Noura Mzaghrani
10 Mai 2026
À 12:25
Animée par
Hafsa Elbekri, la rencontre a plongé le public dans l’univers intime et profondément humain de
«Half Truth», un roman qui mêle quête identitaire, maternité, mémoire familiale et fractures culturelles. Inspiré de l’histoire personnelle de l’auteure, le récit suit
Zahra, une jeune femme maroco-australienne qui retourne au
Maroc avec son bébé pour retrouver les traces de son père disparu.
Dès les premières pages, le roman interroge la notion de vérité.
«Truth is a mirror in the hands of God», rappelle Nadia Mahjouri en référence au poète soufi
Jalal Eddine Rûmî. Une vérité fragmentée, mouvante, qui traverse les générations et façonne les identités.
Au fil des échanges, l’auteure est revenue sur son propre parcours. Née d’une mère australienne et d’un père marocain absent, elle raconte avoir grandi en Australie sans véritable contact avec ses origines marocaines. La naissance de son premier enfant a agi comme un déclencheur, faisant émerger des questions profondes autour de l’identité, de l’appartenance et de la transmission.
«Pour la première fois, j’avais un enfant qui me ressemblait», confie-t-elle. Une expérience fondatrice qui l’a poussée à entreprendre un voyage au Maroc pour retrouver sa famille paternelle et mieux comprendre son histoire.
Le roman alterne ainsi entre deux trajectoires féminines : celle de Zahra dans l’A
ustralie contemporaine et celle de Khadija, une femme amazighe vivant près de
Marrakech dans les années 1940. À travers ces deux voix,
Nadia Mahjouri explore les rapports à la maternité, au corps, à la mémoire et aux héritages culturels.
La rencontre a également permis d’aborder les
différences culturelles entre l’Occident et le Maroc, notamment autour de la famille, de l’intimité et de la place des femmes. L’auteure a notamment évoqué son premier hammam au Maroc, vécu comme un choc culturel mais aussi comme une expérience de réconciliation avec le corps et la féminité.
Au-delà du récit personnel,
«Half Truth» propose une réflexion plus large sur les identités hybrides, l’exil intérieur et la difficulté d’appartenir pleinement à plusieurs mondes à la fois. «On appartient à la fois ici et ailleurs», résume l’écrivaine.