04 Février 2026 À 18:35
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Alors que Loukkos sort de son lit et que le barrage Oued Makhazine franchit son seuil critique, des évacuations d'urgence ont été ordonnées dans plusieurs provinces du Nord. Mais au-delà de ces images frappantes, une menace plus vaste se dessine: la saturation des barrages stratégiques du Nord et du Centre place le pays sous une pression hydrologique extrême. Si l'intensité des précipitations se maintient, la gestion des lâchers d'eau deviendra un défi de sécurité majeur.
Le regard se tourne, également aujourd’hui vers le barrage Al Wahda, le plus grand du Royaume et l’un des plus importants d’Afrique. En l’espace de quelques semaines, son taux de remplissage a atteint plus de 80 %, soit près de 3 milliards de mètres cubes d’eau stockés.
Si cette performance hydrique est une bénédiction après des années de déficit, elle pose un enjeu majeur de sécurité. Contrairement à d’autres ouvrages, un lâcher massif à Al Wahda aurait des conséquences d’une toute autre ampleur. A cet égard, l’Agence du Bassin hydraulique de Sebou a lancé un lâcher d’eau progressif visant à créer une capacité de stockage de sécurité pour pouvoir absorber les apports attendus.
Dans le bassin du Loukkos, les fortes pluies ont entraîné une montée rapide des apports vers le barrage Oued Makhazine, principal ouvrage de la région. jusqu'au 4 février, son taux de remplissage a frôlé les 146 %, atteignant des niveaux critiques qui ont contraint les autorités à procéder à des lâchers d’eau contrôlés.
Ces opérations, bien que nécessaires pour préserver l’intégrité de l’ouvrage, ont eu des répercussions en aval, notamment à Ksar El Kébir et quelques provinces de Larache, où des évacuations préventives ont été décidées face au risque de crues.
Al Wahda n’est pas un cas isolé. Le barrage de Mohammed V frôle lui aussi les 89 % de remplissage. Le barrage de Chefchaouen est également placés sous surveillance renforcée, en raison de la poursuite des apports qui ont porté le taux de remplissage à plus de 100 %.
Face à cette situation, les gestionnaires des barrages, notamment les Agences de Bassin hydraulique, se retrouvent confrontés à un choix stratégique complexe:
Ce dilemme est d’autant plus complexe que les épisodes pluvieux actuels se caractérisent par leur intensité, leur répétition et leur imprévisibilité, compliquant considérablement la gestion des barrages en temps réel. Dans ce contexte, une priorité s’impose : la protection des vies humaines doit primer sur toute autre considération.