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Pluies torrentielles dans le nord : Les explications de Houcine Youabed sur un hiver historique

Porté par des rivières atmosphériques venues des tropiques, le nord du Maroc a enregistré des cumuls de pluie records entre septembre et début février. À Tanger, les précipitations ont dépassé 1.500 mm, un niveau inédit depuis des années. Selon Houcine Youabed, responsable de la communication à la Direction générale de la météorologie (DGM), les dépressions « Leonardo » et « Marta » ont amplifié ces épisodes, avec un nouveau front perturbé attendu dans les prochains jours.

11 Février 2026 À 12:30

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Du 1er au 9 février 2026, les régions du nord du Maroc, notamment Tanger, Chefchaouen, le bassin du Loukkos et l’ouest du Rif, ont connu des précipitations d'une intensité rarement observée. « Ces précipitations sont liées à la formation de rivières atmosphériques venues des régions tropicales, qui ont transporté une forte humidité jusqu’au nord du Royaume », explique Houcine Youabed, responsable de la communication à la DGM.

Leonardo et Marta, deux dépressions marquantes

La situation météorologique de ces dernières semaines a été marquée par deux systèmes dépressionnaires d’envergure, "Leonardo", qui a touché le pays à partir du 4 février, suivi par "Marta", active le week-end des 7 et 8 février. Ces deux perturbations ont successivement renforcé l’activité pluviométrique dans une large partie nord du territoire.

Le 9 février, les données consolidées montrent un cumul mensuel atteignant déjà quatre à cinq fois la normale saisonnière pour certaines localités : à Tanger, 1.500 mm ont été enregistrés depuis le début de la saison pluvieuse en septembre, contre une moyenne annuelle située autour de 400 à 500 mm pour la région, soit trois à quatre fois le cumul moyen observé sur une année entière.

Une répartition inégale des précipitations

L’essentiel des précipitations s’est concentré sur l’arc atlantique nord et les régions montagneuses du Rif occidental. Outre Tanger, la région de Chefchaouen a elle aussi connu des cumuls très élevés, dépassant les 700 mm depuis le début de l’année hydrologique. À l’inverse, les zones du centre et du sud du Maroc sont restées largement à l’écart de ces épisodes pluvieux.

Une accalmie temporaire avant un nouveau front

Selon les prévisions de la DGM, une brève période d’accalmie est attendue jeudi et samedi. Toutefois, un nouveau front perturbé, moins intense que les précédents, devrait toucher le nord du Royaume à partir de vendredi. Les précipitations seront modérées à localement soutenues dans les régions de Tanger, du Rif et du Loukkos, tandis que les autres régions connaîtront des averses plus éparses, voire aucune précipitation au sud.

« À partir de dimanche, le retour du haut anticyclone des Açores devrait stabiliser les conditions météorologiques sur l’ensemble du pays », précise Houcine Youabed.

Vers un soulagement des tensions hydriques ?

Alors que le Maroc connaît depuis plusieurs années un déficit hydrique préoccupant, cet épisode pluvieux pourrait soulager temporairement les réserves en eau dans certaines régions. Toutefois, la distribution inégale des pluies et leur concentration sur des périodes courtes posent des défis en matière de gestion des ressources hydriques et de prévention des risques d’inondation.

L’hiver 2025-2026 s’annonce comme l’un des plus arrosés qu’ait connu le nord du Maroc depuis plusieurs décennies. Si ces pluies abondantes apportent un espoir pour les nappes phréatiques et les barrages, elles rappellent également la vulnérabilité croissante du pays face aux extrêmes climatiques, accentuée par le changement global.
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