Société

Ordre des médecins : le secteur privé réclame une représentation plus équilibrée

Réunis au sein d’une Alliance regroupant les principales organisations représentatives de la médecine libérale et des cliniques privées, les professionnels du secteur appellent à une révision de la Loi encadrant l’Ordre national des médecins. Ils réclament notamment une représentation plus équilibrée du secteur privé, le renforcement des prérogatives des conseils régionaux et la relance du processus électoral de l’Ordre.

24 Juin 2026 À 17:39

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Le débat autour de la gouvernance de l’Ordre national des médecins refait surface. Les principales Organisations représentant les médecins du secteur privé et les établissements de santé privés ont annoncé une série de propositions visant à réformer la Loi n°08.12 relative à l’Ordre national des médecins et à débloquer le processus électoral de ses instances dirigeantes.

Réunis le 16 juin dernier dans le cadre d’une assemblée générale ayant rassemblé plus de 400 médecins, le Rassemblement syndical national des médecins spécialistes du secteur privé, le Syndicat national des médecins du secteur libéral, le Syndicat national de la médecine générale et l’Association nationale des cliniques privées ont présenté une plateforme commune de revendications. Les signataires inscrivent leur démarche dans le cadre de leur soutien au Chantier Royal de la protection sociale et à la généralisation de la couverture sanitaire. Ils estiment toutefois que l’absence d’élections au sein de l’Ordre national des médecins freine son implication dans les réformes en cours, notamment celles liées à la régionalisation avancée et à la mise en place des Groupements sanitaires territoriaux.

Pour les représentants du secteur privé, la réforme de la Loi 08.12 constitue désormais un préalable indispensable pour permettre à l’Ordre de jouer pleinement son rôle dans l’accompagnement des transformations que connaît le système national de santé. Parmi les principales propositions avancées figure l’adoption d’un mode de scrutin par collèges. Les Organisations professionnelles souhaitent que chaque catégorie de médecins élise ses propres représentants, qu’il s’agisse du secteur public, du secteur universitaire ou du secteur libéral. Elles demandent, également, que la moitié des sièges au sein des instances ordinales soit réservée aux médecins du secteur privé, rappelant que celui-ci représente près de 17.000 praticiens sur les quelque 32.000 médecins exerçant au Maroc. Les signataires plaident, par ailleurs, pour le renforcement de la représentativité et du fonctionnement institutionnel de l’Ordre.

À ce titre, ils insistent sur l’obligation de s’acquitter des cotisations pour pouvoir voter, se présenter aux élections ou bénéficier pleinement des droits liés à l’adhésion. Selon eux, cette mesure contribuerait à consolider les ressources de l’institution et à améliorer son efficacité. Autre revendication majeure : l’approfondissement de la régionalisation de l’Ordre. Les Organisations appellent à accorder une autonomie administrative et financière accrue aux conseils régionaux afin qu’ils puissent assumer pleinement leurs missions, notamment en matière d’éthique professionnelle et de régulation de l’exercice médical. Elles proposent ainsi que les conseils régionaux puissent gérer les deux tiers de leurs ressources financières, le tiers restant étant reversé à l’instance nationale. Enfin, l’Alliance médicale a annoncé son intention de présenter une requête à Sa Majesté le Roi Mohammed VI afin qu’Il désigne le président ou la présidente de l’Ordre national des médecins. À travers ces propositions, les représentants du secteur privé affirment vouloir contribuer à la modernisation de la gouvernance médicale et à une meilleure adaptation des structures ordinales aux évolutions que connaît aujourd’hui le système de santé marocain.
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