Société

Le taux de prévalence du handicap au Maroc atteint 8,7 % en 2026

Le taux de prévalence du handicap au Maroc a atteint 8,7 % en 2026, dont 2,3 % souffrant d’un handicap sévère, a indiqué, jeudi à Rabat, le Secrétaire d'État chargé de l'Insertion sociale, Abdeljebbar Rachidi.

04 Septembre 2026 À 09:03

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Lors d’une conférence de presse consacrée à la présentation du bilan préliminaire des résultats de la troisième enquête nationale sur le handicap, Abdeljebbar Rachidi a souligné que ce taux a marqué une hausse de 1,9 point par rapport aux résultats de l'enquête réalisée en 2014, qui avait fixé à 6,8% la part des personnes en situation de handicap au Maroc.



Cette évolution s’explique principalement par l’introduction de nouveaux outils de classification du handicap dans le cadre de la troisième enquête nationale, notamment à travers l’inclusion des enfants âgés de 2 à 17 ans, l’adoption des normes du Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (Unicef), ainsi que la liste élargie du Groupe de Washington pour les adultes âgés de 18 ans et plus, a expliqué M. Rachidi, ajoutant que l'évolution se justifie également par le vieillissement croissant de la population.

Le secrétaire d’État a affirmé qu’environ 29% des ménages marocains comptent au moins une personne en situation de handicap, soulignant que ce chiffre revêt une importance sociale particulière, puisqu’il montre que les répercussions du handicap dépassent la personne concernée et touchent également sa famille, notamment en termes de soins, d’accompagnement et de coûts directs et indirects. À cet égard, il a relevé que 65,6% des personnes en situation de handicap déclarent que les dépenses liées aux médicaments et aux produits pharmaceutiques restent à la charge de la famille.

S’agissant de la répartition par sexe, M. Rachidi a indiqué que les résultats de l'enquête, dont la réalisation a débuté en janvier 2026, montrent que les femmes en représentent 53,6 %, contre 46,4 % pour les hommes. Il a également précisé que 60,5 % de cette catégorie de la population vit en milieu urbain, contre 39,5 % en milieu rural, d'où la nécessité de passer d’une politique unifiée à des stratégies mieux ciblées, tenant compte des besoins réels de chaque territoire.

La troisième enquête nationale sur le handicap vise à actualiser les indicateurs relatifs à la prévalence du handicap au Maroc, à analyser les conditions de vie de cette catégorie et à identifier les contraintes entravant son intégration socio-économique, tout en mesurant l'étendue de son accès aux services sociaux, à l'enseignement, à l'emploi, à la protection sociale, outre la mise en place d'indicateurs pour l'élaboration d'une politique publique intégrée pour la promotion de ses droits, a-t-il fait savoir.

Selon le document de présentation du bilan préliminaire, cette troisième enquête a connu un élargissement de la taille de l'échantillon, passant d'environ 16.000 ménages en 2014 à 20.412 en 2026, ce qui renforce la production de données plus représentatives, d'autant plus qu'il a été procédé à l'adoption d’un cadre cartographique et d'un échantillon conçu selon des bases statistiques permettant de généraliser les résultats sur la population ciblée.

Sur le plan opérationnel, 47 équipes et 236 enquêteurs ont été mobilisés, alors que les équipes de terrain ont été formées et les outils de recherche ont été sélectionnés avant le lancement effectif, l'objectif étant d'améliorer la compréhension des questions et du cheminement logique du questionnaire et de garantir l'harmonisation des conditions d'application.

Sur un autre registre, il ressort des résultats de cette enquête que les attentes des personnes en situation de handicap et de leurs familles concernent principalement la garantie d'un accès effectif aux droits et aux services de base, notamment dans les domaines de la santé, de l'éducation et de l'emploi.

La présentation du bilan préliminaire des résultats de la troisième enquête nationale sur le handicap, réalisé par le Secrétariat d'État chargé de l'Insertion sociale, en partenariat avec le Haut-Commissariat au Plan (HCP), l'Observatoire National du Développement Humain (ONDH) et le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), a été marquée par la présence de plusieurs responsables, acteurs associatifs et intervenants dans le domaine.
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