Société

La fécondité au Maroc est tombée à 1,97 enfant par femme (étude)

Sept femmes mariées sur dix au Maroc utilisent aujourd’hui une contraception. Ce chiffre ne raconte pas seulement une évolution médicale ou démographique, mais une transformation profonde de la famille marocaine. Les couples font moins d’enfants, maîtrisent davantage les naissances et avancent dans un contexte où élever un enfant demande plus de moyens, de temps et de stabilité. Selon une étude de l’Institut national français d’études démographiques, la fécondité au Maroc est tombée à 1,97 enfant par femme, sous le seuil de remplacement des générations, annonçant un nouvel équilibre démographique pour le pays.

01 Juin 2026 À 11:21

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D’après une étude publiée récemment par l’Institut national français d’études démographiques, le nombre moyen d’enfants par femme au Maroc est descendu à 1,97 en 2024. Le Royaume passe ainsi sous le seuil de remplacement des générations, fixé à 2,1 enfants par femme. En dessous de ce niveau, la population se renouvelle moins vite, ce qui peut entraîner une baisse progressive du nombre de naissances.

Le Maroc se distingue ainsi de ses voisins maghrébins par une baisse continue de sa fécondité. Contrairement à l’Algérie et à la Tunisie, qui ont connu des périodes de remontée au cours des années 2000 et 2010, le Royaume a suivi une trajectoire plus régulière, sans véritable rebond.

L’étude explique cette évolution notamment par le recours croissant à la contraception. Au Maroc, 70% des femmes mariées âgées de 15 à 49 ans utilisent une méthode contraceptive, contre environ 40% dans les années 1990. Les méthodes modernes progressent aussi fortement, avec 58% des femmes mariées concernées, notamment à travers la pilule, le stérilet, les injections, l’implant ou la stérilisation.

Cette progression permet de mieux comprendre la baisse de la fécondité marocaine. Elle ne s’explique pas principalement par un mariage plus tardif des femmes. Au contraire, l’âge moyen des femmes au premier mariage est passé de 26,3 ans en 2004 à 24,6 ans en 2024. Chez les hommes, il est passé de 31,2 à 32,4 ans sur la même période.

Autrement dit, les femmes marocaines ne se marient pas plus tard. Ce sont surtout les couples qui font moins d’enfants et maîtrisent davantage les naissances. Au Maroc, le pic de fécondité reste concentré chez les femmes âgées de 25 à 29 ans, tandis que l’âge moyen à la maternité demeure stable, autour de 30 ans.

Cette transformation renvoie aussi à un contexte social plus large. Le coût de la vie, l’éducation des enfants, l’allongement des études et les difficultés d’accès à l’emploi pèsent davantage sur les décisions familiales. Les couples ne se demandent plus seulement combien d’enfants ils veulent avoir, mais aussi dans quelles conditions ils peuvent les élever.

Cette baisse de la fécondité aura également des effets sur l’avenir démographique du Maroc. En 2024, les personnes âgées de 60 ans et plus représentent déjà 13,8% de la population. Avec moins de naissances, le vieillissement devrait s’accélérer dans les prochaines années, ce qui pèsera sur les besoins en santé, retraite, emploi et protection sociale.
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