LE MATIN
08 Avril 2026
À 11:35
Au cours des dernières 24 heures, plusieurs
régions du Maroc, notamment
le Saïss, le Moyen Atlas et le Rif, ont connu des
averses orageuses, accompagnées localement de
chutes de grêle. Pour comprendre ces phénomènes, il faut s’intéresser à ce qui se passe dans l’atmosphère.
En réalité, tout part d’un contraste thermique. De l’air froid s’est infiltré en altitude, tandis que l’air près du sol est resté plus doux et chargé en humidité. Lorsque ces deux masses d’air se rencontrent, elles créent une instabilité : l’air chaud monte rapidement, se refroidit en altitude et forme des nuages orageux, appelés cumulonimbus.
Ces nuages sont capables de produire en peu de temps des
précipitations intenses. C’est ce qui explique les fortes averses observées localement. Mais ils sont aussi à l’origine de la grêle. À l’intérieur du nuage, de puissants courants ascendants transportent les gouttelettes d’eau vers des zones très froides où elles gèlent. Ces particules de glace grossissent progressivement en faisant des allers-retours dans le nuage, avant de tomber sous forme de grêlons lorsque leur poids devient trop important.
Un autre élément clé dans cette situation est la présence d’une
dépression d’altitude dite « isolée ». Contrairement aux perturbations classiques, ce type de système peut rester bloqué plusieurs jours au-dessus d’une même région, prolongeant ainsi l’instabilité et favorisant la répétition des
averses orageuses.
Faut-il y voir un phénomène inhabituel ? Pas nécessairement. Ce type de situation est fréquent au
printemps, une saison de transition où coexistent encore des masses d’air froid en provenance du nord et des remontées d’air plus chaud depuis le sud. Ce contraste favorise naturellement les orages. Toutefois, les spécialistes soulignent que le
changement climatique pourrait, à long terme, accentuer l’intensité de certains épisodes extrêmes, même si un événement isolé ne suffit pas à l’affirmer.
Concernant l’évolution des prochains jours, les conditions resteront relativement instables, avec des averses orageuses possibles, notamment sur les reliefs et les régions centrales, à mesure que le
système dépressionnaire se déplace vers le centre du pays.
Une amélioration progressive est toutefois attendue en début de semaine prochaine. Avec l’affaiblissement de ce système et le retour de
conditions anticycloniques, le temps devrait redevenir plus stable sur l’ensemble du territoire.
Ainsi, ces épisodes illustrent parfaitement la dynamique du printemps : une saison où le temps peut changer rapidement, passant d’un ciel calme à des
orages parfois intenses en quelques heures.