Nadia Ouiddar
23 Juin 2026
À 12:30
La quatrième journée du
Festival Mawazine – Rythmes du Monde (19-27 juin) a fait souffler un vent d’effervescence et de grande diversité sur la capitale. Marquée par des messages engagés et des séquences empreintes de nostalgie, cette date a surtout vu les scènes de Salé et de Nahda s’imposer comme les épicentres d’un incroyable élan populaire.
Scène Salé : L’âge d’or et la nouvelle vague du Rap marocain font vibrer la jeunesse
Sur la rive droite, la scène de Salé s’est transformée en un chaudron de la culture Hip-Hop, portée par l’affiche explosive réunissant
7ari et
Dizzy Dros. L’atmosphère a immédiatement atteint des sommets d’intensité. Face à une foule compacte et survoltée de jeunes passionnés, les artistes ont livré des performances mémorables.
Dans la fosse, l’alchimie était totale :
des vagues de spectateurs dansaient à l’unisson tandis que certains, emportés par l’adrénaline et la température ambiante, ont fini le concert torses nus. Leurs morceaux ont résonné comme de véritables hymnes pour cette génération, qui reprenait chaque parole en chœur, ravivant des souvenirs partagés au rythme des basses.
La soirée a pris une résonance particulière lorsque Dizzy Dros, maître du tempo, a invité une figure incontournable de la scène nationale à le rejoindre :
Mehdi K-Libre. Cette apparition surprise a offert une séquence magique aux amateurs de la première heure et aux
passionnés de Rap Old School. Les interventions pleines de maturité et les textes profonds de ce rappeur originaire de Meknès ont captivé l’assistance, apportant une belle touche philosophique à un show d’une efficacité redoutable. Une véritable démonstration de force intergénérationnelle.
Scène Nahda : Le rayonnement d’Asmaa Lamnawar
Pendant ce temps, la scène dédiée aux musiques orientales accueillait la diva marocaine
Asmaa Lamnawar pour sa troisième apparition au Festival, après ses succès de 2011 et 2017. Parée d’un magnifique caftan, elle a proposé un spectacle grandiose.
Avant son show, l’artiste a mis en avant son attachement à la diversité culturelle et sa volonté de s’imprégner des nouvelles vagues musicales arabes et mondiales, soulignant que ses déplacements internationaux nourrissaient constamment sa créativité. En revisitant ses plus grands succès et en rendant un vibrant hommage aux chants marocains, elle a scellé des retrouvailles fusionnelles avec son public.
OLM Souissi : La Rumba des Gipsy Kings prend le relais avec brio
Du côté de l’OLM Souissi, l’organisation a dû faire face à la défection de dernière minute de
Nicky Jam, contraint d’annuler son concert «
pour des raisons de santé indépendantes de sa volonté». Pour assurer la continuité de la fête, le Festival a fait appel au
groupe légendaire Gipsy Kings by Diego Baliardo, qui a brillamment transformé l’essai.Armés de leurs guitares et portés par leurs timbres caractéristiques, les musiciens ont instantanément conquis la pelouse en alternant ballades et rythmes gipsy. Le public a pu vibrer sur des interprétations de «Passaro de Fogo», «Hotel California» ou encore «La Dona», avant de chanter d’une seule voix sur le classique «A Mi Manera». La soirée s’est muée en une immense célébration populaire sous l’impulsion de leurs morceaux les plus entraînants comme «Bem Bem Maria», «Bamboléo», «Djobi, Djoba» et le final festif sur «Volare».