au Qatar en 2022 semble déjà appartenir à une autre époque, tant le défi qui attend les supporters marocains en 2026 change de dimension. Là où Doha offrait une proximité géographique et culturelle idéale, le Mondial nord-américain s’annonce comme une véritable odyssée financière. Suivre la bande à
ne relèvera plus seulement de la passion, mais d’un véritable parcours du combattant. Dans un continent aux proportions démesurées et aux infrastructures calibrées pour le profit, le rêve américain pourrait vite virer au casse-tête budgétaire, sur fond d’inflation galopante.
Une billetterie aux tarifs stratosphériques
Dès les premières phases de vente, le verdict tombe : la
FIFA aligne ses prix sur le pouvoir d’achat nord-américain, bien loin des réalités de la classe moyenne marocaine. Certes, des billets de «catégorie 4» existent autour de 600 dirhams, mais leur rareté les rend quasiment introuvables. Résultat : le supporter lambda est propulsé vers des catégories bien plus onéreuses. Le tirage au sort a placé le Maroc dans le Groupe I, avec des affiches aussi alléchantes que coûteuses. Nouveauté de cette édition : une tarification dynamique qui fait grimper les prix selon l’affiche. Pour le choc face au Brésil le 13 juin au
MetLife Stadium (New York/New Jersey), les billets démarrent à 120 dollars en catégorie 3, avant de s’envoler jusqu’à 1.725 dollars en catégorie 1. Les rencontres face à l’Écosse (19 juin à Boston) et à Haïti (24 juin à Atlanta) restent légèrement plus accessibles, avec des places premium oscillant entre 700 et 1.200 dollars. Seule bouffée d’oxygène : le très recherché tarif «Supporter» à 60 dollars (environ 600 DH), accessible via la
FRMF pour les fidèles... mais en quantité dérisoire.
Se loger et se déplacer au pays de l’inflation démesurée
Une fois sur place, la réalité frappe encore plus fort. Le supporter plonge dans l’un des marchés hôteliers les plus chers au monde. Dans les villes hôtes, les prix ont explosé de plus de 300% dès l’annonce du calendrier. À Vancouver, la nuitée atteint en moyenne 1 450 dollars les jours de match. Au New Jersey, théâtre du duel face au Brésil, certains hôtels proches du stade affichent jusqu’à 1.500 dollars la nuit, contre moins de 300 en temps normal. Même les locations entre particuliers suivent cette spirale spéculative. Résultat : le logement devient le principal gouffre financier du séjour.
Mais la facture ne s’arrête pas là. Aux États-Unis, tout se paie... et cher. Le stationnement devient un luxe, avec des parkings officiels FIFA à 175 dollars en moyenne, grimpant jusqu’à 300 dollars à Los Angeles. Les transports en commun n’offrent aucun répit : au New Jersey, le billet de train aller-retour vers le stade du Metlife passe de 13 à 150 dollars pour l’événement. À Boston, la navette vers le Gillette Stadium de Foxborough coûte 80 dollars. Ajoutez la nourriture, les taxes et les pourboires, et la note quotidienne atteint des sommets irréels.
La diaspora face au défi de la mobilité interne
Même pour la diaspora marocaine installée en Amérique du Nord, soutenir les Lions de l’Atlas relève du défi. Certes, pas de billet d’avion transatlantique à payer, mais le piège est ailleurs : les distances. Un Marocain basé à Montréal ou Orlando devra parcourir des milliers de kilomètres, l’équivalent d’une traversée européenne, pour suivre son équipe. Entre congés difficiles à obtenir, carburant coûteux et vols domestiques saturés, la facture grimpe vite. Pour de nombreuses familles, cette Coupe du monde implique de puiser lourdement dans l’épargne annuelle. Une preuve de plus que même la proximité géographique ne protège pas de l’explosion des coûts d’un Mondial version XXL.