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Finale CAN 2025 : le verdict de la CAF en défaveur du Maroc !

Onze jours après la défaite des Lions de l’Atlas lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations à domicile devant 66.526 supporters au Stade Moulay Abdellah de Rabat, le Maroc se retrouve perdant aussi dans l’arène judiciaire de la CAF. Le Jury disciplinaire de la Confédération africaine de football a rendu, mercredi, son verdict concernant les incidents de la finale Maroc-Sénégal, un jugement qui ne manque pas de susciter interrogations et critiques.

29 Janvier 2026 À 08:27

Après deux réunions tenues les 25 et 27 janvier au Caire, le Jury disciplinaire de la Confédération africaine de football a rendu public, mercredi dans la nuit, son verdict concernant les incidents survenus lors de la finale de la CAN 2025 disputée le 18 janvier au Stade Moulay Abdellah de Rabat. Loin d'apaiser les tensions, cette décision soulève une vague d'incompréhension et de critiques, tant elle apparaît déséquilibrée dans l'appréciation des responsabilités.

Des sanctions sénégalaises symboliques

Au total, 615.000 dollars d'amendes ont été infligés à la Fédération sénégalaise de football (FSF). Un montant qui, dans les faits, ne reflète pas la gravité exceptionnelle de ce qui s'est produit : une finale continentale interrompue, un arbitre mis sous pression, des joueurs quittant le terrain puis revenant après négociations, tout cela sous les yeux de Gianni Infantino, président de la FIFA, et Patrice Motsepe, président de la CAF. Deux joueurs sénégalais ont été sanctionnés : Iliman Ndiaye et Ismaïla Sarr écopent chacun de deux matchs de suspension pour comportement antisportif envers l'arbitre. Des sanctions qui apparaissent en-deçà de ce que la situation aurait commandé, compte tenu de leur participation active aux contestations ayant mené à l'interruption du match.

Le cas Pape Thiaw

Le constat le plus troublant réside dans ce que la CAF a choisi de ne pas sanctionner : l'abandon de terrain. Pape Thiaw, sélectionneur sénégalais, a ordonné à ses joueurs de quitter la pelouse en pleine finale, interrompant le match pendant plusieurs minutes et créant un chaos sans précédent dans l'histoire récente de la compétition. Sa sanction ? Cinq matchs de suspension et 100.000 dollars d'amende pour «comportement antisportif». Une qualification juridique étonnamment légère pour un acte qui aurait dû être traité sous l'angle de l'abandon de match, infraction autrement plus grave prévue par les articles 82 et 84 du règlement de la CAN. Ces textes sont pourtant explicites : toute équipe quittant le terrain sans autorisation de l'arbitre doit être déclarée forfait. Cependant, la CAF n'a pas appliqué ces dispositions, préférant sanctionner des comportements moins importants plutôt que l'acte fondamental qui a entaché cette finale.

Le Maroc injustement sanctionné

Du côté marocain, les sanctions sont pour le moins injustes. Ismaïl Saïbari est suspendu trois matchs et doit payer 100.000 dollars d'amende, soit le même montant que Pape Thiaw, pour avoir «volé» les serviettes d’Édouard Mendy sur le terrain, des serviettes que la FIFA a formellement interdites sur les pelouses. Achraf Hakimi prend lui aussi deux matchs de suspension (dont un avec sursis) pour la même histoire de serviettes. Une «infraction» mineure sanctionnée au même niveau que l’interruption d’une finale continentale.

La Fédération Royale marocaine de football doit également payer 415.000 dollars d'amendes : 200.000 pour le comportement des ramasseurs de balles, et 100.000 pour l'intrusion dans la zone VAR. Quant à la réclamation de la FRMF, évoquant les articles 82 et 84 du règlement, la CAF la rejetée : «Le Jury disciplinaire de la CAF a rejeté la réclamation introduite par la FRMF, relative à des violations alléguées par la FSF des articles 82 et 84 du Règlement», souligne le communiqué dans une phrase sans motivation détaillée ni explication. En sanctionnant timidement l'interruption d'une finale, la CAF envoie un message clair : une équipe mécontente du déroulement d'un match peut désormais quitter le terrain, lancer des accusations, perturber l'adversaire, puis revenir terminer la rencontre sans craindre autre chose que des sanctions financières et des suspensions symboliques.
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