Économie

Blé tendre : l’État réactive son soutien aux importations à partir du 16 septembre

Du 16 septembre au 31 décembre 2026, l’État remet en place son mécanisme de soutien aux importations de blé tendre destiné à la minoterie industrielle. La prime accordée aux opérateurs sera ajustée chaque mois en fonction de l’écart entre le coût moyen du blé importé à la sortie du port et le prix de référence de 270 DH le quintal.

22 Août 2026 À 15:10

Your browser doesn't support HTML5 audio

Le Maroc remet en place, du 16 septembre au 31 décembre 2026, son mécanisme de soutien aux importations de blé tendre meunier, avec une prime forfaitaire destinée à compenser une partie du coût de l’approvisionnement sur le marché international. Les modalités du dispositif sont détaillées dans une circulaire de l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL), datée du 18 août.

Le dispositif fait suite à une décision conjointe des ministères de l’Économie et des Finances et de l’Agriculture prise le 3 août. Il concerne les importations réalisées par les organismes stockeurs – commerçants en céréales et légumineuses et coopératives agricoles notamment – ainsi que par les minoteries industrielles.

Cette reprise intervient alors que la collecte de la récolte nationale est restée en deçà des attentes. Selon les professionnels de la minoterie, quelque 6 millions de quintaux auraient été collectés, contre un objectif initial de 15 millions, soit environ 12% des besoins annuels des minoteries. Dans le même temps, les stocks constitués avant l’interruption des importations se sont progressivement réduits.

À cette baisse des volumes disponibles sur le marché national s’ajoute l’évolution des cours internationaux. Selon les professionnels, les niveaux actuels feraient ressortir un écart de l’ordre de 14,5 à 15 DH par quintal par rapport au prix de référence retenu au Maroc. Un différentiel appelé à évoluer au gré des cours mondiaux et que le mécanisme de restitution doit précisément permettre d’absorber.

Une compensation calculée autour d’un prix de 270 DH le quintal

La prime forfaitaire correspondra à la différence entre le prix de revient moyen du blé tendre importé à la sortie du port et 270 DH le quintal. Son montant sera recalculé chaque mois en fonction de l’évolution des cours et des coûts d’importation.

Pour établir le prix de revient servant de référence, le dispositif prendra en considération plusieurs origines : France, Allemagne, Argentine et États-Unis. En principe, la moyenne des deux origines affichant les prix de revient les plus bas sera retenue lorsque l’écart entre elles ne dépasse pas 30 DH par quintal. Au-delà de ce seuil, le calcul reposera sur le prix de revient de l’origine la moins chère, majoré de 15 DH par quintal.

Les paramètres pris en compte comprennent notamment les cotations internationales du blé, le fret maritime vers le Maroc et la parité dollar-dirham. La circulaire retient également des frais d’approche et une marge des importateurs de 22,5 DH par quintal, constants durant toute la période.

Le montant unitaire de la prime sera arrêté par une commission réunissant des représentants des ministères des Finances et de l’Agriculture ainsi que de l’ONICL. Celle-ci devra se réunir au plus tard le troisième jour ouvrable suivant la fin de chaque mois pour déterminer le montant applicable durant le mois suivant, sur la base des données disponibles du mois précédent.

Un soutien conditionné à l’approvisionnement des minoteries

Le blé tendre meunier importé dans le cadre de ce mécanisme devra être livré exclusivement aux minoteries industrielles, directement depuis les ports ou à partir des dépôts des organismes stockeurs. Les quantités qui ne seraient pas effectivement livrées pourront donner lieu à la récupération des montants de la prime déjà versés.

Les opérateurs bénéficiaires devront également s’engager à ce que les prix pratiqués reflètent le soutien accordé par l’État aux prix au consommateur. Les mouvements du blé importé feront parallèlement l’objet d’un suivi à travers les déclarations transmises à l’ONICL.

Le paiement de la prime interviendra en deux temps. Une première tranche de 80% sera versée sur la base des quantités effectivement importées. Le solde de 20% sera conditionné aux quantités réellement livrées aux minoteries industrielles et dûment justifiées auprès de l’ONICL.
Copyright Groupe le Matin © 2026