Saïd Naoumi
18 Mars 2026
À 11:46
L’
Office national de l’électricité et de l’eau (ONEE) vient de mandater le cabinet
Waman Consulting pour 1,23 million de dirhams afin de l’accompagner dans l’élaboration d’une stratégie globale de protection des
ressources en eau. L’initiative intervient dans un contexte national marqué par la dégradation des nappes et des cours d’eau, conjuguée à une demande en eau potable en constante augmentation. Si l’établissement veut se doter de cette Feuille de route, c’est que les ressources mobilisées sont soumises à des pressions multiples, d’origines urbaines, industrielles, agricoles ou accidentelles. Ces pressions, exacerbées par les effets des changements climatiques, engendrent une altération significative de la qualité des eaux et aggravent les phénomènes de surexploitation, compromettant ainsi la pérennité des ressources destinées à la production d’eau potable.
Cette attribution marque le passage à la phase opérationnelle d’un chantier stratégique pour l’Office, qui ambitionne de capitaliser sur un socle d’études déjà conséquent. En effet, l’ONEE a mené, ces dernières années, une dizaine d’études générales de protection à l’échelle des bassins hydrauliques, permettant d’établir un diagnostic approfondi des captages d’eau souterraine et des prises d’eau superficielles exploitées. Ces travaux ont notamment permis d’identifier les points de vulnérabilité, d’évaluer les risques de pollution en fonction des spécificités géologiques et hydrologiques et de proposer des premières mesures de protection d’urgence.
L’intervention du cabinet Waman Consulting devra ainsi permettre de franchir un cap en structurant une stratégie intégrée, à la fois globale et territorialisée. L’objectif est de doter l’Office d’un cadre d’intervention cohérent, articulé autour d’un plan d’action chiffré, hiérarchisé et déployable à court, moyen et long terme. Cette Feuille de route couvrira l’ensemble des ressources mobilisées, qu’elles soient conventionnelles – barrages, forages et sources ou cours d’eau – ou non conventionnelles, à l’image des prises d’eau en mer destinées au dessalement.
Au cœur du dispositif attendu figure la mise en place d’une base de données numérique consolidée et interopérable. Celle-ci devra centraliser l’ensemble des informations techniques, environnementales et territoriales relatives aux captages exploités par l’ONEE. L’enjeu est double : améliorer la connaissance fine des ressources et disposer d’outils d’aide à la décision capables d’intégrer des indicateurs de suivi, des analyses prédictives et des simulations de risques, notamment en matière de pollution et de
sécheresse.
La stratégie devra, également, déboucher sur un plan d’action opérationnel, fondé sur une priorisation des interventions selon le degré de vulnérabilité des captages. La cartographie des aires d’alimentation, des sources de pollution et des zones à risque constituera, à cet égard, un levier central pour orienter les investissements vers les sites les plus exposés. À cela s’ajoutera l’élaboration d’un guide de bonnes pratiques visant à harmoniser les méthodes de gestion et de protection des captages, en s’inspirant des retours d’expérience nationaux et internationaux.
Par ailleurs, le dispositif envisagé prévoit l’intégration de systèmes de surveillance intelligents, reposant sur des équipements de mesure en temps réel pour les sites les plus sensibles. L’objectif est de renforcer les capacités d’alerte et de réaction face aux événements extrêmes, qu’il s’agisse de pollutions accidentelles, de crues ou d’épisodes de sécheresse prolongée.
Au-delà des outils techniques, la réussite de cette stratégie repose aussi sur une gouvernance renforcée. Un protocole de coordination interinstitutionnelle devra être mis en place afin d’assurer l’implication des différents acteurs concernés, notamment les agences de bassins hydrauliques, les opérateurs économiques et les collectivités territoriales. Des tableaux de bord dynamiques et des mécanismes de suivi-évaluation viendront compléter ce dispositif pour garantir un pilotage rigoureux des actions engagées.
Le choix de Waman Consulting s’inscrit dans ce cadre. Créé en 2005, le cabinet s’est progressivement positionné sur les métiers liés à la gestion des ressources naturelles et à l’ingénierie environnementale. Il s’appuie sur une équipe pluridisciplinaire d’environ 75 collaborateurs et intervient principalement sur des missions d’études, d’assistance technique et d’accompagnement de projets d’infrastructures et de développement. Le bureau d’études revendique plus de 200 projets réalisés, dont plusieurs missions d’envergure, et affiche un volume d’activité annuel avoisinant 2,2 millions d’euros. Son organisation, structurée autour de pôles d’activités et de dispositifs projet, lui permet de mobiliser des expertises adaptées aux besoins spécifiques de chaque mission.
Enfin, un volet formation accompagnera le déploiement de cette stratégie, avec pour ambition de renforcer les compétences internes et d’assurer une appropriation durable des outils développés. À travers cette démarche, l’ONEE cherche à sécuriser, sur le long terme, l’approvisionnement en eau potable, dans un contexte où la pression sur les ressources hydriques ne cesse de s’intensifier.