LE MATIN
04 Septembre 2026
À 11:25
La
Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) engage une nouvelle étape de sa transformation. Réuni en session ordinaire jeudi 3 septembre 2026, sous la présidence de
Nadia Fettah, ministre de l’Économie et des Finances, son Conseil d’administration a approuvé une série de mesures portant notamment sur la
transformation digitale, la
sécurité des systèmes d’information et la
gestion des polycliniques.
Deux nouvelles filiales pour accompagner les nouvelles missions de la CNSS
Parmi les principales décisions figure la création de deux
filiales. La première sera consacrée à l’accélération de la
transformation digitale de la CNSS, tandis que la seconde sera chargée de la gestion de ses
polycliniques. Le Conseil d’administration a également approuvé le renforcement de la sécurité des systèmes d’information.
Ces mesures font partie des dispositions destinées à accompagner les nouvelles missions de la Caisse. Le communiqué ne précise toutefois ni le calendrier de création de ces filiales ni leurs modalités d’organisation.
La réunion a également porté sur les principaux dossiers de gouvernance de l’institution. Le Conseil a approuvé le rapport de gestion du Directeur général, arrêté les comptes de la CNSS et validé le plan d’action et le budget au titre de l’exercice 2026. Il a également approuvé le plafond des frais de gestion du
régime de sécurité sociale et pris acte du rapport annuel du Contrôleur d’État.
4,24 millions de salariés déclarés en 2025
Les résultats de la
CNSS au titre de 2025 font ressortir une progression des principaux indicateurs du Régime général. Le nombre de
salariés déclarés a augmenté de 4% pour atteindre 4,24 millions. La
masse salariale déclarée a progressé de 10%, à 244,84 milliards de DH, tandis que les cotisations dues ont augmenté de 9%, à 36,46 milliards de DH.
Les
prestations servies au titre du Régime général se sont, de leur côté, établies à 31,5 milliards de DH, contre 29,7 milliards de DH en 2024.
La CNSS a également intensifié ses actions de
recouvrement et de
lutte contre la fraude sociale. Elle a réalisé 10.411 missions d’inspection et de contrôle en 2025, soit une hausse de 22% par rapport à 2024. Ces opérations ont permis la régularisation de la situation de 151.682 salariés, en hausse de 24% sur un an, ainsi que d’une masse salariale de 6,6 milliards de DH, en progression de 63% par rapport à 2024.
AMO : plus de 25 millions de bénéficiaires
La progression concerne également
l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO). Tous régimes confondus, l’AMO comptait plus de 25 millions de bénéficiaires éligibles en 2025, en hausse de 3% sur un an. Les prestations servies ont atteint 22,65 milliards de DH, soit une progression de 17% par rapport à 2024.
Dans le détail,
l’AMO des travailleurs salariés compte plus de 4 millions d’assurés principaux, en progression de 5%. Les prestations servies dans le cadre de ce régime ont atteint 9,22 milliards de DH, en hausse de 12%.
AMO Tadamon a, pour sa part, couvert 3,95 millions de personnes, pour 8,49 milliards de DH de prestations, en progression de 13%. AMO Achamil affiche une hausse particulièrement marquée du nombre d’assurés principaux, qui progresse de 70% pour atteindre 265.551 personnes. Les prestations servies au titre de ce régime se sont élevées à 1,36 milliard de DH.
AMO TNS : un déficit structurel qui se creuse
La situation est en revanche plus préoccupante pour
l’AMO des travailleurs non-salariés (TNS). Le régime compte 1,69 million d’assurés principaux, en hausse de 4%, tandis que les prestations servies ont progressé de 24%, à 2,28 milliards de DH.
La
CNSS fait surtout état d’un « déficit structurel » : les prestations servies dépassent largement les cotisations encaissées. Le
ratio prestations/cotisations atteint 157% en 2025, en hausse de 25 points en un an. Autrement dit, pour 100 DH de cotisations encaissées, 157 DH de prestations sont servies, ce qui illustre clairement l’ampleur du déséquilibre du régime.
Face à cette situation, la CNSS indique travailler avec les départements concernés au renforcement de l’adhésion au régime et à l’amélioration du
recouvrement des cotisations.