Menu
Search
Dimanche 27 Septembre 2026
S'abonner
close

Tourisme : le Maroc progresse de 7 places dans l’indice du WEF, mais reste 70e mondial

Le Maroc gagne sept places dans l’édition 2026 du Travel & Tourism Development Index du World Economic Forum (WEF), pour se hisser au 70e rang mondial sur 110 économies. Avec un score de 3,84 sur 7, en progression de 5,5% par rapport à 2024, le Royaume avance nettement plus vite que la moyenne mondiale. Il reste toutefois derrière l’Égypte en Afrique du Nord et à distance des économies les mieux classées de la région MENA.

No Image
Le Maroc améliore sensiblement sa position dans le Travel & Tourism Development Index (TTDI) 2026 du World Economic Forum. Le Royaume occupe désormais la 70e place mondiale sur 110 économies, avec un score de 3,84 sur 7, gagnant ainsi sept rangs par rapport à 2024. Son score progresse de 5,5% en deux ans, contre une hausse moyenne de 2,1% à l’échelle mondiale. Sur une période plus longue, le Maroc gagne une place par rapport à 2019, avec une amélioration de 3,9% de son score.

Cette progression intervient dans un contexte d’amélioration généralisée des conditions de développement du tourisme. Entre 2024 et 2026, 92% des économies couvertes par l’indice ont amélioré leur score, contre environ 54% entre 2021 et 2024. Le rythme de progression moyen atteint 2,1%, le plus élevé enregistré depuis la pandémie.



Le classement du WEF ne mesure toutefois pas directement les performances touristiques en termes d’arrivées, de nuitées ou de recettes. Il évalue les facteurs et politiques permettant le développement durable et résilient du secteur, notamment l’environnement des affaires, les infrastructures, la connectivité aérienne, le capital humain, le numérique, l’ouverture internationale, les ressources naturelles et culturelles ou encore la durabilité.

Le Maroc deuxième en Afrique du Nord

À l’échelle de l’Afrique du Nord, le Maroc occupe la deuxième position parmi les quatre pays couverts, derrière l’Égypte, classée 63e mondiale avec un score de 3,97. La Tunisie arrive au 82e rang avec 3,62 points, devant l’Algérie, 89e avec 3,52 points.

Le Maroc se distingue surtout par son rythme d’amélioration. Sa progression de 5,5% entre 2024 et 2026 est la plus importante parmi les économies nord-africaines couvertes par l’indice, devant l’Algérie (+3,6%) et l’Égypte (+2,1%), tandis que la Tunisie enregistre un léger recul de 0,2%.

Cette dynamique intervient alors que l’Afrique du Nord connaît une nette amélioration de ses ressources culturelles. Le score de la sous-région sur ce pilier a progressé de 18% entre 2024 et 2026, soit l’une des plus fortes hausses au monde, derrière l’Asie du Sud-Est (+26,5%).

Le WEF relève plus largement une montée de l’intérêt pour les expériences touristiques liées au patrimoine, à la gastronomie, aux musées, aux festivals, aux traditions locales et aux arts. La demande numérique mondiale associée aux attractions culturelles et de divertissement a ainsi augmenté d’environ 15% entre 2024 et 2026.

MENA, deuxième région la plus dynamique

La progression marocaine s’inscrit également dans une accélération plus large de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA). Son score moyen atteint 3,98 sur 7 en 2026, en hausse de 2,5% en deux ans. Seule l’Asie-Pacifique fait mieux, avec une progression de 3,6%. L’Europe et l’Eurasie avancent de 1,8%, les Amériques de 1,6% et l’Afrique subsaharienne de 1,1%.

Selon le WEF, l’amélioration de la région MENA est notamment portée par les ressources culturelles, les infrastructures et services touristiques ainsi que la durabilité de la demande touristique.

D’importants écarts persistent néanmoins à l’intérieur de la région. Les Émirats arabes unis occupent la 22e place mondiale avec un score de 4,56, devant l’Arabie saoudite, 29e avec 4,45 points. Le Qatar est 47e, Bahreïn 55e et Oman 62e. Viennent ensuite l’Égypte au 63e rang, le Maroc au 70e et la Jordanie au 73e.

Le contraste est également marqué entre les deux sous-régions. Le Moyen-Orient obtient un score moyen de 4,10, contre 3,74 pour l’Afrique du Nord. Le WEF souligne notamment la performance du Moyen-Orient dans les infrastructures aériennes et la maturité numérique. L’Afrique du Nord dispose, de son côté, d’un avantage important en matière de compétitivité-prix, avec un score de 5,60 contre 4,41 pour le Moyen-Orient.

L’écart reste en revanche important dans les infrastructures aériennes, avec un score de 3,83 pour l’Afrique du Nord contre 5,02 pour le Moyen-Orient, ainsi que dans la maturité numérique, où les scores atteignent respectivement 4,47 et 5,75.

Le tourisme mondial retrouve une forte dynamique

À l’échelle mondiale, le TTDI 2026 est dominé par le Japon, avec un score de 5,27, devant les États-Unis (5,23), l’Espagne (5,22), l’Australie (5,18) et la France (5,17). L’Allemagne, le Royaume-Uni, la Chine, la Suisse et l’Italie complètent le Top 10.

Cette amélioration des conditions de développement accompagne une activité touristique mondiale qui a retrouvé des niveaux records. Les arrivées touristiques internationales ont atteint 1,5 milliard en 2025, en hausse de 5% sur un an et de 4,4% par rapport à 2019. La contribution économique totale du voyage et du tourisme a atteint 11.600 milliards de dollars, soit près de 10% du PIB mondial, tandis que le secteur soutenait 366 millions d’emplois, soit environ un emploi sur neuf.

Cette dynamique s’accompagne cependant de nouvelles contraintes. Le WEF relève notamment une détérioration de la compétitivité-prix dans les trois quarts des économies couvertes entre 2024 et 2026, sur fond de hausse des coûts du transport, de l’hébergement, de l’énergie et du travail. Les besoins d’investissement et les pénuries de compétences constituent également des points de vigilance.

Le rapport met ainsi l’accent sur un nouvel enjeu pour les destinations : accompagner la croissance touristique tout en limitant les pressions sur les infrastructures, les communautés locales et les ressources naturelles. Pour le Maroc, la progression enregistrée en 2026 traduit une amélioration des conditions de développement du secteur, mais son 70e rang mondial souligne également l’écart qui reste à combler, notamment face aux destinations les mieux positionnées de la région.
Lisez nos e-Papers