LE MATIN
22 Février 2026
À 10:32
Le
Maroc confirme une nouvelle fois son rôle majeur dans la
paléontologie mondiale. Les
fossiles mis au jour dans les
gisements de phosphates du bassin d’
Oulad Abdoun ont permis d’identifier une espèce jusqu’alors inconnue de mosasaure, ces grands reptiles marins qui dominaient les océans à la fin du
Crétacé.
Khinjaria acuta* vivait il y a environ 66 millions d’années, peu avant l’extinction massive qui entraîna la disparition des
dinosaures non aviens. Les restes exhumés comprennent un crâne partiel et plusieurs éléments du squelette. Malgré leur caractère fragmentaire, ils ont fourni suffisamment d’indices morphologiques pour confirmer l’appartenance à une nouvelle espèce.
L’animal se caractérisait par un museau relativement court et des dents longues, fines et particulièrement tranchantes, comparées à des poignards. Cette dentition suggère un mode de prédation spécialisé, probablement orienté vers des proies marines rapides ou de taille moyenne. Les chercheurs estiment que ce mosasaure occupait une position élevée dans la chaîne alimentaire.
Les
mosasaures formaient un groupe diversifié de
reptiles marins apparentés aux varans actuels. À la fin du Crétacé, ils régnaient sur les mers aux côtés d’autres grands prédateurs, dans des écosystèmes marins bien plus riches et variés que ceux observés aujourd’hui. La découverte de Khinjaria acuta vient enrichir la compréhension de cette biodiversité disparue et de la complexité des réseaux trophiques de l’époque.
Selon les auteurs de l’étude publiée dans
Cretaceous Research, la morphologie particulière de cette espèce témoigne d’une diversification avancée des mosasaures juste avant la crise biologique de la fin du Crétacé. Cette phase aurait été marquée par une spécialisation accrue de certains prédateurs marins.
Le bassin d’Oulad Abdoun, exploité pour ses phosphates, est reconnu comme l’un des sites fossilifères les plus importants au monde pour le Crétacé supérieur. Depuis plusieurs décennies, il a livré une grande variété de fossiles de vertébrés marins, dont des requins, des tortues, des poissons osseux et d’autres mosasaures.
Au-delà de la découverte d’une nouvelle espèce, ces travaux rappellent l’importance scientifique des gisements marocains et la nécessité de poursuivre les recherches pour mieux documenter l’histoire des océans anciens. Chaque fossile contribue à éclairer les mécanismes d’évolution et d’extinction qui ont façonné la biodiversité de notre planète.