LE MATIN
16 Avril 2026
À 12:47
Longtemps perçue comme un modèle réservé à une élite d’investisseurs, la
franchise s’impose progressivement au
Maroc comme une alternative crédible à la création d’entreprise classique. C’est ce que révèle le
premier baromètre national dévoilé par
Wefranchiz, une étude inédite qui donne la parole aux porteurs de projets et met en lumière les dynamiques profondes d’un secteur en mutation.
Premier enseignement : l’intérêt est bien réel. Près de 43,1 % des personnes interrogées se déclarent prêtes à se lancer dans un projet en franchise, tandis que 37,9 % y sont ouvertes, selon les données de l’étude menée auprès de 501 répondants. Cette attractivité repose sur une promesse forte : celle d’un entrepreneuriat encadré, combinant indépendance et sécurité.
Un modèle rassurant, porté par la recherche de sécurité
Dans un contexte économique marqué par l’incertitude, la franchise apparaît comme un compromis séduisant. Les répondants mettent en avant la notoriété des enseignes et l’accompagnement comme principaux avantages (34,7 % chacun), suivis du savoir-faire et de la réduction des risques. Cette perception positive s’accompagne d’un impact reconnu sur l’économie nationale : 81,8 % des sondés considèrent que la franchise constitue un levier de création d’emplois au Maroc, confirmant son rôle structurant dans le
tissu entrepreneurial. Mais cette attractivité révèle aussi une attente forte en matière d’accompagnement. Plus de 83 % des répondants estiment avoir besoin d’un soutien pour se lancer, notamment en formation et en transmission du savoir-faire, qui arrive largement en tête des attentes (39,3 %).
Un déficit d’information qui freine le passage à l’acte
Derrière cet engouement, le baromètre met en évidence un frein majeur : le manque d’accès à l’information. Près de 63,5 % des personnes interrogées n’ont jamais consulté de plateforme spécialisée en franchise, illustrant un déficit de repères sur le marché. Ce manque de visibilité se traduit directement dans les difficultés rencontrées par les porteurs de projets. Le financement arrive en tête des obstacles (58,3 %), mais l’accès à l’information constitue le deuxième frein majeur (33,9 %), devant même la recherche d’une marque adaptée.
Autre signe de cette opacité : plus d’un tiers des répondants (34,7 %) sont incapables d’estimer le budget nécessaire pour lancer une franchise, révélant un marché encore insuffisamment structuré et lisible.
En matière de secteurs, les intentions d’investissement restent concentrées sur des activités jugées accessibles et éprouvées. La restauration arrive en tête (29,9 %), suivie des services (28,5 %) et de la beauté (19,2 %). Cette concentration traduit une logique de prudence dans un environnement encore perçu comme risqué, où les concepts innovants peinent à s’imposer face à des modèles déjà validés.
Le baromètre met également en lumière une dualité intéressante dans les préférences des investisseurs. Près de 49,3 % se disent prêts à investir dans des franchises internationales, attirés par leur notoriété et leur structuration.
Dans le même temps, les enseignes marocaines suscitent un intérêt comparable (47,7 %), et surtout une forte confiance : 85,4 % des répondants estiment que les marques locales ont le potentiel de se développer en franchise. Un signal fort pour l’écosystème national, à condition de renforcer la structuration des concepts et la professionnalisation des réseaux.
Au-delà des chiffres, l’étude dessine le profil d’une nouvelle génération d’entrepreneurs : cadres en reconversion, jeunes diplômés en quête d’indépendance ou encore femmes souhaitant relancer leur carrière. Pour ces profils, la franchise apparaît comme un modèle hybride, à mi-chemin entre salariat et entrepreneuriat. Dans cette dynamique,
Wefranchiz entend se positionner comme un facilitateur entre franchiseurs et porteurs de projets, notamment à travers une plateforme basée sur l’intelligence artificielle visant à structurer et optimiser la mise en relation. Le projet est porté localement par Rym Bedoui Ayari, fondatrice de Wefranchiz, et Rachid Lasri, expert retail & franchise development, avec l’ambition d’accompagner l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs et de contribuer à la structuration d’un marché à fort potentiel.
Au final, ce premier baromètre met en évidence un paradoxe : la demande est bien présente, mais l’écosystème reste encore en phase de maturation. Entre besoin d’accompagnement, déficit d’information et contraintes de financement, le développement de la franchise au Maroc dépendra de sa capacité à se structurer et à transformer les intentions en projets concrets.
Ce que révèle le premier baromètre de la franchise au Maroc
- 43,1 % des répondants se disent prêts à lancer un projet en franchise
- 37,9 % y sont ouverts, contre seulement 19 % qui rejettent ce modèle
- 83,4 % expriment un besoin d’accompagnement pour se lancer
- 58,3 % citent le financement comme principal obstacle
- 33,9 % pointent le manque d’information
- 63,5 % n’ont jamais consulté de plateforme spécialisée en franchise
- 81,8 % considèrent la franchise comme un levier de création d’emplois
- 85,4 % croient au potentiel des marques marocaines en franchise
Les secteurs les plus attractifs :
- Restauration (29,9 %)
- Services (28,5 %)
- Beauté (19,2 %)