Amine Raad
27 Février 2026
À 14:25
Depuis la finale de la
Coupe d’Afrique des nations 2025, le climat s’est nettement alourdi autour des
Lions de l’Atlas. Certes,
Walid Regragui a hissé le
Maroc vers des sommets historiques, mais la contre-performance en finale et une impression d’essoufflement tactique ont libéré les spéculations. Face à la rumeur, l’instance fédérale a opté pour une communication minimaliste. En quelques jours, la
FRMF a enchaîné les démentis secs, qualifiant de mensongères les informations évoquant une séparation avec le technicien ou la piste de successeurs comme
Mohamed Ouahbi ou
Tarik Sektioui.
La réunion du Bureau dirigeant, présidée par
Fouzi Lekjaa, était attendue comme l’heure de la clarification. Elle n’a accouché que d’un communiqué administratif : validation du calendrier de la Botola par la Ligue nationale de football professionnel, point sur les infrastructures, procédures juridiques post-CAN ; tout y passe... sauf l’essentiel. Pas une ligne sur le sélectionneur. Une omission lourde de sens qui renforce l’idée d’un statu quo fragile, voire d’une transition qui ne dit pas encore son nom.
Ce mutisme institutionnel ouvre grand la porte aux interprétations. D’un côté, le renforcement de la cellule d’analyse de performance par des techniciens étrangers traduit une volonté de modernisation dans la continuité. De l’autre, la retraite internationale de cadres comme
Romain Saïss annonce la fin d’un cycle dont Regragui est l’architecte.
Le contraste est saisissant : une fédération structurée, en pleine réforme, mais un flou persistant autour du poste le plus exposé du pays. À quatre mois du Mondial, et à quelques jours des matchs amicaux du mois de mars, le
Maroc se retrouve à la croisée des chemins. Miser sur la continuité avec l’homme de l’épopée qatarie ou provoquer un électrochoc ? La décision semble soit en suspens, soit jugée prématurée pour la place publique.
En attendant, les supporters balancent entre gratitude éternelle et désir de renouveau. Ils scrutent chaque mouvement d’une fédération qui, à force de vouloir préserver la sérénité par le silence, installe malgré elle un parfum de fin de règne.