Gare Oulad Ziane : le projet d'une SDL officiellement abandonné, place à un nouveau modèle
Sept ans après avoir acté la création d’une société de développement local (SDL) dédiée à la gare routière Ouled Ziane, le Conseil de la ville de Casablanca s’apprête à revoir sa copie. Selon nos informations, cette décision figure à l’ordre du jour de la prochaine session ordinaire prévue début mai 2026. Les élus seront appelés à annuler la décision de créer une entité qui n’a jamais vu le jour et à entériner, dans la foulée, la mise en place d’une nouvelle structure.
Mounia Senhaji
28 Avril 2026
À 16:15
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En 2019, la mairie de Casablanca pensait avoir trouvé la formule pour remettre de l’ordre à la gare routière Ouled Ziane : une SDL, créée avec la Société nationale du transport et de la logistique, devait prendre en main la gestion de cette infrastructure centrale du transport interurbain. À l’époque, la ville devait détenir 55% du capital de la nouvelle structure, appelée à gérer les accès, l’accueil des voyageurs, la sécurité, le nettoyage et la maintenance du site.
Cette décision n’aura finalement jamais produit le modèle attendu. Selon l’ordre du jour de la prochaine session ordinaire du Conseil communal, prévue début mai 2026, les élus devront examiner l’annulation des décisions n°224/2019 et n°225/2019, relatives respectivement à la création de cette SDL et à ses documents constitutifs. À la place, la commune prévoit de créer une nouvelle SDL baptisée «Casablanca Gares Voyageurs». Comme l’indique son appellation, le périmètre de la future entité serait plus large : gérer et exploiter les gares routières et leurs équipements annexes sur tout le territoire de Casablanca. Le changement est important. Il ne s’agit plus seulement de traiter le cas Ouled Ziane, mais de structurer un réseau de gares routières à l’échelle de la métropole.
Le dossier revient au moment où Ouled Ziane est déjà engagée dans une profonde réhabilitation. Fermée partiellement pour travaux, la gare fait l’objet d’un chantier estimé à 80,7 millions de dirhams, incluant la rénovation du bâtiment principal, les aménagements extérieurs, les réseaux techniques et la modernisation des services aux voyageurs.
Sur le terrain, les travaux lancés en juillet 2025 avancent progressivement, avec un chantier structuré autour de deux volets : la rénovation des infrastructures et la réorganisation des espaces et des flux. Selon les derniers points d’étape, les interventions portent notamment sur la mise à niveau du bâtiment, l’amélioration des équipements et la refonte des conditions d’accueil, dans une logique de montée en qualité et de sécurité.
Le projet, qui s’étale sur environ dix mois, vise à transformer en profondeur ce hub stratégique tout en maintenant, autant que possible, une continuité minimale du service pour les voyageurs via des solutions provisoires.
La gare porte depuis longtemps une forte charge symbolique. En 2019 déjà, les débats communaux pointaient la saturation, le désordre, l’insécurité et les nuisances pour les voyageurs comme pour les riverains. Le site, principale gare routière du pays avec des centaines d’autocars par jour, concentre une pression difficilement soutenable.
Le futur dispositif semble donc répondre à une double logique : tourner la page d’une SDL jamais réellement entrée en fonction et préparer une gouvernance plus globale des gares routières casablancaises. Deux nouvelles gares sont d’ailleurs envisagées pour désengorger Ouled Ziane et mieux répartir les flux à l’échelle de la ville, l'une Hay Hassani et l'autre à Sidi Bernoussi.