LE MATIN
09 Juillet 2026
À 16:16
Le
super-typhon « Bavi », qui retient l'attention de la communauté scientifique par son intensité exceptionnelle, est un nouveau rappel de l'accélération des dérèglements climatiques à l'échelle mondiale. Si ce type de phénomène ne menace pas directement le Maroc, les mécanismes qui en favorisent le développement touchent déjà le Royaume, à travers des épisodes météorologiques de plus en plus extrêmes.
Pour
Mustapha Benrimal, expert environnemental et président de l'
Association Al Manarat Écologiques, le
changement climatique n'est plus une menace à venir, mais une réalité qui impose d'accélérer les stratégies d'adaptation. Il explique, dans une déclaration à "Assahra Al Maghribia", que l'augmentation de la
température des océans et de l'atmosphère fournit davantage d'énergie aux
cyclones tropicaux, renforçant leur puissance, leur rapidité de développement et leur capacité à provoquer des pluies diluviennes ainsi que des vents destructeurs.
Selon lui, le super-typhon « Bavi » s'inscrit dans une succession de phénomènes extrêmes qui témoignent d'un système climatique de plus en plus instable. Il nuance toutefois certaines affirmations relayées à son sujet, estimant que le qualifier de « plus puissant de l'histoire » ne repose pas sur des bases scientifiques suffisamment établies.
Pour le Maroc, les conséquences sont avant tout indirectes. Le Royaume ne fait pas partie des zones de formation des cyclones tropicaux, mais il subit déjà les effets du réchauffement climatique mondial. La succession des
vagues de chaleur, la persistance des épisodes de
sécheresse, la multiplication des
orages violents et des
crues soudaines dans plusieurs régions illustrent, selon l'expert, une vulnérabilité croissante aux
déséquilibres climatiques.
Dans ce contexte, M. Benrimal appelle à renforcer les systèmes d'alerte précoce, à améliorer la résilience des infrastructures et à mieux intégrer les risques climatiques dans les politiques d'aménagement et de développement. Il insiste également sur la nécessité de protéger les ressources naturelles et de soutenir davantage la recherche scientifique consacrée au climat et à la gestion des catastrophes.
Au-delà des impacts locaux, l'expert rappelle que les phénomènes extrêmes comme le super-typhon « Bavi » affectent l'ensemble du système climatique mondial. Ils influencent le cycle de l'eau, modifient les régimes de précipitations, accentuent les risques d'inondations et de glissements de terrain et exercent une pression croissante sur les écosystèmes et les ressources en eau.
Pour M. Benrimal, cette évolution confirme que l'adaptation au changement climatique est devenue un enjeu stratégique pour le Maroc. Elle passe à la fois par des investissements dans les infrastructures résilientes, le renforcement des capacités de prévention et une coopération internationale plus soutenue afin de répondre à des risques qui ne connaissent plus de frontières.