Noura Mzaghrani
10 Mars 2026
À 11:25
Après sept années consécutives de
sécheresse, la saison météorologique couvrant les mois de décembre, janvier et février s’est distinguée par une succession d’épisodes perturbés ayant apporté des
précipitations abondantes, un
enneigement remarquable et de forts contrastes thermiques à l’échelle du Royaume.
Selon des données publiées sur le compte LinkedIn de la
Direction Générale de la Météorologie, cet hiver a profondément marqué la
situation hydrologique nationale. Le cumul pluviométrique moyen a atteint 136 mm, soit près du double de la
normale saisonnière estimée à 71 mm pour la période de référence 1991-2020. La saison se classe ainsi au troisième rang des hivers les plus pluvieux depuis 1981, derrière ceux de 2010 (200 mm) et 1996 (178 mm).
La saison s’est également distinguée par une fréquence exceptionnelle des jours de pluie, avec 36
jours pluvieux en moyenne, contre seulement 17 jours lors d’un
hiver normal. Plusieurs stations météorologiques ont même enregistré des records historiques de jours de pluie, notamment à Ifrane(49 jours vs 44 en 1963), Kénitra (43 vs 41 en 1996), El Jadida(41 vs 36 en 1996), Casablanca (38 vs 37 en 1997), Khouribga (37 vs 35 en 2010).
Dans certaines régions, les
cumuls de précipitations ont atteint des niveaux exceptionnels, équivalents à une année complète de pluie en une seule saison. C’est notamment le cas à Tanger, où 1 296 mm ont été enregistrés, dépassant largement l’ancien record de 889 mm établi en 1996. Des niveaux élevés ont également été relevés à
Nouasser (448 mm) et Sidi Slimane (435 mm). Après plusieurs années de sécheresse, les sols asséchés n’ont pas pu absorber ces pluies successives, provoquant par endroits un ruissellement rapide et des épisodes d’inondations.
La
saison a également été marquée par un enneigement important, constituant un
réservoir hydrique stratégique pour le pays. La surface enneigée a atteint 55 495 km² le 18 décembre 2025, soit le niveau le plus élevé observé depuis 2019. Une
couverture neigeuse supérieure à 20 000 km² s’est maintenue durant une grande partie de l’hiver, avec un second pic de 50 127 km² enregistré le 25 janvier.
Sur le plan thermique,
l’hiver 2025-2026 a présenté une moyenne proche de la normale, avec une anomalie de seulement +0,15 °C, mais avec des contrastes marqués. Le début de la saison a été relativement froid, avec plusieurs périodes où les
températures sont restées en dessous des normales saisonnières. À partir de la fin janvier, une phase plus douce s’est installée, avant un épisode de chaleur hivernale notable fin février, lorsque l’anticyclone s’est réinstallé, avec une anomalie atteignant +5,28 °C le 22 février.
Certaines régions ont même enregistré des
températures exceptionnellement élevées pour la saison, atteignant 35,1 °C à Smara, 33,1 °C à Taroudant, 31,2 °C à Nouasser et 30,4 °C à Marrakech.
D’après la Direction Générale de la Météorologie, ces
conditions météorologiques s’expliquent notamment par l’affaiblissement du
vortex polaire, qui a favorisé la descente d’air froid vers les latitudes marocaines. Ce phénomène a entraîné l'installation d'un
Jet Stream sur le Maroc et le recul vers le sud de l’anticyclone des Açores, permettant l’arrivée de masses d’air très humides sous forme de «
rivières atmosphériques » à l’origine de cette saison exceptionnellement pluvieuse.