LE MATIN
26 Mai 2026
À 12:10
Dans son rapport, l'
Academy of Medical Royal Colleges, organisation rassemblant les principales instances professionnelles de
médecins, estime que l'usage des
réseaux sociaux par les
enfants et les
jeunes constitue un enjeu de
santé publique, "au même titre que le
tabagisme et le port de la ceinture de sécurité en voiture".
Cyberharcèlement, chantage en ligne, jeux électroniques, données personnelles, liberté d’expression, responsabilité des plateformes… à mesure que les enfants investissent l’univers numérique, de nouvelles zones de vulnérabilité apparaissent, évoluant souvent plus vite que les mécanismes appelés à les encadrer. Le sujet ne se limite donc ni à la vigilance des parents, ni à la seule régulation technique. Il touche à la manière dont la famille, l’école, le droit et les institutions peuvent encore protéger les mineurs dans un espace mouvant, traversé par des risques qui circulent rapidement, franchissent les frontières et échappent parfois aux formes ordinaires de contrôle. Compte tenu de ces défis, juristes, éducateurs et acteurs associatifs ont tiré la sonnette d’alarme, appelant à une protection plus structurée des générations montantes. C’était lors d’une rencontre organisée à l’initiative de l’Organisation des pionniers-Enfants du Maroc, en partenariat avec le secteur des avocats du Parti du progrès et du socialisme. La protection que les participants appellent de leurs vœux doit être capable de tenir ensemble la prévention, l’encadrement juridique, la responsabilité des plateformes, l’éducation au numérique et les exigences de souveraineté digitale.
Parmi les 454 médecins interrogés, la moitié ont déclaré traiter au moins un enfant par semaine souffrant de
détresse mentale ou de
blessures physiques liées à des contenus en ligne. Ils disent également observer une "vague d'enfants radicalisés" en raison de leur exposition à des contenus "haineux, addictifs et extrêmement perturbants". Cette contribution intervient au dernier jour d'une consultation lancée en janvier par le gouvernement travailliste sur l'opportunité d'interdire au
Royaume-Uni les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, sur le modèle de l'
Australie.
Le Premier ministre
Keir Starmer doit rencontrer mardi des parents endeuillés qui estiment que les réseaux sociaux ont joué un rôle dans la mort de leurs enfants. L'ancien ministre de la Santé
Wes Streeting, concurrent potentiel de Keir Starmer à la direction du Parti travailliste et à Downing Street, s'est dit favorable à une interdiction des réseaux sociaux. "Je pense que ce que nous avons vu de la part des grandes entreprises technologiques s'apparente au comportement de l'
industrie du tabac", a-t-il accusé sur la radio de la BBC.
Mi-avril, Keir Starmer avait laissé entendre qu'il pourrait restreindre l'accès des
mineurs aux réseaux sociaux en raison des risques pour leur
sécurité, mais avait insisté sur le fait qu'il attendrait la fin de la consultation avant de prendre une décision définitive. Il n'a pas non plus exclu une éventuelle interdiction.
La ministre de la Technologie
Liz Kendall a indiqué que le gouvernement agirait d'ici "la fin de l'année" pour mettre en application le résultat de la consultation.