Économie

Changement climatique : Les entreprises d’Afrique perçoivent les risques mais peinent à s’adapter

Les entreprises d’Afrique francophones considèrent avec sérieux les risques climatiques. Cependant, beaucoup d’entre elles n’ont pas mis en place de stratégie dédiée et peu d’entre elles ont pris des mesures pour réduire leur empreinte environnementale. Ce sont les principales conclusions d’une enquête menée, entre avril et juillet 2023, par le Centre du commerce international, en partenariat avec la Conférence permanente des chambres consulaires africaines et francophones (CPCCAF), auprès de 5.625 entreprises dans 13 pays Afrique francophone, dont le Maroc.

02 Novembre 2023 À 11:22

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Quelle perception ont les entreprises d’Afrique francophone des risques climatiques ? C’est pour répondre à cette question qu’une enquête a été menée, entre avril et juillet 2023, par le Centre du commerce international, en partenariat avec la Conférence permanente des chambres consulaires africaines et francophones (CPCCAF), auprès de 5.625 entreprises dans 13 pays Afrique francophone, dont le Maroc. Il en ressort que plus des deux tiers (68%) des répondants considèrent les événements liés au changement climatique comme une menace pour leur entreprise.



Les résultats de cette enquête, consignés dans un rapport intitulé «Compétitivité des PME en Afrique francophone 2023 : Renforcer la résilience au changement climatique», révèlent également que les entreprises du secteur primaire sont plus préoccupées par l'évolution des températures (41%), tandis que celles du secteur industriel et des services craignent davantage les pénuries d'intrants liées au climat (50% et 30%, respectivement).

Malgré ces craintes, 62% des répondants ont avoué n’avoir aucune stratégie d'adaptation pour réduire leur vulnérabilité aux risques environnementaux. Les entreprises du secteur primaire étaient cependant les plus susceptibles d'investir dans des efforts d'adaptation (59%), devant les industriels (48%) et les entreprises de services (23%).

Source : Centre du commerce international.


Selon le rapport, les petites entreprises sont à la traîne en matière d'adaptation aux changements climatiques. Alors que 76% des grandes entreprises de l'échantillon ont déclaré avoir investi dans au moins une mesure pour faire face aux changements environnementaux, seulement 35% des PME ont réalisé un tel investissement au cours des trois dernières années.

Par ailleurs, seulement un peu plus d'un tiers (36%) des répondants déclarent avoir pris des mesures pour réduire leur empreinte environnementale. Les entreprises du secteur primaire sont en tête de l’action environnementale (58%), devant celles du secteur industriel (47%) et des services (21%). Dans leurs démarches pour atténuer leur impact, les entreprises du secteur primaire se sont principalement focalisées sur la réduction de leur utilisation de produits chimiques (40%), tandis que les entreprises de secteur industriel et des services ont privilégié les investissements dans les énergies renouvelables.

Selon le rapport, la grande majorité (90%) des répondants qui ont investi dans l'écologisation de leur entreprise ont déclaré que cela leur avait ouvert des perspectives prometteuses en termes d'accès à de nouveaux marchés, de conservation des marchés existants et d'amélioration de la qualité des produits. Autre remarque importante issue de ce rapport, les entreprises qui investissent dans les énergies renouvelables sont celles qui ont le plus bénéficié d'un accès élevé à de nouveaux marchés, tandis que celles adoptant des technologies plus économes en eau ont amélioré la qualité de leurs produits.

L’échantillon de l’enquête en chiffres

Plus de la moitié des répondants (55%) sont des microentreprises comptant moins de quatre employés, 31% des petites entreprises (5 à 19 employés), 11% des moyennes entreprises (20 à 99 employés) et 3% des grandes entreprises (plus de 100 employés). La plupart (83%) des entreprises opèrent dans le secteur des services, 9% dans le secteur industriel et les 8% restants dans le secteur primaire. Un peu plus du quart des entreprises (28%) sont engagées dans le commerce (import-export). L'Afrique francophone et l'Europe arrivent en tête des destinations d'exportation, avec respectivement 64% et 43% des exportateurs qui vendent dans ces régions. 75% des entreprises exportant vers l'Afrique francophone ont réalisé jusqu'à la moitié de leurs ventes dans cette région.
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