Haytam Boussaid
02 Septembre 2026
À 10:00
Le pick-up européen reste encore largement une affaire de diesel.
BYD arrive avec une tout autre proposition. Son
Shark associe un moteur essence, deux machines électriques et une grosse batterie rechargeable, sans abandonner ce que l’on attend d’un véhicule capable de travailler, tracter ou quitter l’asphalte. Le gabarit donne immédiatement la mesure : 5,457 mètres de long, 1,971 mètre de large et 1,925 mètre de haut, pour un empattement de 3,260 mètres. Le dessin ne cherche pas à l’amincir artificiellement. La face avant est massive, les projecteurs sont rejetés vers les extrémités et les passages de roue largement marqués entourent des jantes de 18 pouces. À l’arrière, un bandeau lumineux traverse le hayon, lui-même frappé du plus grand logo BYD installé à ce jour sur l’un de ses véhicules particuliers. La technique reste celle d’un vrai pick-up. Le
Shark repose sur un châssis échelle et conserve des porte-à-faux relativement courts. Ses angles d’attaque et de fuite atteignent respectivement 31 et 19,3 degrés, tandis que la garde au sol à vide culmine à 230 mm. Plus inhabituel dans la catégorie, BYD retient une suspension à doubles triangles aussi bien à l’avant qu’à l’arrière.
Un hybride rechargeable qui ne manque pas de coffre
La pièce maîtresse se cache sous la carrosserie. La technologie
Super Hybrid DMO associe un quatre-cylindres essence 1,5 litre turbo de 150 ch à deux moteurs électriques. Celui de l’avant développe 231 ch et 310 Nm, celui de l’arrière 204 ch et 340 Nm. Au total, le système délivre 436 ch et 650 Nm aux quatre roues. De quoi expédier les 2,710 tonnes du Shark de 0 à 100 km/h en seulement 5,7 secondes.
Mais la puissance n’est qu’une moitié de l’histoire. Comme sur les hybrides DM-i de
BYD, l’électricité occupe une place centrale dans le fonctionnement. Le moteur essence travaille la plupart du temps comme générateur pour alimenter les moteurs électriques ou recharger la batterie. Lorsque davantage de puissance est demandée, thermique et électrique peuvent entraîner ensemble le véhicule. À vitesse stabilisée, le 1,5 litre peut également entraîner directement les roues si cette solution se montre plus efficiente.
La Blade Battery LFP affiche une capacité généreuse de 32,2 kWh et est directement intégrée au châssis. Elle autorise jusqu’à 90 km en mode électrique selon le cycle WLTP. Avec la batterie chargée et le réservoir de 60 litres plein, BYD annonce 675 km d’autonomie totale. La consommation pondérée WLTP s’établit à 3,5 litres/100 km ; batterie au niveau de charge minimal, elle passe à 9,6 litres/100 km.
La recharge atteint 11 kilowatts (kW) en courant alternatif et 55 kW en courant continu. Dans ce dernier cas, passer de 30% à 80% réclame 21 minutes.
Plus SUV familial que camionnette à bord
L’habitacle prend ses distances avec l’austérité traditionnelle du pick-up. Le conducteur retrouve une instrumentation numérique de 10,25 pouces et un grand écran central de 15,6 pouces, complétés par un affichage tête haute. Les sièges avant sont chauffants et ventilés, tandis que de larges poignées centrales rappellent que le Shark doit tout autant pouvoir secouer ses occupants hors des routes goudronnées.
À l’arrière, le plancher totalement plat libère davantage d’espace pour les pieds.
BYD annonce près de 90 cm pour les jambes et incline le dossier à 27 degrés afin de rapprocher l’accueil de celui d’un grand SUV familial.
Le Shark n’oublie pourtant pas sa fonction première. Sa benne offre 1.200 litres, la charge utile atteint 790 kg et la capacité de remorquage 2.500 kg. Sa transmission intégrale adapte également la motricité à quatre types de terrain : sable, boue, neige et gravier. Après une première apparition au Goodwood Festival of Speed, le pick-up débutera sa carrière commerciale au Royaume-Uni avant une arrivée sur une sélection de marchés européens au second semestre 2026.
Une batterie qui devient source d’énergie
Le
Shark peut transporter du matériel, mais aussi l’alimenter.
BYD équipe son pick-up de série de la fonction Vehicle-to-Load (V2L), capable de restituer jusqu’à 6 kilowatts depuis la batterie du véhicule. Deux possibilités sont prévues : passer par le port de recharge ou utiliser directement une prise installée dans la paroi de la benne.
L’intérêt dépasse le gadget de camping. Sur un chantier ou loin d’une prise électrique, le Shark peut alimenter des outils, un nettoyeur haute pression ou d’autres équipements. Pour les loisirs, la même installation peut faire fonctionner une machine à café ou différents appareils électriques sans générateur séparé.
De même, la dotation annoncée pour la version britannique comprend une sono Dynaudio à 12 haut-parleurs, Apple CarPlay et Android Auto sans fil, une recharge de smartphone à 50 watts (W), une caméra à 360 degrés et plusieurs aides à la conduite. Sept airbags sont aussi prévus. Les équipements proposés sur les autres marchés européens seront précisés au moment de leur lancement.