Depuis plusieurs mois, un même phénomène traverse les
réseaux sociaux au Maroc. De jeunes adultes y revisitent leur enfance et décrivent une
éducation marquée par la peur, l’obéissance sans discussion et le silence des émotions. Leurs récits, largement partagés, suscitent des milliers de réactions et nourrissent un débat devenu générationnel. Au fil des publications, une idée s’impose : rompre avec ce modèle dit «classique». Beaucoup plaident pour une éducation fondée sur la confiance, l’écoute et la proximité. Des psychologues et des sociologues amplifient ce mouvement, alertant sur les effets durables d’une éducation strictement autoritaire : estime de soi fragilisée, difficulté à gérer les conflits, rapport anxieux à l’autorité. Mais à mesure que ce discours gagne en visibilité, un autre malaise s’exprime, plus discret.
Dans les groupes de parents et les discussions privées, certains disent se sentir désorientés. «On m’a dit d’être bienveillante, d’écouter... mais quand mon fils refuse d’obéir, je ne sais plus comment faire respecter les règles sans crier», confie Karima, mère de deux enfants à Casablanca. À Rabat, Amine, père d’un adolescent de 14 ans, partage le même doute : «Je ne veux pas reproduire ce que j’ai vécu, mais si je ne suis pas ferme, j’ai l’impression de perdre toute autorité». Entre rejet de l’autoritarisme et crainte du laxisme, les
parents marocains semblent donc pris dans une tension nouvelle. Faut-il rompre définitivement avec l’éducation fondée sur l’autorité verticale et la discipline stricte ? Ou faut-il interroger une modernité éducative parfois perçue comme trop permissive ? Derrière ces interrogations se dessine une question plus profonde : comment transmettre des repères dans un Maroc hyperconnecté, exposé à de nouveaux discours psychologiques, tout en restant fidèle à ses valeurs culturelles et familiales ?
Une tiktokeuse marocaine raconte récemment l’enfance qu’elle a vécue aux côtés de parents « toxiques », à mille lieues de l’image idéalisée des photos de famille. En quelques heures, les commentaires d’internautes marocains se transforment en exutoire collectif. « Moi aussi », « chez moi c’est pire », « je vis encore avec eux »… Des confidences brèves mais massives qui fissurent un mythe profondément ancré, celui de parents forcément protecteurs. Ce qui se murmurait jusque-là surgit au grand jour et impose une question sociale frontale : que devient-on quand la maison n’est pas un refuge ? Pour comprendre cette parole qui se libère et décrypter, dans le contexte marocain, ce qu’est réellement un parent toxique, les moyens de s’en protéger et les chemins de reconstruction, Le Matin a interrogé Fouad Yaakoubi, psychologue social, qui en analyse les mécanismes et les répercussions.
Une opposition qui masque la réalité
Les experts que nous avons contactés dans le cadre de ce dossier estiment que le débat est souvent mal formulé. «Parler d’une opposition stricte entre éducation "classique” et "moderne” relève d’une vision réductrice des deux modes d’éducation», souligne Adil Tamim, professeur universitaire et psychopédagogue, responsable du Master ingénierie de la formation, didactique et communication et directeur adjoint du Laboratoire de recherche en didactique, langues, intelligence artificielle et communication. Notre expert appelle, en effet, à analyser avec nuance les avantages et les limites de chaque modèle et revenir aux fondements de chaque approche.
L’éducation dite classique, explique-t-il, s’inscrit dans un modèle transmissif centré sur la reproduction des normes, la transmission des valeurs et le respect d’une hiérarchie claire entre l’adulte et l’enfant. Dans cette logique, l’expérience de l’aîné est perçue comme structurante et protectrice. À l’inverse, poursuit Pr Tamim, l’approche plus moderne met davantage l’accent sur la compréhension du fonctionnement émotionnel de l’enfant, la construction de la confiance en soi et la communication empathique. Si ce modèle a gagné en visibilité, c’est aussi parce qu’il s’est imposé «dans un contexte profondément transformé : urbanisation accélérée, infobésité, mutation du rapport à l’école et à l’autorité, sans oublier la révolution numérique portée par les générations Z et Alpha», soulignant que chaque modèle possède ses spécificités et répond à une réalité donnée. Notre expert tient à attirer l’attention sur le fait que ce qui évolue réellement n’est pas l’intention de l’éducation, celle de former des adultes responsables, mais la manière d’y parvenir. Autrement dit, l’objectif demeure ; seuls les chemins divergent.
Fort de son expérience, Pr Tamim observe d’ailleurs que la plupart des parents, au Maroc comme ailleurs, cherchent aujourd’hui à concilier les deux approches, souvent sans les nommer explicitement. Cet équilibre leur apparaît aujourd’hui indispensable, notamment dans un contexte marqué par l’omniprésence des écrans, qui transforme en permanence la dynamique familiale. «Les parents savent qu’ils ont affaire à une génération ultra-connectée. Ils tentent donc d’établir un équilibre pragmatique entre les deux modes d’éducation, un équilibre adapté à leur environnement et à leur situation socioéconomique», précise-t-il. Reste à savoir si cet équilibre, présenté comme une voie médiane rassurante, est réellement facile à mettre en œuvre au quotidien.
Les défis quotidiens pour concilier fermeté et bienveillance !
Nous avons interrogé une dizaine de parents, à Casablanca, Rabat et Mohammedia, afin de comprendre si cet équilibre entre fermeté et bienveillance est réellement facile à instaurer au quotidien. Leurs témoignages montrent que la difficulté tient moins à un refus du changement qu’à une accumulation de tensions, que l’on peut regrouper en trois grands ensembles :
1. La pression de l’entourage et de la famille élargie : au Maroc, comme dans de nombreuses sociétés où la famille élargie joue un rôle central, les choix éducatifs des parents sont rarement isolés. Grands-parents, oncles, tantes ou voisins observent, conseillent et parfois critiquent. Ainsi, lorsque les parents adoptent une approche plus bienveillante et plus flexible, ces remarques peuvent créer un sentiment de doute ou de culpabilité. Dans certains cas, cette pression ne se limite pas aux critiques, elle s’exerce aussi par les comparaisons et les attentes implicites. Les parents entendent donc parler d’autres enfants «bien élevés» selon des standards traditionnels et peuvent se sentir jugés lorsqu’ils ne suivent pas ces modèles. Cela conduit à des tensions au sein du foyer, où il devient difficile de maintenir une ligne éducative cohérente.
2. Le manque de temps et la charge mentale : les rythmes professionnels soutenus, notamment en milieu urbain, la multiplication des trajets, ainsi que des horaires étendus et parfois imprévisibles, réduisent considérablement le temps disponible pour un accompagnement éducatif posé et réfléchi. À cette contrainte s’ajoute la pression invisible liée à la gestion de nombreuses responsabilités, notamment le fait d’anticiper les besoins scolaires, sociaux et médicaux des enfants, coordonner les activités familiales et répondre aux sollicitations numériques constantes. Cette charge mentale épuise et rend difficile le maintien d’une constance éducative. Plusieurs parents reconnaissent ainsi qu’en l’absence d’énergie suffisante, ils alternent entre une souplesse excessive pour «éviter le conflit» et une fermeté brusque dictée par la fatigue. L’équilibre recherché se trouve alors fragilisé, non par manque de conviction, mais par l’usure et la complexité du quotidien familial.
3. Le poids de l’éducation reçue et le manque d’outils pratiques : même avec la volonté de rompre avec l’autoritarisme, des réflexes anciens réapparaissent souvent dans les moments de tension, notamment les cris, les menaces, les sanctions immédiates ou la rigidité excessive. Cette transmission inconsciente des pratiques reçues montre combien il est difficile de s’affranchir d’un cadre éducatif appris dès l’enfance. À cela s’ajoute le manque d’outils concrets pour traduire la bienveillance en actions efficaces. Si les parents adhèrent au principe du dialogue, ils se sentent parfois démunis face aux crises, aux refus répétés d’obéir ou aux conflits entre frères et sœurs.
Pour autant, ces obstacles ne signifient pas que l’équilibre entre fermeté et bienveillance soit impossible. Les experts sont convaincus qu’avec des repères clairs, des décisions cohérentes et une communication constante, il est possible de conjuguer autorité et écoute.
Réinventer l’éducation : sortir de la peur et accepter l’imperfection
Hassan Baha, professeur universitaire, spécialiste en sociologie de la communication et des médias, est convaincu que la clé d’une éducation réussie réside dans une communication non violente, centrée sur les besoins de l’enfant. Pour lui, éduquer ne consiste pas à opposer hier et aujourd’hui, ni à comparer les enfants entre eux : il s’agit de bâtir un cadre quotidien cohérent, capable de protéger sans étouffer et de guider sans dominer. Cette démarche commence par la reconnaissance de l’unicité de chaque enfant, car comme le souligne le professeur Hassan Baha, «deux enfants d’une même famille ne réagissent pas de la même manière aux mêmes règles, et leurs besoins spécifiques exigent des réponses adaptées». Ainsi, comprendre ces différences permet aux parents de choisir un mode éducatif respectueux de l’enfant tout en maintenant une structure nécessaire à son développement.
Notre interlocuteur insiste, toutefois, sur le fait que quelle que soit la méthode adoptée, il est aujourd’hui urgent de rompre avec l’héritage de «la carotte et du bâton». «Fondé sur récompenses, punitions et jugements, ce modèle nourrit la comparaison et la compétition entre enfants, fragilisant leur estime de soi et leur sécurité psychique», alerte-t-il, précisant que dans ce cadre rigide, l’enfant se retrouve souvent contraint : se soumettre par peur ou réagir par rébellion, parfois violente, pour exprimer un besoin fondamental non entendu. Pour dépasser ce dilemme, Pr Hassan Baha recommande de substituer la coopération à la peur, en adoptant un lâcher-prise conscient.
L’expert note, également, que l’éducation de l’enfant passe aussi par un travail sur soi, notant que les parents doivent se permettre le droit à l’erreur, accepter que toutes les décisions ne soient pas parfaites et cesser de craindre l’avenir. «Ce n’est pas la rigidité, mais la présence sereine et épanouie des parents qui offre aux enfants un cadre sécurisant, leur permettant de grandir confiants et responsables», explique-t-il. Dans cette perspective, il ajoute que même l’omniprésence des écrans et des réseaux sociaux, souvent perçue comme un obstacle, peut devenir un outil pour instaurer des moments d’échanges, de discussion et de complicité, lorsque les parents savent en tirer parti.
Ainsi, en combinant constance, adaptation aux besoins individuels, dialogue et lâcher-prise, ce qui apparaît à première vue comme un défi insurmontable peut se transformer en opportunité pour renforcer le lien familial et transmettre des valeurs de manière réfléchie et équilibrée. Finalement, l’enjeu n’est pas seulement de réussir l’éducation de chaque enfant : c’est de penser à un Maroc où la famille reste le cœur de transmission des valeurs, où les générations grandissent confiantes et responsables, capables de s’ancrer dans leurs racines tout en s’adaptant à un monde en mutation.
Déclaration du professeur universitaire, spécialiste en sociologie de la communication et des médias Hassan Baha : «L’organisation et la cohérence au sein du foyer peuvent offrir à l’enfant un cadre sécurisant, même lorsque les parents sont très occupés»
«Ces dernières années, les parents sont absorbés par leur travail, avec un rythme de vie épuisant. Pour compenser ce manque de temps, ils confient l’éducation de leurs enfants à d’autres : la crèche, l’école et les nurses. L’enfant se retrouve alors partagé entre plusieurs discours et différentes méthodes, ce qui impacte son fonctionnement psychique et crée un déséquilibre émotionnel. À ce manque de stabilité s’ajoute l’influence massive des écrans, d’Internet et de la rue. Cette influence extérieure s’immisce dans la vie de famille, imposant aux jeunes de nouvelles façons d’agir, souvent très éloignées des valeurs de leurs parents. Le résultat est alarmant et montre que les enfants grandissent seuls, comme des "herbes folles”, sans cadre ni protection. Le jour où l’enfant finit par se révolter ou mal se conduire, la famille se presse de le pointer du doigt. Elle oublie que ce comportement n’est que le résultat d’un environnement où l’enfant a manqué de repères solides et de présence. Pourtant, cette situation n’est pas une fatalité. L’organisation et la cohérence au sein du foyer peuvent offrir à l’enfant un cadre sécurisant, même lorsque les parents sont très occupés. Instaurer des routines claires, consacrer des moments réguliers d’échanges et de complicité, et harmoniser les messages entre les différents adultes qui s’occupent de lui permet de réduire le désordre émotionnel. L’objectif n’est pas la perfection, mais la constance : donner aux enfants des repères fiables tout en laissant de la place à la spontanéité et à la créativité. Une organisation réfléchie transforme ainsi un quotidien fragmenté en un environnement où l’enfant peut grandir confiant, et où les parents peuvent se sentir présents, sereins et pleinement impliqués dans son développement.»
Entretien avec le professeur universitaire et psychopédagogue, responsable du Master Ingénierie de la formation, didactique et communication et directeur adjoint du Laboratoire de recherche en didactique, langues, intelligence artificielle et communication Adil Tamim : «Un enfant a besoin d’un adulte solide, compréhensif, capable de dire non et de recadrer sans culpabilité»
Le Matin : Les nouvelles approches éducatives remettent en question l’autorité traditionnelle. S’agit-il d’une évolution nécessaire ou d’un risque de déséquilibre dans la transmission des repères ?
Pr Adil Tamim : Je dirais que l’enjeu majeur n’est pas du tout lié au rejet total de toute forme d’autorité, mais à sa reconfiguration. Beaucoup de parents aujourd’hui remettent en question ces approches dites positives sous prétexte qu’elles fragilisent la structure familiale et qu’elles sont moins porteuses en matière de développement du rendement scolaire de l’enfant. Une peur qui me semble légitime, surtout dans des sociétés où la famille et l’école restent des noyaux identitaires sans conteste. Néanmoins, la conscientisation de ladite parentalité positive ne se présente pas, me semble-t-il, sous la forme d’une autorisation ni d’un retrait de toutes les limites. Elle suggère plutôt de remettre en question l’autorité fondée sur la punition et systématiquement sur la peur en favorisant surtout l’aspect relationnel axé sur la responsabilisation. Cela peut être une évolution bénéfique, notamment dans un contexte où les enfants et les adolescents sont sujets à des facteurs multiples et ont besoin d’un cadre qui fasse sens pour eux, priorisant désormais l’accompagnement et la motivation au détriment de la punition et de la culpabilisation. Le souci majeur se fait sentir lorsque ces notions et ces approches dites modernes sont extrapolées sans adaptation culturelle. Certaines interprétations réduisent la parentalité positive à une absence de «confrontation» ou à une négociation permanente, ce qui peut effectivement générer des dysfonctionnements au niveau de l’éducation équilibrée de l’enfant. Ce dernier a besoin d’un adulte solide, compréhensif, capable de dire non et de recadrer sans culpabilité. La question n’est plus donc exclusivement liée à l’autorité ou notamment à la bienveillance, mais en l’occurrence, comment conjuguer les deux de manière cohérente dans le cadre de ce que j’appelle souvent «une autorité bienveillante» comprise et ressentie incessamment par votre enfant.
Comment concilier respect des valeurs culturelles, cadre et discipline avec les besoins émotionnels et l’autonomie de l’enfant ? Cette conciliation commence souvent par un changement de postures. La valorisation des émotions et du ressenti de l’enfant ne remet pas en cause les valeurs familiales. Cela permet simplement de rendre ces valeurs compréhensibles à travers la communication assertive. Par exemple, le respect des aînés, profondément ancré dans la culture marocaine, peut être transmis non seulement à travers l’autorité et l’exigence, mais aussi par l’intermédiaire de l’explication et de l’exemplarité. Je pense à ce niveau que l’éducation implicite, souvent circonscrite dans le socle de socialisation, façonne de manière significative le comportement de l’enfant quand on l’expose régulièrement à un «modeling» transmis par l’environnement familial, social ou scolaire sans instruction verbale directe. Concrètement, il s’agira de distinguer ce qui relève du non négociable, notamment la sécurité, la politesse, le respect d’autrui, les règles de vie collective, de ce qui pourrait évoluer progressivement avec l’âge et le développement de la personnalité de l’enfant. L’optimisation de l’autonomie ne signifie pas qu’on laisse l’enfant décider de tout ; mais surtout lui offrir des espaces où il peut tenter, expérimenter, se tromper et donc apprendre à faire ses propres choix et forger sa propre épée. Beaucoup de familles découvrent que le dialogue n’affaiblit pas le cadre, bien au contraire, quand l’enfant comprend et conscientise le sens d’une règle, il l’intègre plus durablement ; car les choses qu’on impose partent rapidement. La discipline cesse alors d’être vécue comme une contrainte extérieure pour devenir progressivement une forme d’autodiscipline.
Quels repères concrets pourriez-vous proposer aux parents pour trouver un juste milieu, sans tomber ni dans l’autoritarisme excessif ni dans le laxisme ? Plutôt que des recettes toutes faites, je proposerais quelques pistes d’action issus de situations concrètes observées sur le terrain :
• Dire peu de règles et de restrictions, mais y tenir vraiment, car l’excès de conseils et/ou de restrictions (surcharge éducationnelle) rend le traitement et l’intériorisation difficiles et altère la prise de décision. Les enfants s’adaptent mieux à des consignes claires qu’à une multitude d’interdictions changeantes selon l’humeur de l’éducateur.
• Procéder progressivement implique d’emblée le fait de ne pas vouloir tout inculquer illico presto, mais d’accompagner l’enfant en respectant son rythme biologique et psychologique tout en procédant par priorités.
• Dans la même logique, penser à pratiquer ce que j’appelle souvent «l’ignorance stratégique» en fermant les yeux sur certains comportements qui ne vous paraissent pas prioritaires (maladresses, petites oppositions, bruits, rires, etc.). Cela relève d’une stratégie réfléchie évitant le focus sur les aspects négatifs et les luttes de pouvoir inutiles, et de de prioriser, par la même occasion, les règles essentielles tout en préservant votre énergie et celle de votre enfant pour des règles de sécurité, d’apprentissage et de respect beaucoup plus importantes.
• Différencier clairement entre le comportement inadéquat et la personne. On peut se permettre de refuser un acte sans pour autant rabaisser ou diminuer la valeur de l’enfant. Cette nuance impacte de manière significative la qualité de la relation avec votre enfant et protège sa santé mentale.
• Être conscient que la fermeté puisse être calme. Élever la voix n’est pas toujours la bonne manière d’exercer son autorité ; une parole posée et constante est souvent beaucoup plus efficace.
• Ne pas se lasser de la répétition, tout comme à la traditionnelle, pour pouvoir installer ou maintenir un comportement. Des enfants auraient besoin qu’on leur restitue parfois pendant une dizaine de fois avant qu’ils ne conscientisent une pratique, une attitude ou un comportement quelconque. Il est donc essentiel d’admettre et d’assumer l’imperfection chez un enfant en procédant par des approximations successives avant d’aboutir à un comportement complet. Une chose évidente, aucun parent ne trouve l’équilibre parfait en permanence.
• Prendre du recul et observer avant de réagir au niveau de la gestion des conflits et des situations délicates. Beaucoup de conflits familiaux naissent d’une fatigue accumulée chez l’enfant comme chez le parent. Systématiquement, prendre quelques secondes pour comprendre le contexte pourrait aider à modérer et à modifier une réaction disproportionnée. Au fond, la quête du juste milieu est le reflet d’une réalité qui s’impose tout en favorisant régulièrement une forme d’«autorité bienveillante», d’écoute et de communication non violente. Chaque famille se compose avec son histoire, ses valeurs et les défis de son époque. A priori, l’éducation ne se résume pas à choisir de manière dichotomique entre tradition et modernité ; elle consiste néanmoins à instaurer un dialogue serein, empathique et responsabilisant au quotidien.