable aux services pour toutes les populations rurales.

En outre, le président du CESE a plaidé pour l’intégration dans le Code de la route de dispositions spécifiques encadrant la circulation sur les routes non classées et la conduite des véhicules en milieu rural, appelant à réviser le cahier des charges du transport mixte pour y intégrer des exigences de qualité et de sécurité, en mettant en place un mécanisme de subventions adapté pour soutenir son déploiement en milieu rural.

De même, il a appelé à promouvoir une offre de véhicules utilitaires, conçus et industrialisés au niveau national, adaptés aux spécificités du transport mixte ainsi qu’aux contraintes géographiques des territoires ruraux, insistant sur la nécessité de moderniser et de pérenniser les infrastructures, de garantir la sécurité des populations et de leurs biens, d’assurer un financement durable des infrastructures et des services de transport, et de déployer un système de transport connecté et performant, alliant infrastructures physiques de qualité et outils numériques.

D’autre part, M. Amara a rappelé que des transports sûrs et durables constituaient un levier essentiel pour le développement des zones rurales, l’accès de leurs habitants aux services et aux opportunités, ainsi que pour l’effectivité des droits fondamentaux, notamment en matière d’accès à l’éducation, à la santé, à l’emploi et au logement. Le président du Conseil a, dans ce sens, relevé que les programmes de désenclavement mis en œuvre avaient amélioré la mobilité et le transport des personnes et des biens, portant le taux d’accessibilité à une route praticable toute l’année de 54% en 2005 à 81% en 2022. Toutefois, ces progrès demeurent inégalement répartis, les zones montagneuses, enclavées ou à habitat dispersé restent encore marquées par des poches d’isolement, a t-il fait observer, notant que la dégradation des routes non classées, l’absence d’un entretien pérenne de ces routes et pistes rurales compromettaient la continuité des services, tout en accroissant le caractère accidentel.

Élaboré dans le cadre d’une auto-saisine, cet avis traduit l’intérêt constant que le Conseil porte aux enjeux du monde rural, en tant que composante essentielle du chantier de la régionalisation avancée et de la mise en œuvre de la gouvernance territoriale, compte tenu de son poids spatial et démographique couvrant plus de 90% du territoire national et abritant plus de 13,7 millions d’habitants, soit 37,2% de la population totale. Cette rencontre s’est tenue en présence des acteurs concernés, notamment des représentants des départements gouvernementaux, des institutions publiques, des organisations nationales et internationales, de la société civile, ainsi que des experts.
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