Économie

Climat : le Maroc engage un programme pour protéger ses zones sahariennes

Assainissement des localités rurales, seuils de recharge des nappes phréatiques, mise à niveau environnementale des écoles : dans six provinces du Sud-Est du Royaume exposées à la raréfaction de l’eau et à la dégradation des écosystèmes, le département de l’Eau confiera à une expertise technique la supervision intégrale d’un portefeuille de chantiers financés par la Banque mondiale. L’enjeu dépasse la seule ingénierie : il s’agit de démontrer que le Maroc peut opérationnaliser sa politique climatique au niveau territorial, là où les groupes vulnérables en subissent les effets les plus immédiats.

23 Juin 2026 À 09:30

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Dans les provinces de Tinghir, Zagora, Ouarzazate, Errachidia, Midelt et Figuig, le changement climatique n’est plus une projection – c’est un fait quotidien. Précipitations erratiques, nappes phréatiques sollicitées à l’extrême, assainissement défaillant dans les localités rurales : la pression sur les écosystèmes et les populations vulnérables du piémont saharien s’est accélérée au point de devenir une priorité d’État. C’est dans ce contexte que le ministère de l’Équipement et de l’eau, via sa Direction de la recherche et de la planification de l’eau (DRPE), prépare la mise en œuvre d’un dispositif de supervision inédit, adossé au Programme pour les résultats (PPR) de l’Économie bleue cofinancé par la Banque mondiale.



Le mécanisme opérationnel repose sur la mobilisation d’un bureau d’études chargé d’assurer, pendant deux ans, l’étude d’exécution, le contrôle et le suivi environnemental d’un portefeuille de projets répartis en deux lots géographiques distincts. L’ensemble s’inscrit dans la déclinaison territoriale de la Contribution déterminée au niveau national (CDN) du Maroc, dont la Banque mondiale a contribué à formaliser les recommandations opérationnelles à travers le «Rapport national sur le climat et le développement» (CCDR).

Dans chaque lot, les travaux couvrent trois typologies d’interventions : l’assainissement liquide des centres et localités rurales, la collecte des eaux pluviales et la réalisation de seuils de recharge des nappes, ainsi que la mise à niveau environnementale des écoles rurales. Ce dernier volet, souvent sous-estimé dans les programmes d’infrastructure, illustre la volonté d’inscrire la résilience climatique dans les équipements éducatifs de proximité, là où les conditions d’hygiène et d’assainissement conditionnent directement la scolarisation des filles.

Un PPR qui teste la résilience institutionnelle autant que physique

Au-delà des ouvrages, c’est la capacité de coordination interministérielle du Maroc que ce programme entend consolider. Le PPR de l’Économie bleue cible explicitement l’amélioration des outils politiques des institutions fiscales et financières, le renforcement de la coordination entre les ministères de l’environnement, de l’agriculture, de l’eau et de la protection sociale, ainsi que la mise en place de mécanismes institutionnels permettant une approche intégrée du climat au niveau territorial. En ce sens, le dispositif de supervision confié à la DRPE constitue un laboratoire de gouvernance autant qu’un programme de terrain : sa réussite sera mesurée à l’aune des indicateurs du PPR, dont les résultats conditionnent directement le décaissement des financements de la Banque mondiale.
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