Youssef Moutmaine
09 Août 2026
À 13:52
L’ancien capitaine des
Lions de l’Atlas et actuel directeur régional de la
FIFA pour la zone MENA,
Houssine Kharja, s’est fendu d’une sortie médiatique remarquée sur la plateforme «
Soccer 212», le week-end dernier. L’ancien médian de l’Inter Milan a pris fermement la défense du président de la FIFA,
Gianni Infantino, ciblé par une salve de critiques en provenance du Vieux Continent. Pour Kharja, ces attaques révèlent un malaise bien plus profond : la réticence de l’Europe du football à accepter la redistribution des cartes au niveau mondial.
Interrogé sur le climat de tension et les vives attaques ciblant Infantino, attisées notamment par des figures de proue européennes comme Luis Figo, l'ancien international marocain n'a pas hésité à poser un diagnostic sans concession. Pour l'ex-capitaine des Lions de l'Atlas, la virulence des griefs formulés à l'encontre de la FIFA trouve sa racine dans la crainte européenne de voir s'effriter un monopole historique. «Le cœur du problème, c'est que la politique d'Infantino dérange profondément l'Europe», a affirmé Kharja.
Parmi les facteurs d'irritation majeurs cités par le responsable de la FIFA : la liberté accrue donnée aux joueurs binationaux d'opter pour leur pays d'origine, un levier stratégique qui profite directement au continent africain et, en particulier, au Maroc. «C'est ce que l'Europe ne supporte pas. Les Espagnols ou les Néerlandais éprouvent un sentiment de malaise lorsqu'ils voient des talents leur échapper au profit du Maroc ou d'autres nations», a-t-il martelé, dénonçant au passage une posture européenne souvent teintée de contradiction dès lors qu'il s'agit de partager la gouvernance économique et sportive globale.
Un vibrant soutien à l'exécutif de la FIFA et de la FRMF
Outre la défense du bilan d'Infantino, Kharja a profité de son intervention pour recadrer les débats autour du football national. Balayant d'un revers de main les spéculations quant à ses propres ambitions au sein des instances locales, il a tenu à rendre un hommage appuyé au président de la Fédération Royale marocaine de football, Fouzi Lekjaâ. Mettant en avant le travail accompli par le patron du football national, Kharja a qualifié Lekjaâ de «meilleur président que la Fédération ait jamais connu», saluant une expertise et une vision qui ont permis au football marocain de franchir des paliers historiques et de s'installer durablement au sommet de la hiérarchie continentale et mondiale. Alors que la dynamique de mondialisation du football s'accélère, la sortie de l'ancien capitaine marocain résonne comme un rappel à l'ordre : le football du XXIᵉ siècle ne pourra plus s'écrire sous le seul prisme européen.