Saïd Naoumi
31 Janvier 2026
À 09:35
Le
Maroc entend renforcer son pari sur une agriculture plus inclusive et résiliente.
L’Agence pour le développement agricole (ADA) s’apprête à mettre sur les rails
le Programme d’appui à l’agriculture solidaire inclusive des femmes et des jeunes (PAASIFEJ). Appuyé financièrement par la Banque africaine de développement (BAD), ce projet s’inscrit pleinement dans la
stratégie nationale «Génération Green 2020‑2030», qui place le capital humain au centre du développement
agricole.
Le PAASIFEJ ambitionne de contribuer de manière significative à l’amélioration de
la sécurité alimentaire nationale tout en favorisant
la création d’emplois durables en milieu rural. Il met l’accent sur l’inclusion économique et sociale des femmes et des jeunes, à travers le renforcement de leurs compétences, l’appui à l’entrepreneuriat agricole et l’amélioration de l’accès aux infrastructures et aux services agricoles.
Parmi ses objectifs stratégiques figurent également la contribution à l’émergence d’une nouvelle classe moyenne agricole et le renforcement de la résilience de l’agriculture marocaine face aux impacts du changement climatique.
Déployé sur
la période 2025‑2030, le programme mobilise un budget global estimé à
216,3 millions d’euros, dont 100 millions d’euros financés par la Banque africaine de développement.
Le PAASIFEJ est structuré selon une approche de financement axé sur les résultats (FAR), conditionnant le
décaissement des fonds à l’atteinte d’objectifs mesurables. Le programme s’articule autour de trois domaines de résultats majeurs : le développement d’une agriculture solidaire plus inclusive et durable, au profit des femmes et des jeunes, avec une enveloppe de
70 millions d’euros ; le renforcement de
l’entrepreneuriat féminin et des jeunes, à travers des approches plus performantes et inclusives, pour un montant de
18 millions d’euros ; et la consolidation des capacités institutionnelles et sectorielles, afin d’améliorer la gouvernance et la coordination du secteur agricole, dotée de 12 millions d’euros.
Porté par une demande mondiale en pleine explosion, le marché des plantes aromatiques et médicinales s’impose, aujourd’hui, comme l’un des segments les plus dynamiques de l’agro-industrie globale. Valorisé à près de 300 milliards de dollars en 2020, il s’achemine vers un quasi-triplement à l’horizon 2035, sous l’effet conjugué de la montée en puissance des usages pharmaceutiques, cosmétiques et nutraceutiques, et d’un basculement durable vers les produits naturels. Dans ce paysage en recomposition, le Maroc dispose de tous les atouts pour s’ériger en acteur de premier plan : une biodiversité exceptionnelle, un endémisme marqué, des savoir-faire ancestraux et une place reconnue parmi les grands producteurs et exportateurs mondiaux. Pourtant, faute d’infrastructures modernes de valorisation, d’une gouvernance sectorielle claire et d’une stratégie long-termiste, la filière nationale des PAM peine à capter la valeur créée, laissant l’essentiel des marges à l’aval industriel étranger.
Le décaissement des fonds de la Banque africaine de développement repose sur
onze indicateurs clés, traduisant les réalisations attendues sur le terrain. Ceux-ci portent notamment sur l’aménagement ou la réhabilitation de séguias, de points d’eau et d’ouvrages de collecte des eaux pluviales, ainsi que sur les superficies plantées avec des cultures résilientes.
Le programme prévoit également la distribution de
têtes de bétail aux ménages ruraux et aux femmes, l’accompagnement des femmes entrepreneuses dans la formalisation de leurs plans d’affaires, l’élaboration de dossiers types d’appels à projets et la mise en œuvre effective du Plan d’actions environnemental et social (PAES).
Pour assurer une mise en œuvre rigoureuse du PAASIFEJ, une
assistance technique sera mobilisée par l’ADA. Celle-ci apportera un appui à l’Unité de gestion du programme (UGP), notamment à travers le suivi de l’exécution physique, le suivi financier et fiduciaire, l’intégration de la dimension genre, la gestion des risques, ainsi que le suivi environnemental et social. Le programme sera déployé dans
sept régions du Royaume.