Haytam Boussaid
01 Juillet 2026
À 11:56
L'avenir de
Stellantis au
Moyen-Orient et en
Afrique passera en partie par le
Maroc. Lors d'une conférence réunissant à Casablanca les principaux médias économiques et automobiles de la région,
Samir Cherfan, directeur des opérations du groupe pour le Moyen-Orient et l'Afrique, a levé le voile sur la prochaine étape du
plan FaSTLAne 2030. Derrière les chiffres se dessine une stratégie industrielle claire : produire davantage au plus près des marchés, simplifier l'offre et concentrer les investissements sur les modèles capables de porter durablement la croissance.
Le groupe ne cache pas ses ambitions. D'ici à 2030,
Stellantis veut augmenter de 40% son chiffre d'affaires régional tout en conservant une rentabilité à deux chiffres. Une équation qui ne repose pas uniquement sur davantage de ventes, mais sur une profonde réorganisation de la manière de fabriquer, d'approvisionner et de commercialiser ses véhicules.
« Le Moyen-Orient et l'Afrique s'imposent comme un pilier stratégique majeur de la croissance de Stellantis », résume Samir Cherfan. Le constat n'a rien d'anodin. Avec plus de 500.000 véhicules écoulés chaque année, le constructeur occupe déjà la deuxième place du marché régional depuis quatre ans. Surtout, il évolue dans une zone qui concentre aujourd'hui un quart de la population mondiale et dont le poids démographique continue de progresser.
Pour accompagner cette dynamique,
Stellantis a décidé de concentrer l'essentiel de son activité autour d'un portefeuille volontairement resserré. Vingt-deux modèles représenteront à eux seuls près de 90% des ventes de la région. L'idée est simple : limiter la dispersion, gagner en efficacité industrielle et réduire les coûts de développement comme de production.
Le
Maroc occupe une place centrale dans cette nouvelle organisation. Avec la Turquie, il constitue le principal socle industriel méditerranéen du groupe. Les deux pays disposent ensemble d'une capacité de production de près de 800.000 véhicules par an, appelée à jouer un rôle déterminant dans l'approvisionnement des différents marchés régionaux. En parallèle, l'usine algérienne poursuivra sa montée en puissance grâce à une intégration locale plus importante, tandis que les marchés du Moyen-Orient et de l'Afrique australe bénéficieront d'un équilibre entre production régionale et importations ciblées.
Cette logique dépasse la simple question des usines. Stellantis veut désormais produire chaque véhicule là où il est le plus pertinent économiquement. Une partie de la gamme sortira des sites industriels de la région, tandis que d'autres modèles seront importés d'Asie afin de préserver leur compétitivité sur des segments où les coûts restent particulièrement sensibles.
Le groupe prévoit d'investir environ 300 millions d'euros par an pour accompagner cette transformation. Les trois quarts du programme devraient être déployés avant 2028, preuve que la mise en œuvre est déjà bien engagée.
Au fond,
FaSTLAne 2030 raconte moins une expansion qu'un changement de méthode. Stellantis ne cherche plus seulement à gagner des parts de marché. Le constructeur veut bâtir une organisation capable d'évoluer au même rythme que l'une des régions automobiles les plus prometteuses au monde. Et dans cette équation, le Maroc apparaît plus que jamais comme l'un des centres de gravité de cette ambition industrielle.