Société

Virus Nipah : le pathogène mortel refait surface, l’Inde confirme deux cas isolés

Virus zoonotique parmi les plus redoutés au monde, le Nipah continue de mobiliser les autorités sanitaires internationales en raison de sa forte létalité et de l’absence de traitement spécifique. En Inde, où le virus est réapparu ponctuellement ces dernières années, les autorités sanitaires confirment une situation strictement limitée : deux cas ont été recensés depuis décembre au Bengale-Occidental, sans propagation détectée, selon le Centre national indien de contrôle des maladies.

27 Janvier 2026 À 16:50

Le virus Nipah, agent pathogène rare mais à forte létalité, est de nouveau au centre de l’attention en Inde après la diffusion d’informations alarmistes faisant état d’une possible propagation. Dans un communiqué officiel, le ministère indien de la Santé et du Bien-être familial tient toutefois à clarifier la situation. Selon les données communiquées par le Centre national indien de contrôle des maladies, seuls deux cas confirmés ont été enregistrés au Bengale-Occidental depuis décembre dernier, sans qu’aucun nouveau cas n’ait été détecté à ce jour. Les autorités sanitaires assurent que la situation demeure limitée et sous contrôle.

À la suite de ces confirmations, les autorités centrales, en coordination avec le gouvernement régional, ont immédiatement déclenché les protocoles sanitaires en vigueur. Au total, 196 personnes identifiées comme contacts des patients ont été recensées, suivies, testées et placées sous surveillance. Toutes se sont révélées asymptomatiques et négatives au virus Nipah, selon le communiqué officiel.



Les services de santé indiquent également que des mesures renforcées de surveillance épidémiologique, d’analyses en laboratoire et d’enquêtes de terrain ont été déployées, permettant une prise en charge rapide et un confinement efficace des cas. Le ministère précise que la situation fait l’objet d’un suivi continu et appelle les médias internationaux comme le public à s’appuyer exclusivement sur les informations validées par les sources officielles.

Qu’est-ce que le virus Nipah ?

Le virus Nipah est une maladie zoonotique, c’est-à-dire transmissible de l’animal à l’homme. Identifié pour la première fois à la fin des années 1990, il circule principalement chez certaines espèces de chauves-souris frugivores, considérées comme son réservoir naturel. Le virus peut également infecter d’autres animaux, notamment les porcs, chez lesquels il provoque parfois des maladies sévères et des pertes économiques importantes.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, la transmission à l’homme peut se produire de plusieurs façons : par contact direct avec des animaux infectés, par la consommation d’aliments contaminés – notamment des fruits ou des produits à base de sève de palmier souillés par la salive ou l’urine de chauves-souris – ou encore par transmission interhumaine, documentée lors de certains épisodes, notamment au sein des familles et parmi les soignants.

Bien que les flambées connues aient été limitées géographiquement et numériquement, le virus Nipah est considéré comme particulièrement préoccupant en raison de sa gravité clinique et de l’absence de traitement spécifique.

Des symptômes graves et une létalité élevée

L’infection par le virus Nipah peut se manifester de manière très variable. Certaines personnes infectées ne présentent aucun symptôme, tandis que d’autres développent des formes sévères. Les premiers signes cliniques incluent généralement de la fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires, des vomissements et des maux de gorge.

Dans un second temps, l’évolution peut s’accélérer avec l’apparition de troubles neurologiques, tels que des vertiges, une somnolence inhabituelle, une altération de la conscience et des signes d’encéphalite aiguë. Des atteintes respiratoires sévères, incluant une pneumonie atypique ou un syndrome de détresse respiratoire aiguë, ont également été rapportées.

La période d’incubation est habituellement comprise entre 4 et 14 jours, mais peut, dans certains cas, atteindre 45 jours. Selon l’OMS, le taux de létalité du virus Nipah varie entre 40 % et 75 %, en fonction des contextes et des capacités de prise en charge médicale. Si une majorité de patients guérissent, certains conservent des séquelles neurologiques à long terme, et des cas de rechute ont été observés.

À ce jour, aucun médicament ni vaccin spécifique n’est disponible contre le virus Nipah. Le traitement repose sur des soins intensifs visant à gérer les complications respiratoires et neurologiques. En raison de ces caractéristiques, l’OMS a classé le Nipah parmi les maladies prioritaires de son programme mondial de recherche et développement.
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