Société

Publicité pharmaceutique : l’Agence du médicament impose des règles plus strictes

L’Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS) a publié une nouvelle ligne directrice visant à encadrer la publicité des médicaments à usage humain, dans un souci de transparence, de sécurité sanitaire et de régulation des pratiques promotionnelles.

30 Mars 2026 À 12:10

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Le Maroc franchit une nouvelle étape dans la régulation du secteur pharmaceutique. À travers une ligne directrice publiée début mars, l’Agence marocaine du médicament et des produits de santé (AMMPS) fixe un cadre plus précis pour la publicité des médicaments, avec pour objectif de garantir une information fiable, encadrée et conforme aux exigences de santé publique.

Ce nouveau cadre s’inscrit dans l’application de la loi n°17-04 relative au code du médicament et de la pharmacie, ainsi que du décret n°2.24.346 sur le visa de publicité . Il vise à préciser les conditions et exigences applicables à la publicité des médicaments à usage humain, en encadrant les pratiques des établissements pharmaceutiques et des acteurs impliqués dans la conception et la diffusion des messages promotionnels. Le document rappelle que la publicité des médicaments constitue un domaine strictement encadré en raison de son impact sur la santé publique. À ce titre, tout message doit être conforme aux dispositions réglementaires en vigueur et respecter des principes fondamentaux, notamment garantir une information exacte, objective et non trompeuse . Dans cette logique, l’AMMPS insiste sur le respect strict des données validées dans l’Autorisation de mise sur le marché (AMM) et le Résumé des caractéristiques du produit (RCP). Les messages publicitaires doivent ainsi rester alignés sur ces références et ne pas en dépasser le contenu, afin de promouvoir un usage rationnel du médicament et d’éviter toute interprétation erronée par le public ou les professionnels de santé

Un encadrement renforcé de la communication pharmaceutique

Au cœur de ce dispositif, la volonté d’assurer une information « exacte, objective et non trompeuse » sur les médicaments. La publicité, rappelle le document, ne peut concerner que des produits ayant obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) et doit strictement respecter les données scientifiques validées .

Toute dérive est clairement proscrite : il est notamment interdit de suggérer qu’un médicament est dépourvu d’effets indésirables, d’exagérer ses bénéfices ou de présenter l’acte médical comme inutile. L’objectif affiché est de promouvoir un usage rationnel des médicaments et de préserver la sécurité des patients.

Des règles différenciées selon les publics

La ligne directrice distingue deux cadres : la publicité destinée aux professionnels de santé et celle adressée au grand public. Pour les professionnels, les campagnes doivent être déclarées à l’AMMPS au moins quinze jours avant leur diffusion, accompagnées d’un dossier complet incluant les caractéristiques du produit et les supports promotionnels .

S’agissant du grand public, la réglementation se veut plus stricte. La publicité n’est autorisée que pour les médicaments non soumis à prescription et non remboursés, et reste conditionnée à l’obtention préalable d’un visa délivré par l’Agence. Ce visa est accordé pour une durée d’un an et peut être retiré en cas de non-conformité ou de risque pour la santé publique.

Le texte insiste également sur la rigueur des messages diffusés. Toute publicité doit mentionner clairement l’usage thérapeutique du médicament, sa posologie et ses conditions d’utilisation, sans ambiguïté ni simplification excessive. Les supports visuels, les statistiques ou encore les allégations doivent refléter fidèlement les données validées. Les exemples fournis dans la ligne directrice illustrent les dérives à éviter, notamment les messages trop génériques ou les promesses de résultats exagérés .

Cette nouvelle ligne directrice prend également en compte l’évolution des modes de communication, notamment digitaux et audiovisuels. Elle vise à harmoniser les pratiques dans un contexte où la frontière entre information et publicité devient parfois floue. En renforçant ce cadre, l’AMMPS entend mieux contrôler les contenus diffusés et adapter la régulation aux nouveaux supports, y compris les réseaux sociaux et les plateformes numériques.

Une priorité : la protection du patient

Au-delà des aspects techniques, le texte rappelle que la publicité des médicaments ne peut être dissociée des enjeux de santé publique. Elle doit contribuer à une meilleure compréhension des traitements, sans induire en erreur ni encourager des usages inappropriés. À travers cette initiative, les autorités sanitaires marocaines cherchent ainsi à concilier accès à l’information et exigence de sécurité, dans un secteur où les enjeux médicaux, économiques et éthiques demeurent étroitement liés.
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