LE MATIN
01 Janvier 2026
À 11:05
Dans son analyse, le Dr Hamdi rappelle que le virus «
MERS » appartient à la famille des coronavirus, au même titre que le
SARS-CoV-2, responsable de la pandémie de
Covid-19 déclenchée en 2020, ou encore le coronavirus à l’origine du
SRAS, apparu en Asie en 2010. Le MERS, lui, a été identifié pour la première fois au
Moyen-Orient, avec une particularité majeure : sa transmission initiale se fait de l’animal à l’homme, principalement à partir des dromadaires.
La gravité du virus tient avant tout à son taux de létalité particulièrement élevé. Selon le Dr Hamdi, le taux de mortalité du MERS atteint environ 35 %, ce qui signifie qu’une personne sur trois infectées peut en mourir. « Il s’agit d’un virus qui provoque des atteintes respiratoires sévères, agressant directement et violemment le système respiratoire », souligne-t-il.
Le médecin explique que la contamination survient le plus souvent lors d’un contact direct avec des dromadaires infectés, ou par la consommation de produits issus de ces animaux, notamment le lait ou la viande, lorsqu’ils ne sont pas correctement traités ou pasteurisés. Des cas de transmission interhumaine existent également, mais restent limités et localisés, principalement au sein des familles ou dans les établissements de santé, entre patients et personnels soignants.
Sur le plan thérapeutique, le constat reste préoccupant. Aucun traitement spécifique ni vaccin contre le MERS n’est disponible à ce jour, précise le Dr Hamdi. Des vaccins sont en cours de développement, mais se trouvent encore au stade expérimental. Il se veut toutefois relativement optimiste, rappelant que les travaux de recherche lancés dès 2012 sur un vaccin contre le MERS ont servi de base scientifique majeure pour le développement rapide des vaccins contre le Covid-19. « Les connaissances accumulées sur le MERS ont permis aux scientifiques de gagner un temps précieux lors de la pandémie », explique-t-il.
En attendant la mise au point d’un vaccin, la stratégie de lutte repose essentiellement sur l’isolement rapide des personnes infectées, afin d’éviter toute propagation du virus. Un point que le Dr Hamdi juge crucial, d’autant plus que le MERS présente une caractéristique qui facilite sa maîtrise épidémiologique : la contagiosité débute après l’apparition des symptômes.
Contrairement à la grippe saisonnière ou au Covid-19, où une personne peut transmettre le virus avant même de se savoir malade, le MERS se manifeste d’abord par des symptômes, ce qui permet d’identifier plus rapidement les cas et de les isoler. « C’est un élément positif, car il rend le virus plus facile à contenir, à condition que les mesures d’isolement soient appliquées sans délai », insiste le spécialiste.
Pour le Dr Hamdi, la règle est claire : toute personne présentant des symptômes évocateurs du MERS doit être immédiatement isolée, afin de limiter les risques de transmission et d’éviter l’émergence de foyers de contamination. Une vigilance qui demeure essentielle face à un virus ancien, mais toujours capable de représenter une menace sérieuse pour la santé publique.