Économie

Bourse de Casablanca : Attijari anticipe une hausse de 10% des bénéfices des sociétés cotées en 2026

La dynamique bénéficiaire des sociétés cotées à la Bourse de Casablanca devrait se poursuivre en 2026 sur un rythme soutenu. Selon les dernières prévisions d’Attijari Global Research (AGR), les bénéfices des entreprises incluses dans le champ d’étude du bureau de recherche devraient enregistrer une progression d’environ 10,2% en 2026, après une révision significative à la hausse des estimations pour 2025. Cette trajectoire confirme, selon les analystes, la solidité du cycle haussier des résultats de la côte Casablancaise.

26 Janvier 2026 À 15:00

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Dans le détail, AGR indique avoir relevé ses prévisions de croissance des profits pour 2025, initialement estimées à +9,5%, à +12,4%, avant de tabler sur une progression de +10,2% en 2026. Cette révision traduit un environnement opérationnel jugé plus porteur qu’anticipé, ainsi qu’une meilleure capacité des entreprises à préserver leurs marges dans un contexte économique global encore contrasté. « Il est rassurant de constater que la dynamique de croissance des bénéfices du marché devient plus équilibrée », souligne AGR, mettant en avant un élargissement progressif des relais de performance au-delà du seul secteur bancaire.



Cette évolution se reflète dans la structure même de la croissance des profits. Alors que les banques représentaient près de 74% de la hausse des bénéfices en 2024, leur contribution devrait reculer à 46% sur la période 2025-2026. Ce rééquilibrage s’explique à la fois par une normalisation du rythme de croissance des établissements bancaires et par la montée en puissance d’autres secteurs clés de la côte. Les mines, le ciment, le BTP, les activités portuaires et la santé apparaissent désormais comme des moteurs majeurs de la dynamique bénéficiaire.

Parmi ces secteurs, le compartiment minier se distingue particulièrement. Selon AGR, il est en passe de réaliser des « superprofits » en 2026, porté par l’envolée des cours des métaux sur les marchés internationaux. Les bénéfices du secteur afficheraient ainsi un taux de croissance annuel moyen de +55% entre 2024 et 2026, passant de 0,8 milliard de dirhams à près de 1,9 milliard de dirhams. Cette performance s’inscrit dans un contexte de tension sur certaines matières premières stratégiques et de demande soutenue à l’échelle mondiale.

Au-delà des mines, plusieurs secteurs devraient combiner croissance des résultats et amélioration des marges. AGR cite notamment les banques, avec une progression des marges de +2,2 points, les ports (+3,1 points), le BTP (+1,3 point), le ciment (+3,0 points) ainsi que les nouvelles technologies de l’information (NTI), dont les marges pourraient s’améliorer de +2,7 points sur la période considérée. Cette évolution traduit, selon les analystes, des gains d’efficacité opérationnelle, une meilleure absorption des coûts et, dans certains cas, un positionnement plus favorable sur des segments à plus forte valeur ajoutée.

Cette soutenabilité de la croissance bénéficiaire devrait également se refléter dans les niveaux de valorisation du marché. AGR anticipe une amélioration du multiple de valorisation des sociétés suivies, avec un P/E 26E qui reculerait de 2,1 points pour passer de 22,4 fois à 20,3 fois. Cette détente des multiples résulte mécaniquement de la progression attendue des bénéfices, mais elle masque toutefois des disparités sectorielles marquées. Les banques continueraient d’afficher des niveaux de valorisation plus modérés, autour de 13 fois les bénéfices, tandis que les télécoms se situeraient à 15,6 fois. À l’inverse, les autres secteurs cotés présenteraient des multiples nettement plus élevés, avoisinant 32,7 fois.

Dans ce contexte, Attijari Global Research insiste sur la nécessité d’une approche d’investissement sélective en 2026. « Cette situation exige une stratégie de placement qui favorise les valeurs ayant une capacité avérée à améliorer durablement leur niveau de valorisation grâce à la résilience de leur profil de croissance », estiment les analystes. Autrement dit, la performance boursière ne devrait plus être uniformément portée par l’ensemble de la côte, mais dépendre de plus en plus de la qualité des fondamentaux, de la visibilité des résultats et de la capacité des entreprises à s’inscrire dans une trajectoire de croissance durable.
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