Hajjar El Haïti
03 Juin 2026
À 20:15
Près de 520.000 candidats sont inscrits à la session du
baccalauréat 2026, dont environ 420.000 élèves scolarisés et 100.000 candidats libres, selon les données communiquées par le ministère de l’Éducation nationale. Cet effectif marque une hausse d’environ 25.000 candidats par rapport à l’année précédente.
Les
épreuves débutent ce jeudi 4 juin dans un contexte météorologique marqué par des températures élevées dans plusieurs régions du pays, une situation qui suscite des préoccupations sur les conditions de passation et leurs effets sur les performances des candidats.
Dr Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé, alerte sur ce qu’il qualifie de «double peine sanitaire et pédagogique», liée à la superposition des examens et des épisodes de canicule. Il estime que ces conditions peuvent altérer directement les capacités cognitives des élèves. Selon lui, «le cerveau est saturé par ses efforts de thermorégulation pour évacuer la chaleur du corps, ce qui réduit la mémoire de travail, la concentration et la vitesse de traitement». Il ajoute que les nuits chaudes, lorsqu’elles dépassent certains seuils, entraînent une «dette de sommeil» susceptible d’affecter la récupération entre les épreuves.
Le spécialiste évoque aussi des
risques médicaux concrets, notamment la déshydratation, les céphalées, l’hypotension et, dans les cas extrêmes, le coup de chaleur, considéré comme une urgence médicale.
Sur le plan organisationnel, il insiste sur la
question de l’équité, estimant que les inégalités territoriales sont accentuées par les conditions climatiques, selon l’exposition des établissements et la qualité des infrastructures.
Mesures recommandées face à la chaleur
Le Dr Tayeb Hamdi propose un ensemble de recommandations visant à réduire les effets sanitaires et cognitifs liés aux
fortes chaleurs pendant les périodes d’examen.
Sur le plan immédiat, il insiste d’abord sur l’importance de
l’hydratation et de la prise en charge des élèves, avec la
mise à disposition d’eau, de dispositifs de brumisation, ainsi que de personnel et de kits de premiers secours dans les centres d’examen. Il recommande aussi une gestion adaptée de la chaleur dans les salles, reposant sur l’occultation des fenêtres durant la journée, une aération anticipée le matin et en fin de nuit, ainsi qu’un usage ciblé des ventilateurs. Selon lui, ces derniers ne seraient réellement efficaces que lorsque la température de la salle reste inférieure à 35°C, au-delà de laquelle leur utilisation pourrait devenir contre-productive.
Il souligne, par ailleurs, l’importance des
conditions de récupération à domicile, en appelant à une organisation du cadre de vie permettant aux candidats de mieux dormir et de récupérer entre les épreuves, afin de limiter l’impact de la fatigue thermique sur les performances.
À plus long terme, ses recommandations s’inscrivent dans une approche de
politique publique élargie, applicable non seulement au baccalauréat mais à l’ensemble des examens, concours et périodes d’enseignement durant les épisodes de chaleur. Il plaide ainsi pour une modernisation du bâti scolaire orientée vers le «confort d’été», intégrant notamment l’isolation des toitures, l’installation de brise-soleil et la végétalisation des espaces pour favoriser l’évapotranspiration. Il évoque aussi la nécessité d’une réforme du calendrier scolaire afin de l’adapter aux
contraintes climatiques, d’une régionalisation des dates d’examen selon les spécificités locales, ainsi que d’une plus grande flexibilité des horaires.