Amine Raad
16 Avril 2026
À 16:23
Le dossier de la
CAN 2025 a franchi un nouveau cap cette semaine avec le refus de la
FRMF et de la
CAF d’un traitement express, comme le réclamait la
Fédération sénégalaise. Loin d’une manœuvre dilatoire, ce choix traduit une volonté claire : imposer le temps du droit face à une pression temporelle jugée prématurée. En s’appuyant sur les dispositions du Code de l’arbitrage sportif, notamment l’article R44.4, l’instance fédérale rappelle un principe fondamental : aucune accélération ne peut se faire sans le consentement de toutes les parties. En exerçant son droit de veto, la
FRMF protège l’intégrité du dossier. Selon plusieurs sources médiatiques, l’objectif est limpide : permettre une instruction de fond, sans zones d’ombre. Une procédure expresse, bouclée en soixante jours, aurait pu compromettre la manifestation de la vérité, en limitant l’audition des officiels de match et l’analyse approfondie des rapports de la commission de discipline de la
CAF. Pour la partie marocaine, la gravité des faits survenus lors de la finale impose rigueur, méthode et recul.
Le suspense se prolonge au-delà de la Coupe du monde 2026
Cette stratégie du temps long permet aussi au football national d’aborder les prochaines échéances dans un climat apaisé. Alors que les Lions de l’Atlas se projettent vers le Mondial 2026, hors de question de laisser un calendrier judiciaire dicté de l’extérieur perturber la sérénité du groupe. Le Maroc se présentera avec son statut plein et entier de champion d’Afrique. Le titre reste à Rabat, là où il a été conquis dans le respect des règles et de l’autorité arbitrale. En étirant la procédure jusqu’à la fin de l’année 2026, la FRMF sécurise le palmarès du Royaume et évite tout imbroglio inutile avant la grande fête du football mondial.
Une légitimité gravée dans la patience
La situation actuelle devant le TAS ne doit pas être perçue comme une incertitude, mais comme l’expression d’une position maîtrisée. Tandis que le Sénégal pousse pour accélérer le processus, le Maroc mise sur la solidité de son dossier. La sentence finale, attendue fin 2026 ou début 2027, ne devrait que confirmer une réalité déjà établie sur le terrain. Le champion d’Afrique ne se décrète pas dans l’urgence, il se construit dans le respect des règles. En imposant son rythme à Lausanne, la FRMF démontre une nouvelle fois sa maîtrise des dossiers sensibles et sa capacité à défendre les intérêts du football national avec autorité. Le trophée peut encore faire débat, mais la couronne, elle, reste marocaine.