LE MATIN
25 Janvier 2026
À 11:30
Devenu, au fil des années, un rendez-vous incontournable, ce congrès réunit plus de 150 chercheurs et spécialistes internationaux, en collaboration avec le
Groupe d’étude et de recherche en cancérologie thoracique (GERCAT). Il vise à favoriser l’échange d’expertises et d’expériences cliniques autour de cette pathologie qui menace une large frange de la société, en particulier les
fumeurs.
Selon les spécialistes, le
tabagisme n’est pas simplement une mauvaise habitude, mais une maladie chronique responsable de millions de décès à travers le monde. Face à cette situation alarmante, les
médecins, notamment les spécialistes du
cancer du poumon, tirent la sonnette d’alarme. Ils constatent que de nombreux patients, principalement des fumeurs, consultent à des stades très avancés de la maladie, rendant toute intervention chirurgicale impossible. Le recours se fait alors à d’autres
options thérapeutiques, telles que les traitements systémiques, l’immunothérapie ou la radiothérapie, afin de tenter de stabiliser la maladie.Le professeur
Ali Tahri, spécialiste en radiothérapie et président du congrès, souligne que l’organisation de cette édition constitue un tournant décisif dans la lutte contre les cancers thoraciques.
Il précise : «Nous avons l’honneur d’accueillir des oncologues et des spécialistes de renommée internationale afin de débattre de l’importance du diagnostic précoce, qui joue un rôle déterminant dans le contrôle de la maladie et dans sa prise en charge dès les premiers stades. Aujourd’hui, les chiffres sont alarmants : entre 75 et 80% des patients sont diagnostiqués à des stades très avancés, ce qui complique considérablement les
traitements et limite le recours à la chirurgie, augmentant ainsi les risques de progression de la maladie».
Ce congrès constituera également une plateforme de débats et de partage de connaissances à travers des ateliers pratiques. L’objectif est de proposer des solutions pour freiner la progression de la maladie, notamment par la sensibilisation à l’importance du dépistage précoce et de l’arrêt du tabac, principal facteur de risque du cancer du poumon. Ces actions s’inscrivent dans le cadre de la Stratégie nationale de lutte contre le tabagisme au Maroc, en collaboration avec le Registre des cancers du Grand Casablanca.
À ce titre, le professeur
Abdellatif Benider, président de l’Association marocaine des registres des cancers (AMRC), présentera les dernières données statistiques. Le congrès verra également la participation de l’expert français B. Bottet, qui partagera avec les médecins marocains son expérience dans l’utilisation de la chirurgie robotique.Selon le professeur Tahri, l’un des axes majeurs du congrès portera sur le
concept d’oligoprogression, désignant un cancer à progression limitée, où la tumeur demeure globalement contrôlée par le traitement. Les ateliers mettront également l’accent sur une thématique essentielle : la responsabilité médicale sur le plan juridique, abordée par des experts en droit.
L’événement rendra hommage à des personnalités éminentes, reconnues pour leur engagement dans la lutte contre les maladies respiratoires et les cancers. Cet hommage concerne notamment le professeur Mohamed Bartal et le professeur
Abdelouahed Kahlain, pour leur contribution scientifique et associative dans ce domaine.
De son côté, le docteur
Azzeddine Mohammadi, spécialiste en pneumologie, souligne que l’organisation de ces rencontres s’inscrit dans le cadre de la formation médicale continue. Elles permettent aux praticiens de rencontrer les plus grands experts internationaux et de débattre des techniques thérapeutiques les plus récentes, renforçant ainsi les capacités à contenir la maladie dès ses débuts et à améliorer sa prise en charge.
Il rappelle enfin que la clé du
traitement du cancer du poumon réside dans la lutte antitabac et le dépistage précoce, précisant que près de 80% des patients atteints de cancers thoraciques n’ont pas bénéficié d’un diagnostic à un stade précoce.